•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Internet haute vitesse, français en milieu minoritaire : le Sud-Ouest ontarien réagit au budget fédéral

Le ministre parle debout; ses collègues applaudissent.
Bill Morneau a déposé son dernier budget avant les élections fédérales à la Chambre des communes le mardi 19 mars 2019. Photo: La Presse canadienne / Sean Kilpatrick
Floriane Bonneville

Plusieurs points du budget fédéral de 2019 déposé mardi touchent les citoyens de Windsor-Essex, dont l'accès à Internet haute vitesse pour les gens en milieux ruraux et le soutien des libéraux envers les communautés linguistiques minoritaires.


Internet à haute vitesse

Le gouvernement investira 5 à 6 milliards de dollars dans les 10 prochaines années pour veiller à ce que tous les Canadiens aient accès à Internet haute vitesse.

L’industrie agricole de Windsor-Essex, pour qui la technologie devient de plus en plus indispensable, revendique depuis belle lurette un accès Internet plus rapide et plus fiable.

C’est fantastique, c’est vraiment une bonne nouvelle, s’exclame Charles Desmarais, un agriculteur de Pointe-aux-Roches, qui programme la course de ses tracteurs de manière automatique.

Selon lui, il est grand temps que les cultivateurs puissent se fier à leurs appareils électroniques qui fonctionnent grâce au réseau sans fil.

Quand Internet ne marche pas, ça va mal, dit M. Desmarais.

Le directeur général de l’Union des cultivateurs franco-ontariens estime que le gouvernement fédéral a fait un excellent pas dans la bonne direction.

Cependant, Simon Durand a quelques réserves par rapport à l'annonce, qui ne donne pas beaucoup de détails quant à la procédure qui sera mise en place pour connecter les agriculteurs.

Il reste à voir comment cet investissement va se déployer sur le territoire canadien et il faut s’assurer que le gouvernement fasse bien les choses, dit-il

Un homme en entrevue à Radio-Canada.Simon Durand est directeur général de l’Union des cultivateurs franco-ontariens. Photo : Radio-Canada

Selon lui, il faut que les agriculteurs en milieu rural puissent compétitionner à long terme avec leurs homologues en milieu urbain, qui eux ont un accès fiable et rapide, favorisant donc leurs activités.

En 2030, l’Internet haute vitesse des milieux ruraux sera-t-il comparable au réseau 5G des grandes villes, ou sera-t-il encore en retard et défavorisé?

Simon Durand, directeur général de l'Union des cultivateurs franco-ontariens

M. Durand dit comprendre la réalité des agriculteurs, qui comme tout entrepreneur, ont besoin d’un réseau rapide et fiable parce qu’ils travaillent avec les robots de traite et l’analyse de données massives.

Même son de cloche chez l’agroéconomiste de l'Université McGill Pascal Thériault, qui soutient que les entreprises en milieu rural exercent souvent leurs activités en espérant que le réseau Internet fonctionne assez bien pour envoyer des fichiers très lourds tels que des devis ou des transferts de données automatisés.

Avoir un accès Internet haute vitesse va permettre d'accélérer le processus, de faciliter beaucoup ce transfert de technologie là.

Pascal Thériault, agroéconomiste à l'Université McGill

Les langues officielles en milieu minoritaire

Le gouvernement fédéral, dans son budget du 19 mars, mentionne l’importance pour celui-ci de soutenir les langues officielles en milieu minoritaire. On y réitère le Plan d’action pour les langues officielles annoncé en 2018, qui englobe des investissements dans ce sens de 499,2 millions de dollars.

Le budget souligne également que des fonds supplémentaires sont réservés pour accroître son soutien en faveur de l’éducation dans la langue de la minorité, mais aucun détail quant au montant indexé n'est mentionné, sauf la condition pour accéder à ces fonds : une adhésion de la part des provinces à diverses ententes avec le fédéral.

À ce titre, Didier Marotte, directeur du Centre communautaire francophone Windsor-Essex-Kent, dit espérer que l’Ontario s’engage à travailler avec le gouvernement de Justin Trudeau pour aider les communautés francophones sur son territoire, où de l’aide financière aux francophones a été sabrée à l’automne 2018.

Portrait d'un homme dans une cuisine.Didier Marotte a tenu à souligner que le centre communautaire continuait sa route. Photo : Radio-Canada / Marine Lefevre

Cet argent supplémentaire pourrait accompagner les coupes budgétaires provinciales dans les programmes francophones en Ontario, dit M. Marotte.

Toutefois, le directeur soulève que cela n’est peut-être pas assez pour calmer les grandes inquiétudes qui se manifestent régulièrement : est-ce que c’est un remplacement de fonds pour la promotion des langues officielles ? On peut espérer qu’il y aura des retombées régionales.

Selon lui, on pourra juger de l’aide apportée dans la façon dont elle sera administrée et dans l’intention de cette initiative, déposée en 2018.

Windsor

Politique fédérale