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40 ans à protéger la rivière Jacques-Cartier et ses saumons

Des oeufs de saumons. Photo: Radio-Canada
Maxime Denis

En ce 20 mars, la Corporation du bassin de la Jacques-Cartier (CBJC) souligne ses 40 ans. Quarante ans à protéger la rivière Jacques-Cartier et ses saumons qui avaient disparu de ce cours d'eau au début du siècle.

La rivière Jacques-Cartier est aujourd'hui reconnue pour être riche en saumons. Pourtant au cours du siècle dernier, le scénario était bien différent.

En 1913, l'espèce a disparu à la suite de la construction d'un barrage à l'embouchure de la rivière à la hauteur de Donnacona, dans Portneuf.

Une absence qui durera 65 ans. Appelé Corporation de restauration de la Jacques-Cartier lors de sa création en 1979, l'organisme a dû faire face à bien des embûches.

« Un barrage à l'embouchure, deux barrages plus hauts avec des centrales hydroélectriques et des terrains privés tout le long qui appartenaient pour la plupart à la société Domtar, qui détenait des terrains pour le flottage du bois et de la transformation. Donc, on avait des handicaps assez majeurs », raconte Claude Sauvé, président de la Corporation du bassin de la Jacques-Cartier.

Claude Sauvé, président Corporation du bassin de la Jacques-CartierClaude Sauvé, président Corporation du bassin de la Jacques-Cartier Photo : Radio-Canada / Bruno Giguère

Si les saumons sont de retour aujourd'hui dans cette rivière composée d'eau douce à l'ouest de l'Atlantique, c'est en partie grâce au travail de biologistes.

« Ces biologistes-là ont, à partir de spécimens de saumons qui avaient été capturés, commencé à développer ce qu'on appelle une souche de la Jacques-Cartier, donc produire des oeufs et ils ont ensemencé [la rivière] en 1981. En 1983, le premier saumon a été capturé, donc on s'est dit : "ça va fonctionner" », explique avec le sourire M. Sauvé.

Toutefois, la Corporation a dû faire face à un autre enjeu : les saumons incapables de remonter la rivière en raison des barrages.

Des milliers de poissons ont donc dû être transportés de la passe migratoire de Cap-Santé jusqu'au Parc national de la Jacques-Cartier. Un parcours de 150 kilomètres.

Après d'importants travaux et pourparlers avec les propriétaires des barrages, la construction de passes migratoires a permis aux poissons de traverser ces installations en toute sécurité.

Le retour du saumon a permis le retour de la pêche en 1991 avec la création de la Zec de la Rivière-Jacques-Cartier faisant le bonheur de pêcheurs de partout au Québec, au Canada et même des États-Unis.

Les bureaux de la Corporation du bassin de la Jacques-Cartier (CBJC) à Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier.Les bureaux de la Corporation du bassin de la Jacques-Cartier (CBJC) à Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier. Photo : Radio-Canada / Maxime Denis

En 2004, le mandat de l'organisme s'élargit pour devenir la Corporation du bassin de la Jacques-Cartier. Elle veille désormais également à la protection de milieux humides et du lac Saint-Joseph en partenariat avec les municipalités et d'autres organismes des MRC de Portneuf et de la Jacques-Cartier.

Son but est aussi d'éduquer les jeunes générations à l'importance de cette rivière et du saumon.

« On a débuté un programme maison d'éducation. Un programme très populaire dans les écoles de la région. Les enfants qui ont des incubateurs dans leur classe et les voient grossir [les alevins], éclore et ensuite vont les mettre à la rivière, c'est un gros succès », explique le président.

Les cinq employés permanents et la vingtaine de bénévoles ensemencent annuellement en moyenne 60 000 alevins dans cette rivière de 161 kilomètres.

Dans le futur, la Corporation qui bénéficie d'un budget annuel de 500 000 $ souhaite développer un centre d'interprétation à la passe migratoire de Cap-Santé et continuer de protéger la rivière notamment en éduquant mieux la population.

Québec

Protection des espèces