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L'escrime pour se remettre d'un cancer du sein

Marie-Hélène Rousseau

Apprendre à manier le sabre peut changer les choses dans la vie d'une femme qui a subi une opération pour un cancer du sein. Après une année d'existence du programme Cancer du sein et escrime, offert à Sherbrooke, une douzaine de participantes peuvent témoigner des bienfaits de la pratique de ce sport dans leur rétablissement.

Tous les mardis, des femmes ayant été touchées par un cancer du sein prennent part à une séance d'entraînement d'escrime artistique. Des entraîneurs du Club escrime Calimacil leur enseignent des chorographies pouvant favoriser leur réhabilitation, particulièrement lorsqu'elles ont subi une intervention chirurgicale. Une kinésiologue les accompagne.

Au départ, c’est raide, admet Diane Beaulieu, qui a subi une mastectomie du sein gauche en 2017, suivie d’une reconstruction mammaire l’année suivante. Veut, veut pas, lorsqu’on a des cicatrices à un endroit, ce qu’on appelle un cordon cicatriciel, les étirements sont beaucoup plus difficiles. De là l’importance de faire des mouvements et des exercices.

Mais les efforts portent leurs fruits, selon elle. Au fil des mois d'entraînement, elle remarque que les progrès sont notables et qu'elle gagne en aisance.

Ça aide autant sur le plan physique que psychologique, parce que ça brise l'isolement, étant donné qu'on côtoie d'autres personnes qui ont subi le même sort que nous.

Diane Beaulieu, survivante du cancer
Francine Bertrand, Diane Beaulieu et leur entraîneuse, Nathalie Simard, se réunissent toutes les semaines pour pratiquer l'escrime.

La présidente du Club d'escrime Calimacil Nathalie Simard (arrière) accompagne les participantes au programme Cancer du sein et escrime Francine Bertrand et Diane Beaulieu.

Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Rousseau

Un projet venu de France

Les instigateurs du projet se sont inspirés des Français pour mettre ce projet sur pied. Ils souhaitaient développer un programme qui puisse offrir des exercices homologués et sécuritaires. Depuis un an, entraîneurs et kinésiologues suivent de près les participantes pour s'assurer qu’elles développement une meilleure mobilité.

Une femme qui a subi une ablation doit travailler en réadaptation. L'escrime, c'est ce que ça permet de faire. Ce sont des ouvertures, des étirements qui permettent de travailler les muscles qui ont été affectés pendant l'opération. De tenir un sabre, déjà ça amène la femme à travailler au niveau de son muscle, de la force. Et avec les mouvements qu'on fait d'étirer le bras, ça donne beaucoup de mobilité, c'est pour ça qu'on travaille avec cette arme qui est la plus légère, souligne la présidente du Club d’escrime, Nathalie Simard.

Les mouvements d'escrime permettent aux femmes de faire des étirements qui donnent de la souplesse et renforcent leur tonus musculaire.

Les mouvements d'escrime permettent aux femmes de faire des étirements qui donnent de la souplesse et renforcent leur tonus musculaire.

Photo : Radio-Canada

L’oncologue Michel Pavic a appuyé l’équipe dans le développement du programme. Fervent amateur d’activité physique, il n’hésite pas à recommander l’escrime à ses patientes.

C’est une activité qui est douce, ce n’est pas brutal. Elles y vont très progressivement, de façon indolore. Ça permet justement de se réapproprier son corps et de reprendre confiance en elles.

Le Dr Michel Pavic, oncologue
L'oncologue Michel Pavic recommande la pratique de l'escrime à ses patientes.

L'oncologue Michel Pavic recommande la pratique de l'escrime à ses patientes.

Photo : Radio-Canada

Combattre symboliquement le cancer

L’escrime a été une bouée de sauvetage pour Francine Bertrand. En 2015, son médecin lui annonce qu’elle souffre de deux cancers et qu’il lui reste peu de temps à vivre. Refusant d’accepter ce pronostic, elle subit la chimiothérapie et une mastectomie des deux seins. Aujourd’hui, elle est en rémission complète et elle croit que l’escrime a eu un impact positif dans son rétablissement. Je croyais à la vie. Je croyais que je pouvais passer à travers et aujourd’hui, je ne veux pas être seulement une survivante. Je vais être une vivante et c’est pour ça que j’ai commencé à faire de l’escrime.

On combat un cancer quand on apprend cette nouvelle-là, affirme Diane Beaulieu. Et on refait la symbolique lorsqu’on fait les mouvements, lorsqu’on fait de l’escrime.

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