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La cofondatrice d’Idle No More devant la cour pour un chalet sur un territoire ancestral

Une femme portant un chandail bleu et une veste noire est assise et regarde au loin

Selon Sylvia McAdam, sa comparution en cour est l’aboutissement de l’échec des rencontres entre sa famille et la province.

Photo : Bryan Eneas/PAnow/JPBG

Radio-Canada

La cofondatrice d'Idle No More, Sylvia McAdam, comparaîtra avec son frère devant la Cour provinciale à Prince Albert pour avoir construit un modeste chalet sur un territoire ancestral. Les deux accusés affirment que cette terre leur était réservée depuis la signature d'un traité par leur arrière-grand-père, en 1878.

En 2017, la province de la Saskatchewan leur a adressé un avertissement pour occupation illégale. Mme McAdam et son frère, Kurtis, ont construit leur chalet près de la baie ZigZag, à l’ouest du lac Delaronde, qui se trouve à 200 km au nord de Saskatoon et à 40 minutes de la Première Nation Big River, à laquelle ils appartiennent.

Une terre réservée depuis 1878?

« La Cour provinciale dit que cet endroit est un site récréatif et que nous n'avons pas le droit de construire » ce modeste chalet, affirme Kurtis McAdam.

Il souligne que son arrière-grand-père a ratifié une entente en 1878, à Fort Carlton, selon laquelle cette terre lui était réservée. Par la suite, une « maladie a touché la majeure partie de la communauté et, à partir de ce moment-là, il devait y avoir un arpentage du terrain. Cependant, un incendie de forêt s’est produit, et l’arpentage n’a jamais eu lieu. »

Leur grand-père, Albert McAdam Saysewehum, a été le dernier membre de leur famille à vivre à cet endroit.

« Ce que j'espère, c'est que la terre soit reconnue comme une réserve, qu'on reconnaisse que le chef Saysewehum a conclu un traité pour que cette terre soit celle de ses descendants et que nous puissons retourner chez nous », clame Kurtis McAdam.

Nombreuses rencontres avec la province

Selon Sylvia McAdam, sa comparution en cour est l’aboutissement de l’échec des rencontres entre sa famille et la province, pour déterminer qui est propriétaire de ce territoire.

« Les rencontres ont échoué parce qu’ils n’étaient pas d'accord quand nous avons mentionné que ces terres ont toujours été nos terres et qu’elles nous appartiennent », affirme-t-elle.

« Le gouvernement a répondu qu'il doit faire respecter la Loi sur les parcs de la Saskatchewan, même s'il admet que ces terres sont visées par un traité », poursuit Mme McAdam.

L’article 25  de la Loi sur les parcs de la Saskatchewan stipule ceci : « Nul ne doit pénétrer, utiliser ou occuper les terrains d'un parc, sauf s'il se conforme à la présente loi et à ses règlements. »

Mme McAdam espère que la cause va attirer l’attention sur l'appel à l'action no 45 de la Commission de vérité et réconciliation du Canada, qui consiste « à rejeter les concepts ayant servi à justifier la souveraineté européenne sur les peuples et les territoires autochtones, comme la doctrine de la découverte et celle de la terra nullius, et de réformer les lois, les politiques gouvernementales et les stratégies d’instance qui continuent de s’appuyer sur de tels concepts ».

Le gouvernement, dit-elle, « ne peut pas choisir de travailler seulement sur ce qui lui plaît ».

Dans un communiqué envoyé à CBC, le ministère de la Justice de la Saskatchewan a déclaré qu'il n'était pas en mesure de discuter des détails des causes portées devant les tribunaux.

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