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Budget fédéral : les organismes régionaux de l'Estrie restent sur leur faim

Une vingtaine de représentants organismes régionaux ont visionné collectivement le dévoilement du budget fédéral à Sherbrooke.
Une vingtaine de représentants organismes régionaux ont visionné collectivement le dévoilement du budget fédéral à Sherbrooke. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Une vingtaine de représentants d'organismes régionaux ont visionné collectivement le dévoilement du budget fédéral à Sherbrooke. Si plusieurs mesures sociales et économiques ont été qualifiées de « pas dans la bonne direction », la liste des déceptions est tout de même longue.

L’augmentation de l’exemption des gains du supplément de revenu garanti pour les aînés a été maintes fois citée par les intervenants comme une décision encourageante, mais bien loin d’être parfaite.

Le problème : ce n’est pas toutes les personnes âgées qui peuvent travailler. La mobilité est souvent réduite chez les aînés, rappelle le porte-parole de l’Association des locataires de Sherbrooke, Normand Couture.

Le discours de l’Association coopérative d'économie familiale de l'Estrie (ACEF) est presque similaire. Sa coordonnatrice, Sylvie Bonin, aurait préféré une augmentation du revenu garanti pour tous les aînés

Toutefois, cette hausse de l’exemption, qui s’étend au travail indépendant, était attendue et demandée, souligne-t-elle. Ça répond à des attentes, mais si on n’a pas la santé pour travailler, on demeure nettement en dessous du seuil de faible revenu.

Main-d’oeuvre et formation

Le gouvernement fédéral offrira aussi un crédit d’impôt à la formation de 250 $ par année, jusqu’à 5000 $ à vie. La mesure est bien accueillie, mais devra être bonifiée, estime le milieu syndical.

Ce n’est pas le Klondike, mais au moins, c’est un début, une avancée au niveau de la formation, croit le président du Conseil central des syndicats nationaux, Denis Beaudin. Même si le taux de chômage n’est pas très élevé, on ne peut pas jeter les travailleurs d’un certain âge qui souhaiteraient rester actifs. Il faut leur permettre de retourner à la formation.

En contexte de pénurie de main-d’œuvre, la réforme de certains programmes pour les travailleurs immigrants a été saluée par Illusion-Emploi, un groupe qui défend les droits des travailleurs non syndiqués.

Maintenant, [le gouvernement] va mettre de l’avant des programmes où ces travailleurs pourront venir avec leur famille et avec un permis ouvert. Ça va leur permettre de transférer d’un employeur qui, par exemple, pourrait être abusif, à un autre et sans perdre leur droit. C’est une lutte qu’on menait depuis plusieurs années, ajoute leur coordonnatrice, Manon Brunelle.

J’ai l’impression que ce budget est de type "saupoudrage". Pour l'aide à la formation, 5000 $ à vie, ça va prendre 20 ans pour y arriver. Je ne sais pas qui va vraiment en bénéficier.

Manon Brunelle, coordonnatrice d'Illusion-Emploi

Lutte à la pauvreté

Plusieurs catégories de travailleurs ont été oubliées dans ce budget, tout comme les plus démunis, croit Guillaume Manningham de Solidarité populaire Estrie.

Il n’y a aucune mesure phare pour contrer les inégalités sociales, déplore-t-il. La lutte aux paradis fiscaux semble avoir été oubliée. On aide plus les entreprises que les travailleurs. On aide une partie de la classe moyenne seulement.

Le constat est partagé par le comité régional du Collectif pour un Québec sans pauvreté.

Sauf pour les personnes aînées et certains travailleurs, pour les autres et ceux qui ne travaillent pas, tant pis pour eux autres. Ils continueront d’être pauvres, lance sa porte-parole, Line Marcoux.

Cette dernière affirme être d’autant plus déçue en sachant que le gouvernement fédéral a déposé en novembre dernier un projet de loi sur la réduction de la pauvreté.

D’autres réactions en bref

  • Carrefour de Solidarité internationale : critique le faible investissement dans l’aide public au développement. « Le gouvernement ne se donne pas les moyens pour réellement passer à l’action », croit son représentant, Étienne Doyon.
  • ConcertAction Femmes Estrie : déception envers la stratégie de logement social en considérant que les femmes aînées gagnent 59 % des revenus des hommes aînés.
  • Mouvement des chômeurs de l’Estrie : la nouvelle prestation à la formation d’assurance-emploi « encourage la déresponsabilisation des entreprises quant à la formation de leur main-d’œuvre », estime son porte-parole Denis Poudrier.

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