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5 choses à retenir du premier budget de Blaine Higgs

Photo extérieure de l'Assemblée législative du N.-B.
Le ministre des Finances Ernie Steeves a présenté un budget prudent mardi, à l'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick. Photo: Radio-Canada / Anaïs Brasier
Radio-Canada

Alors qu'il disait vouloir être plus responsable que les libéraux, c'est en maintenant un certain statu quo que le gouvernement progressiste-conservateur de Blaine Higgs a réussi à présenter un budget équilibré mardi. Un budget caractérisé par l'incertitude auquel fait face un gouvernement minoritaire.

En décembre dernier, le Nouveau-Brunswick a annoncé d’importantes compressions dans le budget d’immobilisations. La province dépensera 215 millions de dollars de moins que l’année dernière, ce qui veut notamment dire que les travaux d’élargissement de la route 11 ne seront pas complétés. Si certains s’attendaient à ce que ces importantes compressions se poursuivent dans d’autres secteurs, ce n’est pas vraiment le cas.

1. Le budget du statu quo

Ce que le gouvernement semble nous dire, c’est qu’il n’y aura pas grand changement. C’est un budget qui ne fait pas beaucoup de remous, lance d’emblée l’économiste Richard Saillant.

Le contenu du budget est tel que très peu de choses distinguent le gouvernement progressiste-conservateur de Blaine Higgs du gouvernement libéral qu'il a remplacé, affirme l’économiste.

L'économiste Richard Saillant en entrevue au Téléjournal Acadie le 1er février 2019.L'économiste Richard Saillant Photo : Radio-Canada

De façon concrète, ce statu quo se résume par le fait que les augmentations et les diminutions de budget dans les différents secteurs sont faibles.

2. Un gouvernement minoritaire prêt à toute éventualité

Pourquoi s’en tenir à de faibles variations, alors que Blaine Higgs promettait d’agir de façon plus responsable que le gouvernement précédent?

Notamment parce qu’il est à la tête d’un gouvernement minoritaire, qui pourrait faire face à des élections à tout moment.

Ce n’est pas un budget électoraliste, mais c’est un budget avec lequel le gouvernement veut être en posture de mener des élections n’importe quand, souligne Richard Saillant.

Autre indice que le gouvernement se tient prêt à toute éventualité, le budget comprend très peu de détails et le ministre des Finances Ernie Steeves répondait constamment de demander aux ministères lorsque les journalistes, mardi, posaient des questions sur les différentes compressions possibles.

Si le gouvernement veut être reporté au pouvoir bientôt avec une majorité, c’est probablement une bonne idée de ne pas annoncer des compressions détaillées et des transformations importantes, explique Richard Saillant.

Le ministre des Finances du Nouveau-Brunswick, Ernie Steeves, en conférence de presse.Les détails faisaient défaut dans le budget d'Ernie Steeves présenté mardi. Photo : Radio-Canada / Catherine Allard

3. La dépendance à l’égard d’Ottawa

Comment, avec de si faibles changements, le gouvernement de Blaine Higgs arrive-t-il à déposer un budget équilibré?

C’est essentiellement grâce à l’aide financière du gouvernement fédéral, qui a augmenté les transferts au Nouveau-Brunswick de 185 millions de dollars pour 2019-2020. Ce n’est pas nécessairement le gouvernement provincial qui devrait porter le mérite de ce résultat dans la mesure où c’est largement Ottawa qui finance l’augmentation des revenus. C’est au-delà de 85 % qui vient d’Ottawa, explique l’économiste.

L'ancien président libéral du Conseil du Trésor, Roger Melanson, l'a d'ailleurs souligné dans ses réactions au budget : le gouvernement Higgs n'a pu à lui seul redresser les finances publiques en si peu de temps.

Le premier ministre Higgs – seulement 4-5 mois qu’il est là – n’a pas réglé tous les problèmes financiers en 4-5 mois : il y a eu beaucoup de travail de fait depuis 4 ans.

Roger Melanson en entrevueLe gouvernement Higgs n'a pu, à lui seul, redresser les finances publiques en quelques mois à peine, selon le député libéral Roger Melanson. Photo : Radio-Canada

Un bond de la péréquation comme celui de cette année ne se reproduira sûrement pas au cours des prochaines années, selon Richard Saillant. Cela veut dire que le déficit pourrait refaire surface lors des prochains budgets.

Si on n’obtient pas ce genre de mesure, je ne vois pas comment on va y arriver pour sortir du gouffre.

Richard Saillant, économiste

4. Le grand gagnant, le contribuable néo-brunswickois

Tel qu’il a été présenté mardi, le budget fait du contribuable du Nouveau-Brunswick le grand gagnant de l'exercice, selon Richard Saillant. Quelques bonnes nouvelles attendaient effectivement les citoyens.

Par exemple, le ministre des Finances Ernie Steeves assure qu’il n’y aura aucune augmentation des taxes et des impôts cette année.

Également, on promet d’éliminer la plaque d’immatriculation à l’avant des véhicules, ce qui faisait partie des promesses électorales de Blaine Higgs.

5. La grande absente, l’immigration

Selon Richard Saillant, la grande absente du discours d’Ernie Steeves et du budget mardi est l’immigration comme solution aux problèmes de main-d’oeuvre que vit le Nouveau-Brunswick.

On sait très bien qu’on a des pénuries de main-d’oeuvre énormes et qu’on va avoir besoin de travailleurs et travailleuses partout au Nouveau-Brunswick. 

Il en a été brièvement mention comme solution à la pénurie d'infirmières, mais n’empêche que ces problèmes sont vécus dans bien d’autres secteurs. N’importe quel employeur du secteur privé vous dira qu’il rencontre des difficultés à embaucher des gens. J’espère que nous allons en parler de manière plus précise dans les mois à venir, conclut Richard Saillant.

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