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Danse des signes : faire de la surdité un moteur créatif

Les ateliers offerts lors cette nouvelle formation théâtrale se concentrent sur le mouvement plutôt que sur le travail du texte.

Photo : Centre des arts de Banff

Maud Cucchi

Au coeur des Rocheuses, le Centre des arts de Banff inaugure une formation théâtrale inédite pour acteurs sourds et entendants. Quatre semaines d’atelier avec vue imprenable sur les montagnes, où l’accessibilité n’est pas considérée comme un obstacle, mais plutôt comme un moteur de création.

Il faut attendre la pause pour pénétrer dans la salle de répétition. Derrière la porte close, l’heure est au bilan avec la metteuse en scène Josette Bushell-Mingo, du Sweden's National Deaf Theatre.

Trois danseurs en pleine action, dans la même position, les bras étendus dans les airs

Les classes visent à abolir les frontières entre participants sourds et entendants.

Photo : Centre des arts de Banff

Quand la voie est enfin libre, les participants s’étreignent et se parlent en langue des signes. Deux interprètes accompagnateurs se fondent dans l’équipe, impossibles à distinguer des autres.

Les 14 participants sourds et entendants, tous comédiens professionnels triés sur le volet, auront seulement quelques jours de vacances avant d’entamer les répétitions de The Tempest, de Shakespeare, à Edmonton.

Une femme noire avec le crâne rasé et une grosse écharpe grise autour du cou.

Josette Bushell-Mingo, du Sweden's National Deaf Theatre, a été invitée par le théâtre Citadel à mettre en scène The Tempest, de Shakespeare.

Photo : Radio-Canada / Louise Moquin

Leur séjour d’un mois à Banff leur a ainsi permis de faire connaissance et d’explorer un terrain de jeu commun avant les représentations au Citadel d’Edmonton, du 20 avril au 12 mai.

Un partenariat novateur

Cette collaboration entre le Citadel et le Centre des arts de Banff se renouvelle annuellement depuis plus d’une décennie. Mais le nouveau directeur artistique du Citadel, Daryl Cloran, a préféré une formation moins traditionnelle à celle offerte précédemment, mieux adaptée à sa vision artistique.

L’objectif du prochain spectacle à l’affiche du Citadel n’est pas de traduire Shakespeare en langue des signes, ni de reléguer l’interprète-traducteur sur le côté.

Une jeune femme aux cheveux courts, avec des lunettes, assise dans une salle de répétitions avec le petit doigt en l'air.

Tiphaine Girault-Bath assistera la metteure en scène à l'intégration de la langue des signes dans la production du théâtre Citadel.

Photo : Radio-Canada / Louise Moquin

« Nous cherchons comment intégrer la langue des signes parmi les autres langues employées sur scène », précise en langue des signes québécoise (LSQ) l’assistante à la mise en scène, Tiphaine Girault-Bath.

La formation à Banff aide donc la troupe à tracer son propre cheminement entre création et communication.

Au-delà des mots, le corps

La création de ce programme novateur a été confiée à Ravi Jain, un metteur en scène de Toronto rompu aux propositions scéniques audacieuses et aux renversements de perspectives.

Gros plan sur un homme d'origine indienne, très souriant.

Le metteur en scène torontois, Ravi Jain, a élaboré un tout nouveau programme de formation théâtrale pour acteurs sourds et entendants.

Photo : Radio-Canada / Maud Cucchi

C’est tout nouveau au Canada, d’avoir une formation si longue pour des acteurs sourds et entendants, avec des maîtres de renommée internationale.

Ravi Jain, metteur en scène et concepteur de la formation

Dans son plus récent spectacle, Ravi Jain a justement confié le rôle d'Hamlet à un acteur sourd. À Toronto, sa compagnie porte bien son nom : Why not Theatre.

« Nous cherchons un nouveau langage pour le théâtre », explique le directeur du programme qui a choisi de stimuler l’engagement physique des comédiens en leur offrant des ateliers de danse, d’improvisation ou encore de jeu dramatique japonais.

Dans  une salle de répétition, des acteurs assis en cercle regardent la metteure en scène, qui se tient debout.

Des comédiens sourds et entendants sélectionnés sur auditions ont participé aux quatre semaines d'ateliers au centre des arts de Banff.

Photo : Radio-Canada / Maud Cucchi

Cette exploration artistique multidisciplinaire repose sur un principe directeur : l’équité entre tous les participants, fondamentale dans le travail du metteur en scène.

Les meilleures collaborations naissent quand nous sommes tous sur un pied d’égalité.

Ravi Jain, metteur en scène

À Banff, la glace est désormais brisée entre acteurs sourds et entendants.

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