•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Dépression post-partum : la souffrance derrière le sourire

tristesse, fatigue extrême, se sentir coupable, colère, grande anxiété, difficulté à s'occuper correctement de son enfant, changements d'appétit, avoir l'impression que les choses ne changeront jamais.

Les symptômes d'anxiété et de dépression post-partum varient d'une personne à l'autre.

Photo : Radio-Canada / Graphique Ouest

Pierre Verrière

La dépression post-partum ne dit pas toujours son nom, et les femmes qui y sont sujettes ne disposent pas toujours des ressources pour se faire entendre. C'est l'un des thèmes évoqués mardi soir à l'occasion d'une conférence présentée dans les locaux de l'organisme Mood Disorders Association of Manitoba, qui vient en aide aux personnes atteintes de trouble de l'humeur.

Lorsque Rebecca Mcdermott a mis au monde son troisième enfant, elle ne se doutait pas qu'elle allait basculer dans un monde qu'elle ne soupçonnait pas.

« Je n'ai pas eu de dépression post-partum pour mes deux premiers enfants, mais j'en ai eu un avec mon troisième », explique la mère de 34 ans. Elle sera l'une des intervenantes lors de la conférence organisée dans les locaux de l'organisme Mood Disorders Association of Manitoba.

« Quand j'ai eu ma fille Willow, j'ai trouvé très dur de jongler entre toutes les responsabilités que j'avais dans ma vie. Je me suis rendu compte, plusieurs semaines après la naissance, que j'avais des pensées très négatives qui ne me ressemblaient pas. »

Elle dit avoir sombré dans un état dépressif et avoir eu des pensées suicidaires.

« J'avais entendu parler de la dépression post-partum avant et j'ai vu les effets que cela a pu avoir sur des amies, mais lorsque j'ai moi-même commencé à vivre cela avec mon troisième enfant, j'ai eu beaucoup de mal à l'accepter », confie Rebecca Mcdermott.

« Il y a beaucoup de stigmatisation quand une mère demande de l'aide, car on est censé aimer son enfant et lui donner ce dont il a besoin. Quand on se sent inutile, pas à la hauteur, ou quand on ne sent pas de liens avec son enfant, les gens nous jugent facilement. »

« On garde un sourire de façade pour les autres, mais au fond, on se bat contre ses propres démons. On veut crier aux gens que non, on n'est pas heureuse. »

« On nous dit que notre bébé est mignon, mais pour nous, il n'est pas mignon. Il accapare notre sommeil, notre temps... On se dit : je n'en suis pas capable, je ne suis pas faite pour ça. On se bat avec tout ça, en mettant un sourire sur son visage. »

Selon Aly Raposo, qui dirige les programmes à destination des femmes et de la jeunesse au sein de l'organisme Mood Disorders Association of Manitoba, la plupart du temps, les femmes ne sont pas conscientes de ce qu'elles ressentent.

« Beaucoup de femmes pensent que l'état dans lequel elles se trouvent est normal. Elles mettent cela sur le compte de la grossesse. Elles ne se rendent pas compte qu'il s'agit d'une dépression post-partum et que cela peut avoir des conséquences sur leur vie », explique-t-elle.

Elle indique que les symptômes n'apparaissent pas forcément juste après la naissance. Ils peuvent se manifester jusqu'à 20 mois après l'accouchement.

Selon Aly Reposo, la dépression post-partum n'est pas toujours diagnostiquée, car elle intervient dans une période où le taux d'hormones est encore élevé chez les femmes.

La fatigue extrême, une faible énergie ou encore de l'anxiété ou des troubles de l'alimentation ou du sommeil figurent parmi les symptômes souvent observés chez les femmes.

Selon l'Agence de la santé publique du Canada, pendant la période de post-partum, 7,5 % des Canadiennes présentent des symptômes de dépression.

Manitoba

Santé physique et mentale