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« Épidémie » de perfectionnisme chez les jeunes, selon une étude

Groupe de jeunes travailleurs fatigués autour d'un ordinateur.
Les jeunes d’aujourd’hui sont plus perfectionnistes que jamais, et cette tendance s'est accentuée, selon une étude. Photo: Getty Images / aldomurillo
Radio-Canada

Les milléniaux sont plus perfectionnistes que les générations précédentes, révèle une large étude de l'Université Dalhousie. Ce trait de personnalité entraîne des problèmes sérieux, parfois mortels, de santé mentale.

Le perfectionnisme est une épidémie majeure et mortelle pour nos sociétés occidentales, lit-on dans un texte publié sur le site web The Conversation (Nouvelle fenêtre) et coécrit par l’un des auteurs de l’étude, le Dr Simon Sherry, psychiatre clinicien et professeur au Département de psychologie et de neuroscience à l’Université Dalhousie d’Halifax, en Nouvelle-Écosse.

Le chercheur rappelle qu’il existe un rapport très fort entre perfectionnisme, dépression, troubles alimentaires et suicide. Si des facteurs socioculturels comme l’émergence des réseaux sociaux contribuent à cette hausse, le rôle des parents est aussi à la base du problème.

Les travaux dont les résultats sont publiés dans Personality and Social Psychology Review représentent l’une des plus larges études jamais réalisées sur le perfectionnisme (Nouvelle fenêtre). Il s’agit d’une méta-analyse de 77 études, à laquelle ont répondu près de 25 000 personnes âgées de 15 à 49 ans.

Femme devant un ordinateur portable.Les auteurs de l'étude parlent d'une épidémie de perfectionnisme en Occident. Photo : Getty Images / Aliona Bloschynskaya

Les chercheurs concluent que les jeunes d’aujourd’hui sont plus perfectionnistes que jamais, et que cette tendance en Occident s’est considérablement accentuée de 1990 à 2015. L’étude a mesuré des niveaux de perfectionnisme équivalents chez les hommes et les femmes.

En raison de leurs exigences irréalistes de perfection à leur endroit et envers les autres, les personnes perfectionnistes ressentent une pression intense et malsaine. Elles affichent une tendance très dure à l’autocritique.

Elles sont aussi davantage névrosées. Cela se caractérise par des émotions négatives comme la culpabilité, l’envie et l’anxiété. Ces névroses s’accentuent en vieillissant et les perfectionnistes semblent s’effondrer, devenant avec l’âge moins organisés, moins efficaces et moins fiables, selon l’étude.

L’amour « avec conditions » des parents

Les auteurs de l’étude estiment que la concurrence dans la société actuelle et l’importance excessive accordée à la position sociale comptent parmi les facteurs pouvant expliquer la situation actuelle.

Un homme attend un Uber, café et téléphone cellulaire à la main.Les milléniaux sont aujourd'hui dans la trentaine ou à la fin de la vingtaine. Photo : Getty Images / MStudioImages

Selon le Dr Sherry, les médias sociaux font figure de propagateurs de cette tendance au perfectionnisme. Il souligne que les enfants doivent apprendre à exercer un scepticisme devant les exemples de vies aussi parfaites qu’irréalistes que leur présentent la publicité et les influenceurs sur les médias sociaux.

D’autre part, les parents qui entretiennent pour leurs enfants des espoirs et des ambitions démesurés et irréalistes favorisent l’émergence d’un perfectionnisme malsain chez leur progéniture.

Nous voyons souvent des parents omniprésents, contrôlants et critiques, qui poussent leurs enfants à la perfection, dit le Dr Sherry dans une entrevue à La Presse canadienne. Ces parents, souvent, aiment leurs enfants de manière conditionnelle. Leurs enfants sont seulement aussi bons que leur dernière note à l’école, leur dernier match de soccer, leur dernier match de hockey, parce que les parents les aiment proportionnellement à leurs performances.

C’est un message très difficile à internaliser pour un enfant, mentionne le chercheur. Il croit que les parents doivent être conscientisés à cette réalité, pour ne pas qu’ils expriment leur amour envers leurs enfants d’une manière qui soit conditionnelle à leurs performances.

Les parents devraient encourager les bienfaits du travail et de la discipline plutôt qu’une vaine recherche de la perfection, écrit le Dr Sherry sur The Conversation.

Avec les informations de La Presse canadienne

Nouvelle-Écosse

Santé mentale