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Un groupe d'étudiants de l'USB milite pour un cours obligatoire sur l'histoire autochtone

Centre étudiants de l'USB.

Le centre étudiant de l'USB

Photo : Radio-Canada

Abdoulaye Cissoko

Un groupe d'étudiants de l'Université de Saint-Boniface (USB) souhaite que l'enseignement d'un cours sur l'histoire autochtone soit rendu obligatoire. Les étudiants se prononceront sur la question la semaine prochaine à l'occasion d'un référendum.

Le vote aura lieu du 25 au 28 mars, lors des élections pour le renouvellement du bureau de l'Association étudiante de l'Université de Saint-Boniface (AEUSB). Les membres devront dire si, oui ou non, ils sont en faveur d’un cours obligatoire sur l'histoire autochtone.

Erika Tétrault est elle-même Métisse et étudiante en 3e année à l'École de travail social de l’USB. Elle fait partie du Comité de sensibilisation des perspectives autochtones, un groupe de 12 membres qui milite pour cette initiative.

Erika Tétrault, étudiante à l'USB.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Erika Tétrault, étudiante en 3e à l'École de travail social de l’USB

Photo : Radio-Canada

Selon elle, il est important d'offrir un tel cours. « Comme presque tout le monde au Canada, on n'a pas suffisamment de connaissances sur notre histoire et sur tout ce qui s’est passé concernant les peuples autochtones. De ce fait, il y a beaucoup de racisme et de stigmatisation avec des conséquences négatives sur les Premières Nations. »

Elle affirme que la meilleure façon d'y remédier est de sensibiliser le public et d'en apprendre davantage sur l’histoire des Autochtones, ce qui permettra d'avoir une meilleure relation avec eux.

Le président de l'AEUSB, Cheikh Ousmane Ben Youssouf Marega, est du même avis. Il pense qu'un cours sur l'histoire autochtone sera également bénéfique pour les étudiants étrangers qui, lorsqu'ils arrivent au Canada, ne sont pas au courant de la réalité des Premières Nations.

Cheikh Ousmane Ben Youssouf Marega, président de l'Association étudiante de l'USB.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Cheikh Ousmane Ben Youssouf Marega, président de l'Association étudiante de l'USB

Photo : Radio-Canada

« J’ai eu la chance d'être sensibilisé à cette question parce que j'étais au programme de travailleur social de l’USB. De plus, mon frère, qui était déjà établi au Manitoba, m’en a parlé. Toutefois, tel n'est pas le cas de tous les étudiants internationaux qui ont des préjugés sur les Autochtones, notamment à cause de ceux qu'ils voient au centre-ville de Winnipeg. C'est ce que justement on veut éviter grâce à ce cours », souligne-t-il.

L'initiative est également soutenue par l'Association des professionnels et professeurs de l'USB.

L'un de ses vice-présidents, David Alper, affirme qu'un tel cours s'impose quasiment parce que c'est à Winnipeg que l'on recense la population autochtone la plus importante en milieu urbain au pays.

Pourtant, fait-il remarquer, bon nombre de gens ne sont pas très au courant ni de leur histoire ni de leur réalité contemporaine. « Combien de gens savent que l'eau potable que nous buvons à Winnipeg provient de la communauté autochtone de Shoal Lake, située à la frontière de l'Ontario et du Manitoba, et que depuis 20 ans maintenant cette communauté n'a pas accès à l'eau potable? », demande David Alper.

David Alper professeur à l'USB.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

David Alper, vice-président de l'Association des professionnels et professeurs de l'USB.

Photo : Radio-Canada

Afin d'encourager les étudiants et les professeurs à voter pour le oui, le comité fait le tour des classes pour sensibiliser enseignants et étudiants.

Erika Tétrault affirme que, jusqu'à présent, l'interaction s'est bien passée. Selon elle, beaucoup de personnes trouvent que c'est une bonne idée. Elle espère que celle-ci sera plébiscitée au référendum.

Même si le vote est symbolique, car la décision d'instaurer un cours n’est pas du ressort des étudiants, Erika Tétrault pense que si le oui l'emporte la semaine prochaine, ce serait un pas important dans la bonne direction. « Si l'Université voit que les étudiants sont vraiment intéressés pour avoir ce cours, cela pourrait mettre la pression sur l'administration », note-t-elle.

Pour David Albert, le oui enverrait aussi le message à tout le monde qu'il faudra faire quelque chose afin de combattre les stéréotypes envers les Premières Nations.

Le Comité de sensibilisation des perspectives autochtones ne fixe pas les modalités du cours, mais il souhaite qu’il soit offert aux étudiants avant l'obtention de leurs diplômes.

À l'Université de Winnipeg, les étudiants du premier cycle doivent suivre au moins un cours sur les questions autochtones depuis la rentrée scolaire de 2016.

Manitoba

Éducation