•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La Nouvelle-Écosse dévoile un plan d'action pour attirer les francophones

Hommes et femmes la main droite levée lors d'une cérémonie de citoyenneté canadienne.

Des personnes recevant la citoyenneté canadienne prêtent serment à Halifax le 1er juillet 2017.

Photo : La Presse canadienne / Adina Bresge

Radio-Canada

Le gouvernement de la Nouvelle-Écosse a présenté mercredi un plan d'action pour accroître son immigration francophone. Selon le gouvernement provincial, à peine 300 des immigrants arrivés en Nouvelle-Écosse entre 2013 et 2017 étaient francophones.

C’est auprès des employeurs que la province compte déployer une partie de ses efforts pour diversifier une immigration qui a été en forte hausse ces dernières années.

Le gouvernement veut cibler stratégiquement les francophones, entre autres par l’entremise des initiatives déjà existantes, dont le Programme pilote d’immigration au Canada atlantique et le programme de travailleurs étrangers de la Nouvelle-Écosse, qui ont permis à la province d’accueillir un nouveau record de 5970 immigrants en 2018.

Lena Metlege Diab le 20 mars 2019.

Lena Metlege Diab, ministre de l’Immigration, des Affaires acadiennes et de la Francophonie de la Nouvelle-Écosse.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Villeneuve

La force motrice reste l'immigration économique. On doit sélectionner les gens pour leurs compétences et leurs capacités, insiste la ministre de l’Immigration, des Affaires acadiennes et de la Francophonie, Lena Metlege Diab, qui a profité de la Journée internationale de la Francophonie, observée le 20 mars, pour dévoiler ce plan d’action.

L'immigration francophone est une priorité pour la Nouvelle-Écosse.

Lena Metlege Diab

Un plan d’action accueilli favorablement

Le plan d’action a été bien accueilli mercredi par les intervenants de la communauté francophone. À la lumière du déclin de la population francophone hors du Québec, l'arrivée de ce plan d'action est d'une importance vitale, estime Marie-Claude Rioux, directrice générale de la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse (FANE).

Le fait que la province ne chiffre pas pour l'instant le pourcentage d’immigrants francophones qu’elle espère accueillir n’inquiète pas Mme Rioux.

Ce plan-là permet d'avoir une vision pour l'immigration francophone, soutient-elle. Ça permet de mesurer les progrès qu'on fait, ça permet de cibler davantage ce qu'on veut accomplir, ça permet de mettre sur papier un guide de travail qui va servir de référence par la suite.

Marie-Claude Rioux le 20 mars 2019.

Marie-Claude Rioux, directrice générale de la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Villeneuve

La stratégie du gouvernement semble la bonne, aux yeux de Mme Rioux. Qu'on soit un réfugié, ou un immigrant qui arrive d'Europe, ou un immigrant qui arrive d'Afrique, la priorité numéro un, c'est de vivre au Canada. Et pour vivre, il faut un travail. Donc, c'est très clair qu'en ayant une immigration économique, on cible davantage les besoins en emplois au Canada, souligne Mme Rioux.

Immigration économique

Comme c’est avant tout une immigration économique que l’on désire mettre de l’avant, le gouvernement néo-écossais souhaite faire valoir aux entreprises les avantages d’une offre de services bilingue et d’une main-d’oeuvre parlant français.

La province dit vouloir améliorer les services aux immigrants francophones et poursuivre ses efforts de recrutement à l’international. L’automne dernier, la ministre Diab s’était d’ailleurs rendue à Paris dans le cadre d’une mission visant à attirer en Nouvelle-Écosse des Européens francophones.

Cette opération séduction ciblera aussi les immigrants déjà au Canada. La province veut aller à la rencontre des étudiants internationaux francophones sur les campus à travers le pays.

À l’Université Sainte-Anne, un établissement francophone où environ le quart des étudiants sont de l'extérieur du Canada, on fait déjà beaucoup pour faciliter l’intégration des immigrants, souligne le recteur, Allister Surette. Ce plan d’action provincial servira, selon lui, à mieux coordonner les efforts des différents organismes acadiens et francophones.

Les étudiants internationaux de l’Université, dit M. Surette, sont déjà en Nouvelle-Écosse, ils reçoivent une formation canadienne de notre institution, c'est facile pour eux après ça de se placer sur le marché du travail.

Un homme en complet appuyé à une rampe.

Allister Surette, recteur de l'Université Sainte-Anne.

Photo : ACUFC

C'est à nous autres à l'Université Sainte-Anne, avec nos partenaires et avec la province, à faire des efforts pour s'assurer que ceux qui veulent rester, qu'ils soient équipés, qu'ils aient l'accueil nécessaire pour rester dans notre province, dit-il.

C'est critique, surtout [pour] la pérennité, la vitalité, surtout de nos communautés en situation minoritaire rurale. Halifax, c'est peut-être moins un problème (...) mais dans nos régions rurales, c'est devenu critique vu la démographie d'une population vieillissante, souligne M. Surette.

Selon le recensement de 2016 (Nouvelle fenêtre), environ 3,2 % des résidents de la Nouvelle-Écosse avaient le français comme langue maternelle, et environ 10 % disaient maîtriser le français.

L’an dernier, le gouvernement fédéral avait présenté son Plan d’action pour les langues officielles 2018-2023 et annoncé un investissement de 40,8 millions $ sur cinq ans pour augmenter à 4,4 % d’ici 2023 la proportion d’immigrants francophones hors Québec.

Avec des informations de Marc Babin

Nouvelle-Écosse

Immigration