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Restructuration à Westwood : les employés et le syndicat déçus, mais réalistes

André Racicot, président du syndicat des métallos de la mine Westwood.
André Racicot, président du syndicat des métallos de la mine Westwood Photo: Radio-Canada / Piel Côté
Piel Côté

Les travailleurs de la mine Westwood sont sous le choc au lendemain de cette annonce d'une mise à pied de 32 % des employés. Cela dit, les délégués syndicaux et les employés s'accordent pour dire qu'il s'agissait de la bonne chose à faire.

Un travailleur qui est dans l'attente de savoir s'il fera partie des coupes a accepté de nous parler sous le couvert de l'anonymat.

Selon lui, les employés trouvent la situation très ordinaire, surtout qu'aucun préavis n'a été émis. Quand ce genre d'évènement survient, on ne sait jamais combien de gens seront touchés ni qui seront les travailleurs touchés, lance-t-il.

La raison pour laquelle les employés l'ont appris en même temps que le public est que l'entreprise est inscrite à la bourse. Ce faisant, certains aspects de ses communications sont régis par les lois liées aux marchés boursiers.

Au syndicat, c'était le même son de cloche. C'est un état de choc, les gens posent beaucoup de questions et les gens sont inquiets. Nous avions une assemblée hier et ce n'était pas à l'ordre du jour, car nous avons des dates de réunions préétablies, mais disons qu'il y avait beaucoup de personnes à l'assemblée, explique le président de la section syndicale locale, André Racicot.

Les travailleurs acceptent la décision

Sans dire que les secousses sismiques ont eu raison de la mine Westwood, parce que l'exploitation se poursuit, les coups de terrain ont forcé la mine à fermer des chantiers, dans le but de protéger les travailleurs. Le problème est que plusieurs de ces chantiers sont très rentables.

Michel Demers souffre du syndrome vibratoire de Raynaud. Il est toujours officiellement un employé de la mine, mais ne travaille plus depuis mai 2018. Il explique que cette situation était prévisible, dans une certaine mesure.

Je crois que c'était prévisible, car il y a eu des coups de terrain. La direction a fermé beaucoup de chantiers et le terrain ne se tient pas toujours bien. Des chantiers ont été mis de côté et la mine contournait le massif pour aller récolter l'or, mais ça coûte cher. En fait, ça coûte une fortune et ils ne pouvaient pas faire ça éternellement, analyse celui qui était foreur de longs trous.

Pas une surprise

Les employés avaient donc en tête qu'il se tramait quelque chose.

Selon l'employé à qui nous avons parlé sous le couvert de l'anonymat, il ne s'agit pas d'une surprise complète. Il y avait d'ailleurs eu des rencontres en janvier et ces rencontres n'avaient rien de rassurant , dit-il.

Il s'est toutefois montré philosophe. Dans le monde minier, c'est le genre de choses qui arrivent, complète-t-il.

De son côté, le président de la section syndicale locale, André Racicot, soutient aussi que les employés sentaient que la direction préparait quelque chose.

Il y avait quelque chose qui clochait. Les places de travail où il y avait de l'or sont fermées de façon préventive pour revoir la méthode de minage, explique-t-il.

Il y avait beaucoup de travailleurs, mais il n'y avait pas beaucoup de chantiers où travailler, alors ces personnes-là étaient conscientes qu'il y avait un problème avec l'employeur, poursuit André Racicot.

Comité de reclassement

Le syndicat signale qu'un comité de reclassement sera formé afin d'aider les employés à trouver un nouvel emploi.

Selon l'employé qui nous a parlé sous le couvert de l'anonymat, c'est jeudi que plusieurs employés en sauront davantage sur leur situation.

D'ailleurs, la direction de la mine prendra la parole jeudi matin et fera le point sur la situation.

Abitibi–Témiscamingue

Emploi