•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des organismes veulent l'annulation du concert de l'ex-président haïtien Martelly

Michel Martelly est aussi connu comme le chanteur Sweet Micky. Il a aussi été élu président d'Haïti. Ici il est en campagne électorale le 25 novembre 2010 Photo: Getty Images / Joe Raedle
La Presse canadienne

Des Montréalais d'origine haïtienne exhortent les autorités fédérales et montréalaises à annuler le prochain concert de l'ancien président haïtien Michel Martelly, évoquant ses propos misogynes et son rôle présumé dans des scandales de corruption.

Lundi, divers organismes ont écrit à la mairesse Valérie Plante afin de lui demander « d'user de tout son pouvoir politique » pour que M. Martelly ne puisse pas entrer à Montréal en vue de son spectacle qu'il doit présenter vendredi.

Michel Martelly est un « misogyne notoire qui fait l'apologie du viol », ont écrit les sept organismes signataires, dont la Maison d'Haïti et le Regroupement québécois des centres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQ CALACS).

Selon eux, la situation est d'autant plus problématique que le controversé régime en place en Haïti est « l'héritier du parti de [Michel] Martelly, un ex-président d'Haïti dont l'administration est également impliquée dans le scandale de corruption et de détournements de fonds ».

L'ancien président haïtien Michel Martelly se tient debout devant deux micros à la tribune de l'ONU. L'ancien président haïtien Michel Martelly a prononcé un discours lors de la 69e Assemblée générale des Nations Unies le 26 septembre 2014, à New York. Photo : Reuters / Lucas Jackson

Marie Dimanche, une membre de la communauté haïtienne à Montréal, croit que le chanteur n'a pas sa place à Montréal.

Mme Dimanche a récemment fondé le groupe Solidarité Québec-Haïti en réaction aux manifestations antigouvernementales qui ont cours au pays en raison du coût de la vie grandissant et de la prétendue disparition de milliards de dollars du fonds PetroCaribe – un programme de subvention du pétrole destiné à aider le peuple haïtien défavorisé.

Bien que personne n'ait été accusé dans cette affaire, une enquête du Sénat haïtien allègue qu'au moins 14 membres de l'administration Martelly seraient impliqués dans un détournement de fonds.

En entrevue téléphonique, Mme Dimanche a fait valoir que l'ancien président avait eu des propos dégradants et violents à l'égard des femmes. Elle ne juge « pas acceptable » d'accueillir quelqu'un qui a un discours haineux visant la moitié de la population.

Le cas de Dieudonné

L'humoriste français Dieudonné. L'humoriste français Dieudonné Photo : Getty Images / AFP/Miguel Medina

Mme Dimanche et son groupe espèrent que Mme Plante dira que Michel Martelly n'est pas le bienvenu à Montréal, comme l'ancien maire Denis Coderre l'avait fait en 2016 avec Dieudonné.

L'humoriste français, qui avait été accusé plusieurs fois en Europe relativement à des infractions de discours haineux, s'était rendu à Montréal, mais il était retourné en France sans donner de spectacle, ce qui laissait entendre qu'il avait été refoulé aux frontières.

Un porte-parole de Valérie Plante a affirmé que la Ville aborderait la question avec le gouvernement fédéral, étant donné qu'il s'agit de sa responsabilité.

Si M. Martelly réussit à entrer au pays, Mme Dimanche a prévu manifester à l'extérieur de la salle pour interrompre le concert.

Cette possibilité ne semblait pas effrayer le promoteur du spectacle, Carl-Edward Osias, qui connaît personnellement l'ancien président.

En entrevue la semaine dernière, M. Osias a affirmé que les spectacles de Michel Martelly s'étaient avérés populaires par le passé.

Selon lui, les organisations ne comprennent tout simplement pas le personnage du chanteur, Sweet Micky, qui est « provocateur ».

Une autre lettre en janvier

L'homme porte un casque et se tient devant un micro de radio. Le sociologue Frédéric Boisrond Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Le sociologue québécois Frédéric Boisrond a écrit au premier ministre Justin Trudeau et à plusieurs autres ministres en janvier pour leur demander d'interdire l'entrée au chanteur, décrit comme « misogyne, violent et dangereux ».

« Je ne crois pas qu'au Canada, alors qu'on vient à peine de célébrer la Journée des droits de la femme, que c'est le type de discours qu'on devrait entendre dans notre pays », a-t-il expliqué en entrevue.

M. Boisrond dit avoir reçu une réponse du bureau du premier ministre, de la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland et du ministre de la Sécurité publique Ralph Goodale.

Ils lui ont répondu qu'ils étudiaient cette question, mais que la décision finale devrait être prise par le ministre de l'Immigration Ahmed Hussen.

Le bureau du ministre Hussen a indiqué qu'il ne pouvait commenter de dossier spécifique sans le consentement de la personne concernée.

Grand Montréal

Arts