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Un budget fédéral prometteur pour l'éducation en français au pays

Des élèves lèvent la main dans une salle de classe.
Ottawa financera davantage l'éducation en français au Canada. Photo: iStock
Denis-Michel Thibeault
Julien Sahuquillo

Le budget fédéral annonce une augmentation des fonds alloués à l'enseignement en français au pays, une mesure dont se réjouit la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada. Selon l'organisme qui représente les francophones en milieu minoritaire, cette augmentation du financement du Programme des langues officielles en enseignement (PLOE) est une bonne nouvelle, même si le budget fédéral déposé mardi ne précise pas les sommes qui y seront consacrées.

« La croissance dans nos écoles a été impressionnante dans les 10 dernières années. Il va de soi que nous devons nous rattraper dans ce domaine », affirme le président de la FCFA, Jean Johnson.

Le PLOE encadre les ententes par lesquelles le gouvernement fédéral transfère des fonds aux provinces et aux territoires pour appuyer l'éducation dans la langue de la minorité et l'apprentissage de la langue seconde. Les ententes conclues sont renouvelées tous les cinq ans.

Jusqu'à maintenant, aucun montant supplémentaire n'a été déterminé. Le gouvernement accorde annuellement 235 millions de dollars pour l'éducation dans la langue de la minorité.

Jean Johnson précise que ce financement sera désormais assorti de nouvelles conditions pour les provinces et territoires, comme l'obligation de consulter régulièrement les communautés francophones et les conseils scolaires sur l'utilisation des sommes du fédéral.

« Tout citoyen canadien […] doit respecter l’intention des ententes d'investissements. Il faut arrêter de jouer à des jeux », affirme le président de la FCFA.

Des ententes à renouveler

Jean Johnson s'attend à ce que les provinces et territoires résistent à l'idée d'avoir à rendre davantage de comptes.

« Il faut arrêter de dire que l’éducation en français et la francophonie, ça coûte cher. C’est un investissement pour l’avenir d’un pays », ajoute-t-il.

Le président de la Fédération nationale des conseils scolaires francophones, Mario Pelletier, pense aussi qu'« il y aura des défis dans les négociations » entre le fédéral et les provinces, mais estime que le fait de mentionner sa volonté dans le budget permettra de forcer les négociations sur le renouvellement du PLOE, qui sont dans une impasse.

« En éducation, on doit toujours négocier avec les provinces. […] La reddition de comptes pour voir où va l’argent, c’est une très bonne chose », affirme de son côté le président de la Division scolaire franco-manitobaine, Bernard Lesage,

« Les provinces et territoires devront s’entendre avant de recevoir de l’argent. Pour nous, c’est une excellente nouvelle », ajoute Mario Pelletier,

21,6 M$ pour la Loi sur le divorce

La FCFA se réjouit par ailleurs de l’investissement de 21,6 millions $ sur cinq ans, en appui aux nouvelles dispositions linguistiques dans la Loi sur le divorce.

« La Loi sur le divorce a été modifiée récemment pour donner [accès aux procédures en droit de la famille en français] mais l’administration de la justice relève des provinces. Il fallait maintenant équiper chaque système judiciaire dans chaque province avec les employés et le personnel de soutien aux juges pour pouvoir en effet offrir des services en français », explique le président de la Fédération des associations de juristes de common law, Daniel Boivin.

Il ajoute qu’il s’agit d’une excellente nouvelle qui permettra de soulager les procédures pour les personnes francophones tout en assurant une meilleure précision durant les procès.

« Dans un dossier où une des personnes dans le couple est francophone, elle avait le fardeau additionnel de faire traduire toute sa preuve en anglais. Maintenant, la preuve va pouvoir être déposée en français », rappelle-t-il.

Il précise que cet argent va permettre d’employer davantage de juges bilingues, mais également de membres de personnel de soutien francophone tels que les greffiers et greffières.

La presse grande perdante

Le budget ne fait pas d'heureux du côté de la presse en milieu minoritaire. Le président de l'Association de la presse francophone (APF), Francis Saunier, se dit déçu de l’annonce : « La plupart des membres de l’APF ne seront pas éligibles [au crédit d'impôt sur la masse salariale]. »

« Si le média bénéficie déjà de l’aide aux éditeurs du Fonds du Canada pour les périodiques, il ne peut pas avoir accès au crédit. Un autre critère dit que, lorsqu’il y a moins de deux journalistes à temps plein, vous ne pouvez pas demander le crédit d’impôt sur la masse salariale », explique-t-il.

La plupart des journaux ont dû justement faire des compressions au fil du temps en diminuant le nombre de journalistes et en faisant appel à davantage de pigistes.

Il note également que les 15 millions de dollars du budget de l’an dernier pour des stages et des projets spéciaux n’ont pas encore été versés, mais devraient l’être au printemps.

Avec des informations d'Abdoulaye Cissoko

Manitoba

Francophonie