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Une élève allègue avoir écrit une plainte sous la contrainte contre son directeur Yvan Beaudoin

L'enseigne de l'École du Sommet, à Saint-Paul
L'enseigne de l'École du Sommet, à Saint-Paul Photo: Radio-Canada / Richard Marion
Radio-Canada

Un an, presque jour pour jour, après la suspension d'Yvan Beaudoin, une des élèves à l'origine de la plainte qui a mené à cette sanction contre l'ancien directeur de l'École du Sommet a pris la parole publiquement mardi. Elle a allégué qu'une employée du conseil scolaire Centre-Est avait manipulé le groupe dans l'écriture de la plainte.

Sébastien Tanguay

Dans ce conflit qui s'étire depuis maintenant un an, la voix des plaignantes ne s'était jamais fait entendre jusqu'à maintenant.

Celle qui a parlé mardi a indiqué avoir écrit la plainte sous la contrainte d'une employée du conseil scolaire.

Cette allégation conforte l'opinion de plusieurs membres de la communauté de Saint-Paul. Plusieurs d'entre eux ont dit à Radio-Canada qu'ils croyaient que les élèves avaient été manipulées dans l'affaire de l'écriture de la plainte portée contre Yvan Beaudoin.

Incapable de corroborer ces allégations, Radio-Canada ne les a jamais rapportées.

La suspension d'Yvan Beaudoin avait mené le conseil scolaire à commander une enquête indépendante. Celle-ci devait faire la lumière sur les allégations prononcées dans la plainte. L'enquête devait également confirmer la validité de cette dernière.

Radio-Canada a obtenu une copie du rapport d'enquête.

Dans ce rapport, l'enquêteuse mentionne avoir écouté « certains témoins [qui] ont allégué avoir entendu des rumeurs [selon lesquelles] les plaignantes n'avaient pas, elles-mêmes, rédigé la lettre, mais qu'elle avait plutôt été écrite par une employée du conseil scolaire et que le conseil aurait manipulé les plaignantes [pour les pousser] à déposer leur plainte ».

Une plaignante aurait elle-même rapporté ces allégations à l'enquêteuse, précise le rapport.

Radio-Canada n'a pu confirmer que la plaignante mentionnée dans le rapport est celle qui s'est exprimée publiquement mardi.

Le témoignage de la plaignante était public, mais Radio-Canada n'a pu en entendre qu'une partie.

La mère de cette dernière et quelques membres de la communauté de Saint-Paul ont indiqué à Radio-Canada que ses journalistes n'étaient pas les bienvenus à la réunion.

Comme l'élève était mineure et visiblement émotive, et que sa mère elle-même préférait la protéger des médias, Radio-Canada s'est retirée.

Une journaliste du St. Paul Journal a toutefois pu demeurer sur place.

Avant d'être invités à quitter les lieux, nous avons pu entendre un bref passage du témoignage de l'élève.

Ce passage portait sur les allégations mentionnées plus haut.

Radio-Canada n'a pu entendre l'intégralité du témoignage. Nous estimons cependant qu'il reste d'intérêt public de réagir aux propos entendus, au regard des informations dont nous disposons.

Malgré ces allégations, l'enquêteuse Diane Lazenby a déterminé que la plainte était valide.

Dans son rapport, elle explique les raisons pour lesquelles elle estime que la plainte, que les élèves ont retirée un peu plus d'un mois après l'avoir écrite, « demeure un élément de preuve à l'enquête ».

« Premièrement, la plainte n'a pas été retirée par les plaignantes parce qu'elle avait supposément été rédigée par l'employée du conseil », indique Mme Lazenby.

Les plaignantes ont en effet retiré leur plainte sous prétexte qu’elles n’avaient jamais été informées des conséquences qu’elle aurait sur leur directeur.

« Si elles avaient su que l'Intimé [NDLR : Yvan Beaudoin] serait suspendu, elles n'auraient jamais déposé leur plainte formelle », indique le rapport de l'enquêteuse.

Elle ajoute que la plainte fait en grande partie écho à une lettre écrite à l'été 2017, en anglais, par les plaignantes. Les élèves avaient rédigé cette lettre à l'attention de leur directeur, pour demander une AAH à l’École du Sommet.

Radio-Canada a obtenu copie de cette lettre.

Dans cette dernière, les plaignantes dénoncent un climat de discrimination envers la communauté LGBT dans les corridors de l'école.

« Nous croyons que si les gens qui ne font pas partie de la communauté LGBT sont informés et éduqués, ils cesseront d'être durs envers les autres formes de sexualité, moins discriminatoires et irrespectueux », écrivent les élèves.

« Nous avons demander une AAH [NDLR : alliance allosexuelle-hétérosexuelle] à plusieurs reprises, mais nous avons le sentiment que vous n'avez pas pris en compte à quel point un tel groupe pourrait être bénéfique pour notre école », ajoutent-elles à l’attention de leur directeur.

La lettre de plainte, écrite en mars 2018, reprend des segments entiers de cette lettre écrite en 2017.

L'enquêteuse conclut son raisonnement quant à la validité de la plainte par un troisième argument. Une autre plaignante lui a indiqué que le rôle de l'employée en question se limitait à « corriger la grammaire ».

« Cette dernière plaignante est celle qui a le contrôle sur le document [de la plainte] qui est sauvegardé sur Google Drive », écrit-elle.

Cette plaignante affirme pouvoir voir, dans le logiciel, l'identité des différentes personnes qui ont rédigé les segments de la lettre de plainte.

Diane Lazenby a conclu, pour ces trois raisons, que la plainte devait être prise en compte, malgré le témoignage d’une des plaignantes indiquant qu’elles avaient été forcées de l’écrire.

Alberta

Enseignement secondaire