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analyse

Budget fédéral : les libéraux tentent d’asséner le coup de grâce au NPD

Deux hommes se donnent une accolade.

Le premier ministre Justin Trudeau donne une accolade à son ministre des Finances Bill Morneau à la suite de son discours sur le budget, le 19 mars 2019, à la Chambre des communes.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Fannie Olivier

Même si Bill Morneau ne distribue pas les bonbons à tout vent dans son dernier budget avant les élections, la campagne à venir est inscrite partout, en filigrane, dans les pages du document. Et les électeurs néo-démocrates sont de toute évidence dans la ligne de mire des libéraux.

Ce n’est un secret pour personne : les troupes de Justin Trudeau reluquent les circonscriptions néo-démocrates, particulièrement celles du Québec, dans l’espoir d’obtenir un second mandat majoritaire aux élections d’octobre.

Le peu d’engouement que Jagmeet Singh a réussi à susciter depuis son arrivée à la tête du NPD permettait déjà aux libéraux d’espérer en gagner plusieurs.

Avec son dernier budget, le gouvernement Trudeau semble prendre les grands moyens pour aspirer l’oxygène à sa gauche. Il pige allègrement dans les talles du NPD. Si bien que le parti de Jagmeet Singh aura bien du mal à se démarquer.

Bill Morneau mise sur deux thèmes qui ont toujours été traditionnellement associés aux néo-démocrates : l’assurance médicaments et l’aide au logement. Ainsi, il fait un pas de plus vers un régime fédéral d’assurance médicaments et crée une agence chargée de négocier à la baisse les prix des médicaments. Il prolonge par ailleurs le programme de financement de la construction de logements locatifs et l’assortit d’une enveloppe supplémentaire de 10 milliards de dollars sur 9 ans.

Il propose aussi une mesure destinée à gagner le cœur des cols bleus – un électorat que tentent de séduire tant les néo-démocrates que les conservateurs – en offrant un coup de pouce pour la formation de la main-d’œuvre.

Les néo-démocrates pourront s’époumoner en répétant que les libéraux ne vont pas assez loin, qu’il faut un régime d’assurance médicaments immédiatement, que davantage de fonds sont nécessaires pour le logement social. Les libéraux auront le beau jeu de faire valoir qu’au moins, ils avancent dans la bonne direction.

Des déficits assumés

Les libéraux ont choisi d’assumer pleinement leurs déficits budgétaires. Plutôt que de s’en excuser, ils passent en mode offensif en demandant aux conservateurs où ils couperaient pour revenir à l’équilibre budgétaire. Ils tentent ainsi de démontrer aux électeurs que l’austérité serait au rendez-vous si les conservateurs d’Andrew Scheer étaient portés au pouvoir.

Or, cette ligne d’attaque vaut aussi pour les néo-démocrates. En campagne, Jagmeet Singh n’aura pas d’autre choix que de se mouiller. Si, comme son prédécesseur Thomas Mulcair, il se prononce en faveur d’un budget équilibré, il devra expliquer sa stratégie pour mettre de côté l’encre rouge. S’il se résigne à un déficit, sa prise de position s’apparentera, encore une fois, à celle de Justin Trudeau.

Pour se démarquer, il reste aux néo-démocrates l’enjeu de l’environnement. Car les annonces pour encourager l’achat de véhicules zéro émission et pour accroître l’efficacité énergétique des bâtiments du budget 2019 ne permettront pas de faire oublier l’achat du pipeline Trans Mountain.

Là encore, les néo-démocrates devront jouer du coude pour s’approprier l’enjeu puisque les verts n’ont pas l’intention de leur laisser le champ libre. Et les troupes d’Elizabeth May ont d’ailleurs prouvé aux élections partielles dans Outremont – où le candidat Daniel Green est arrivé troisième – qu’on ne peut les ignorer.

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