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Budget 2019 : deux contrats fédéraux dans la mire de Chantier Davie

Un navire de la classe Secon en construction au Chantier Davie. La photo a été prise le 19 novembre 2012.
Le maire de Lévis avait affirmé la semaine dernière que la survie du Chantier Davie allait peut-être se jouer dans le budget fédéral. Photo: La Presse canadienne / Jacques Boissinot
Louis Gagné

Le Chantier Davie estime être en bonne position pour remporter les contrats de construction de deux traversiers inscrits dans le budget fédéral 2019.

Le gouvernement Trudeau a l’intention de procéder au remplacement du MV Madeleine, un navire qui relie le Québec et l’Île-du-Prince-Édouard, et du MV Holiday Island, qui fait la navette entre l’Île-du-Prince-Édouard et la Nouvelle-Écosse.

Le vice-président aux Affaires publiques chez Chantier Davie, Frédérik Boisvert, mentionne que l’entreprise a déjà amorcé des négociations pour obtenir les contrats de ces deux navires.

Selon lui, la compagnie de Lévis possède une longueur d’avance sur ses deux concurrents au pays : les chantiers Irving, de Halifiax, et Seaspan, de Vancouver.

« Les deux sont à pleine capacité, donc incapables d’avoir des projets supplémentaires, des contrats supplémentaires », affirme M. Boisvert en entrevue à Radio-Canada.

On est prêt à livrer la marchandise dans les temps puis dans les délais, contrairement aux deux autres chantiers.

Frédérik Boisvert, vice-président aux Affaires publiques, Chantier Davie
Frédérik Boisvert en entrevue dans les studios de Radio-Canada à QuébecFrédérik Boisvert, vice-président aux Affaires publiques chez Chantier Davie Photo : Radio-Canada

900 fournisseurs

Le vice-président de l'Association des fournisseurs de Chantier Davie Canada, Pierre Drapeau, abonde dans le même sens.

Il rappelle que depuis l’octroi, en 2011, de contrats de construction navale totalisant plusieurs dizaines de milliards de dollars aux chantiers Irving et Seaspan, aucun navire n’a encore été livré au gouvernement fédéral.

« Les deux autres chantiers, malgré les carnets de commandes qui sont remplis pour plusieurs années, ne sont pas en position de livrer quoi que ce soit de nouveau, ni dans ce budget ni dans les quatre prochains, probablement », confie M. Drapeau.

C’est sûr que les 900 fournisseurs de la Davie voient ça d’un bon œil. Ils sont prêts à répondre à la demande.

Pierre Drapeau, vice-président de l'Association des fournisseurs de Chantier Davie Canada

400 emplois

Depuis la fin de l’année 2017, le Chantier Davie a mis environ 1000  travailleurs à pied, faute de contrats suffisants.

Selon Frédérik Boisvert, les deux contrats fédéraux permettraient de fournir des emplois à 400 travailleurs pendant trois ans.

Le traversier NM Holiday Island au quai de Caribou, en Nouvelle-Écosse.Le traversier NM Holiday Island au quai de Caribou en Nouvelle-Écosse. Photo : Radio-Canada / François Pierre Dufault

« Avec le nombre d’employés qu’on a perdus, ça ferait une belle fleur. Ça serait vraiment quelque chose de précieux pour nous pour rebâtir le noyau d’expertise qu’on a perdu depuis octobre 2017 », confie-t-il.

Si l’entreprise de Lévis parvient à décrocher les contrats, son porte-parole assure qu’elle sera en mesure de commencer les travaux très rapidement.

Frédérik Boisvert explique que pour ce type de contrat, il faut généralement prévoir une année pour la conception des plans et devis et deux autres pour la construction.

Lehouillier satisfait

Le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, se réjouit de l’opportunité qui se présente au Chantier Davie. Il évalue à « 300 millions de dollars pièce » le coût de remplacement des navires.

Le maire soutient que la création de centaines d’emplois permettrait à l’entreprise de se rapprocher des 1000 travailleurs à temps plein dont elle a besoin pour maintenir ses activités.

Gilles Lehouillier lors d’une conférence de presse à Lévis. Le maire se tient debout, micro à la main, devant deux tableaux. L’un montre la capacité des chantiers navals du Canada, l’autre les contrats qui ont été accordés ou qui restent à être octroyés dans le cadre de la Stratégie nationale de construction navale.Le maire Lehouillier presse Ottawa de venir en aide au Chantier Davie en lui accordant des contrats. Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

« On n'est pas loin du seuil critique pour assurer la continuité du chantier, mais on souhaiterait qu'il y ait d'autres contrats aussi à très court terme pour appuyer la Davie en toute équité par rapport aux autres chantiers », insiste GillesLehouillier.

La semaine dernière, le maire de Lévis avait interpellé le gouvernement Trudeau, affirmant que la survie du Chantier Davie dépendait de l’octroi de contrats fédéraux. Il voyait dans le budget fédéral l’ultime chance, pour les libéraux, de lui venir en aide.

« S'il n’y a rien dans le cadre du budget, ils vont avoir failli à leur tâche d'assurer la survie du Chantier Davie », avait prévenu Gilles Lehouillier.

Avec la collaboration de Jean-François Nadeau

Québec

Chantier naval