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Ottawa s’attaque à la formation de la main-d’œuvre

L'un deux pointe l'écran.

De jeunes travailleurs autour d'un ordinateur.

Photo : iStock

Stéphane Bordeleau

Dans un monde du travail en constante évolution, Ottawa met en place un crédit d'impôt et des revenus d'appoint spécialement destinés aux milliers travailleurs qui doivent se perfectionner pour faire avancer leur carrière ou encore pour conserver leur emploi.

Au rythme auquel progresse la technologie aujourd’hui, le renouvellement des compétences est essentiel au maintien de la compétitivité économique du pays, à plus forte raison dans un contexte de pénurie de la main-d’œuvre.

Or, pour offrir au plus grand nombre possible de travailleurs l’occasion de se perfectionner ou d’amorcer un virage dans leur vie professionnelle, Ottawa mise dans son budget dévoilé mardi sur la création d’un nouveau programme baptisé l’Allocation canadienne pour la formation.

L’initiative, qui sera dotée d’une enveloppe de 1,7 milliard de dollars sur cinq ans et de 586 millions de dollars par année par la suite, s’articule autour d’un nouveau crédit d’impôt et d’une prestation de soutien pour les travailleurs désireux de se perfectionner ou de changer de carrière.

Le crédit d’impôt pour la formation

Destiné aux travailleurs de 25 à 64 ans, ce nouveau crédit d’impôt remboursable leur permettra d’accumuler chaque année un crédit de 250 $, jusqu’à un maximum cumulatif de 5000 $ à vie, qu’ils pourront utiliser pour payer des frais de formation.

Pour y être admissibles, les travailleurs devront gagner entre 10 000 $ et 150 000 $ par année.

Les crédits accumulés pourront ensuite être appliqués dès 2020 sur la moitié des coûts des formations données dans les collèges, les universités ou les établissements qui offrent de la formation professionnelle.

Par exemple, un travailleur qui aurait accumulé 1000 $ de crédits pourrait les appliquer dans sa déclaration d’impôt pour réclamer le remboursement de la moitié d’une formation qui lui aurait coûté 2000 $.

La prestation de soutien à la formation

Un travailleur dans une usineAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les usines sont des milieux de travail très bruyants.

Photo : Radio-Canada

Les travailleurs qui souhaitent se perfectionner, mais qui n’ont pas les moyens de s’absenter du travail pour la durée de leur formation pourront désormais compter sur une nouvelle prestation de quatre semaines afin de subvenir à leurs besoins.

Arrimée au programme de l’assurance-emploi, cette prestation qui sera offerte d’ici la fin de 2020 permettra aux travailleurs qui s’absentent de leur emploi pour suivre une formation de toucher 55 % de leur revenu hebdomadaire moyen pendant un maximum de quatre semaines.

Les documents distribués lors de la présentation du budget ne permettent cependant pas d’en savoir davantage sur les délais de traitement de ces demandes à l’assurance-emploi. Rappelons qu’actuellement, les nouveaux chômeurs doivent attendre de quatre à six semaines avant de toucher une première prestation à partir du moment où ils perdent leur emploi. En sera-t-il de même pour le soutien à la formation?

Ce coup de pouce supplémentaire d’Ottawa aux travailleurs du pays coûtera 1,04 milliard de dollars sur cinq ans au Trésor public et 321,5 millions de dollars par année par la suite.

Pas facile de prendre congé

Compte tenu de la pénurie de main-d’œuvre qui sévit partout au Canada depuis les dernières années, ces nouveaux outils que propose Ottawa aux travailleurs risquent de causer des maux de tête à des employeurs qui peinent déjà à combler au quotidien leurs besoins de main-d’œuvre, ou encore à des travailleurs qui ne peuvent tout simplement pas s’absenter.

Le gouvernement Trudeau entend donc consulter les gouvernements des provinces et territoires « sur les changements pouvant être apportés aux lois du travail afin d’appuyer de nouvelles dispositions concernant les congés », peut-on lire dans les documents budgétaires.

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