•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L’église Saint-Louis-de-France pourrait faire place à un complexe d'appartements

L'église entièrement faite de béton se dresse au milieu d'un grand terrain vide et enneigé.
L'église Saint-Louis-de-France a définitivement fermé ses portes au printemps 2018. Photo: Radio-Canada / Pierre Fournier
Radio-Canada

Un promoteur propose de démolir l'église Saint-Louis-de-France, à Moncton, et de construire à la place un grand complexe de 80 appartements.

Le diocèse a fermé cette église l’an dernier en raison de difficultés financières et d’une baisse de sa fréquentation.

L’entreprise ATMJ Properties, de Moncton, présente un plan pour la construction d’un complexe de quatre étages avec stationnement sous-terrain. Les fonctionnaires municipaux qualifient ce projet de haut de gamme.

L’historien en architecture John Leroux a plaidé pour la conservation d’au moins la façade de l’église. Il déplore la démolition probable de l'édifice. C’est l’un des plus importants édifices de l’ère moderne à Moncton, et c’est un style architectural incompris, dit-il.

L’église Saint-Louis-de-France a été construite en 1972. Le brutalisme est un style architectural caractérisé par des formes simples et du béton non recouvert.

Le promoteur écarte l’idée d’incorporer des éléments de l’église à son projet. Albert Boudreau, un représentant, a expliqué au conseil municipal, lundi, que l’église a une identité religieuse alors que le complexe va accueillir des locataires de multiples confessions.

Le projet nécessite un changement de zonage du terrain, de communautaire à résidentiel. Le conseil municipal a approuvé le changement en première lecture lundi. Seuls les conseillers Shawn Crossman et Paul Pellerin ont voté contre. Il faut encore tenir une audience publique, qui aura lieu le 6 mai.

Gros plan sur le clocher et la croix de l'égliseL'église Saint-Louis-de-France est l'un des meilleurs exemples d'architecture brutaliste au Nouveau-Brunswick, selon l'historien John Leroux. Photo : Radio-Canada / Pierre Fournier

L’église n’a pas le statut officiel d’édifice patrimonial. Toute demande de démolition d’un édifice requiert une vérification de ce statut.

L’entreprise a présenté son projet de démolition au comité de sauvegarde du patrimoine de Moncton. La majorité des membres du comité, soit cinq contre quatre, ont voté pour ne pas bloquer le projet, le 14 février.

Ce n’est pas seulement un édifice. Il fait partie de notre patrimoine culturel, et je sais que des citoyens sont très préoccupés par l’idée que nous démolissons beaucoup de nos édifices patrimoniaux, dit toutefois la présidente du comité, la conseillère municipale Paulette Thériault.

Schéma de l'immense édifice au milieu d'un terrain vertAgrandir l’imageLe complexe proposé à la place de l'église Saint-Louis-de-France comptera 80 appartements répartis sur quatre étages. Photo : Spitfire Design

La valeur de l’église est plus architecturale que patrimoniale, juge cependant le conseiller municipal Charles Léger. La Municipalité a besoin d’un plan pour les églises qui seront mises à vendre et possiblement jamais réutilisées, ajoute-t-il.

Paulette Thériault a lancé l’idée de soumettre les plans du projet à un autre comité municipal. Albert Boudreau a rapidement prévenu le conseil municipal que tout report de deux ou trois mois ne ferait pas l’affaire de l’acheteur ni du vendeur.

Valéry Vienneau en entrevue« Les gens ne veulent vraiment pas donner pour que [les dons] aillent aux victimes. Ça, les gens me le disent très clairement. Il y a cette peur-là », Valéry Vienneau, archevêque de Moncton. Photo : Radio-Canada

La situation financière du diocèse l'oblige à vendre la propriété rapidement, explique l’archevêque Valéry Vienneau. Il rappelle qu’il faut de l’argent pour indemniser les victimes de prêtres pédophiles.

Le prix de vente de la propriété n’a pas été dévoilé.

Le diocèse compte une cinquantaine d’églises dans la région de Moncton, mais il n’en a probablement besoin que d’une dizaine, indique l’archevêque Vienneau.

D’après un reportage de Shane Magee, de CBC

Nouveau-Brunswick

Politique municipale