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Les studios québécois ravis de voir Google se lancer dans les jeux vidéo

Manette de jeu vidéo

Google a décidé dans se lancer dans l'industrie du jeu vidéo.

Photo : Reuters / Stephen Lam

Romain Schué

Les studios québécois de jeux vidéo voient d'un très bon œil l'arrivée de Google dans cette industrie. Une occasion, clament-ils, pour les dizaines d'entreprises de la province qui disposeront d'une nouvelle plateforme pour développer leur production.

« On a l’opportunité de faire reconnaître et rayonner le plus possible à l’international les studios québécois », assure Nadine Gelly, directrice générale de l’Alliance numérique, une organisation qui regroupe les entreprises de jeux vidéo du Québec.

Alors que Google a dévoilé mardi Stadia, une sorte de Netflix du jeu vidéo, permettant aux utilisateurs, à travers le navigateur Chrome, de jouer en ligne à différents jeux vidéo, cet enthousiasme est partagé par Jean-Martin Aussant, directeur général de la Guilde des développeurs de jeux vidéo indépendants du Québec.

« C'est un signal très positif qu'un géant comme Google s'intéresse au gaming. Cela peut avoir des effets importants, comme ça a été le cas avec Spotify, pour la musique, et Netflix, pour les films, qui ont changé des choses », lance l’ex-député péquiste.

Derrière le Japon et la Californie, « on est un des centres mondiaux du jeu vidéo ». « À l’avenir, on peut être le premier au monde », pense-t-il.

Ici, au Québec, on a un pool de créateurs formidable. Dès que le domaine du jeu vidéo est en forme et se développe, c'est une bonne nouvelle pour le Québec.

Jean-Martin Aussant, directeur de la Guilde des développeurs de jeux vidéo indépendants du Québec.

Portrait du jeu vidéo au Québec

  • 198 studios
  • Plus de 10 000 emplois directs et indirects
  • Un impact économique de 827 millions de dollars

Source : Alliance numérique

Une place espérée pour les studios québécois

Si Google a déjà indiqué collaborer avec Ubisoft - avec la présence du jeu Assassin's Creed Odyssey -, une place sera faite pour « les petits et grands studios », a notamment promis durant cette présentation la Montréalaise Jade Raymond, ancienne productrice d’Ubisoft et d'Electronic Arts, qui a notamment supervisé Assassin’s Creed, Star Wars ou encore The Sims Online.

Après avoir annoncé une semaine plus tôt son arrivée dans la firme californienne, cette dernière a indiqué qu'elle dirigera le propre studio de Google, intitulé Stadia Games and Entertainment. Sa volonté? « Imaginer la nouvelle génération de jeux », a-t-elle déclaré au cours de cette présentation à San Francisco.

Jade Raymond

La Montréalaise Jade Raymond a été nommée à la tête de Stadia Games and Entertainment.

Photo : Reuters / Stephen Lam

« Grâce à Jade, on aura une entrée plus rapide dans cet univers. Elle veut rassembler l’ensemble de la communauté », se réjouit Nadine Gelly, qui promet de travailler activement dès les prochaines semaines pour veiller à ce que les studios québécois soient mis à contribution.

On est curieux de voir les prochaines étapes. On va être ouvert, regarder et travailler avec Google. On veut avoir le plus de vitrines possible.

Nadine Gelly, directrice générale de l’Alliance numérique

Tout en évoquant une « très bonne nouvelle », Laurent Simon, le codirecteur de Mosaic, le pôle créativité et innovation de HEC Montréal, se veut néanmoins vigilant.

« Cette plateforme de distribution pourrait être plus accessible, pour les petits studios, que les consoles. Mais il faudra voir les conditions d’accessibilité, souligne-t-il. Google dit être prêt à donner de l’écho à la production indépendante. Oui, c’est fun, mais quand on regarde leur promotion, on voit des marques établies. »

Behaviour travaille avec Google

Parmi les développeurs qui travaillent avec Google depuis plusieurs semaines dans le but de fournir, prochainement, des jeux fonctionnant sur cette plateforme numérique, on retrouve notamment l’entreprise montréalaise Behaviour qui compte plus de 450 employés.

Son président, Rémi Racine, se dit emballé par l’avenir « extraordinaire » qu’offre Google, qui « met vraiment les efforts ».

Selon l’homme d’affaires, joint par téléphone après avoir assisté à ce lancement en Californie, les créateurs de jeux vidéo verront leurs revenus augmenter. « Ça va créer des emplois », lance-t-il.

Grâce au cloud, Google amène une démocratisation des joueurs et de l'industrie. Il n’y aura plus besoin de jouer sur une console ou un ordinateur très puissant. On pourra jouer simplement sur une télé, un téléphone ou une tablette avec une manette de jeux.

Rémi Racine, président de Behaviour

Rappelant que Microsoft et Sony se sont déjà lancés dans une telle démarche, Jean-Martin Aussant ne craint pas la multiplication des plateformes.

« Plus il y a de joueurs qui veulent du contenu et le distribuer, mieux c'est, estime-t-il. À la base de tout développement, il y a la nécessité d'avoir des créateurs qui fournissent le contenu. Le Québec n'a rien à envier. C'est à nous de tirer notre épingle du jeu. On a tout, au Québec, pour être florissant. »

Jeux vidéo

Techno