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Google lance Stadia, le « Netflix des jeux vidéo »

Le reportage de Vincent Maisonneuve
Radio-Canada

Google a dévoilé mardi Stadia, un service surnommé le « Netflix des jeux vidéo ». L'entreprise a annoncé du même souffle la création de Stadia Games and Entertainment, son propre studio de jeux vidéo supervisé par la Montréalaise Jade Raymond.

Stadia sera un service entièrement dématérialisé en flux continu, ce qui signifie qu’il ne nécessitera pas de console de jeux traditionnelle pour fonctionner. Les calculs habituellement effectués chez les joueurs par leur propre machine seront plutôt faits dans le nuage par les puissants serveurs de Google.

Le résultat de ces opérations sera renvoyé vers des appareils Pixel ou Chromecast ou encore vers un fureteur web Chrome, le tout en résolution 4K à 60 images par seconde. Les joueurs pourront donc s’amuser sur différents appareils, des tablettes aux ordinateurs en passant par les téléphones et les téléviseurs intelligents.

Des jeux entièrement virtuels

Grâce à cette nouvelle technologie, les jeux vendus pour la plateforme Stadia ne seront donc pas offerts sur des supports physiques comme des disques ou des cartouches. Ils seront remplacés par une bibliothèque personnelle en ligne rassemblant tous les achats de l'utilisateur, un concept de plus en plus présent sur consoles et très répandu sur PC.

Les jeux n’auront pas besoin d’être téléchargés, ce qui permettra d’y jouer instantanément. L’entreprise a par exemple indiqué qu’un utilisateur regardant une vidéo d’un jeu sur YouTube n’aurait qu’à appuyer sur un bouton pour lancer le jeu immédiatement.

Des images de la présentation de Google le 19 mars. La plateforme Stadia permet de jouer depuis n'importe quel appareil. Photo : Reuters / Stephen Lam

Il sera même possible de créer une sauvegarde agissant comme une sorte de signet virtuel dans un jeu et de la partager avec la communauté. Les joueurs du monde entier pourraient donc commencer une partie à partir d’un point déterminé par un autre joueur.

L’un des premiers jeux à voir le jour sur Stadia sera Doom Eternal du studio id Software, la suite attendue du jeu à succès Doom, sorti en 2016.

Le PDG d'Ubisoft Yves Guillemot a également indiqué que le géant français sera de la partie. « La puissance et la facilité d’accès du streaming va donner à des milliards de personnes à travers le monde la possibilité de jouer aux jeux vidéo dans le futur, a indiqué Yves Guillemot dans un communiqué. Nous sommes fiers d’annoncer notre partenariat avec Google et la plateforme Stadia, en capitalisant sur ce que nous avons appris avec Project Stream et Assassin’s Creed Odyssey. Ce n’est que le début et nous sommes impatients de dévoiler la suite de notre collaboration avec Google sur Stadia. »

Google affirme que plus d’une centaine de studios disposent déjà d’outils de développement pour Stadia, ce qui devrait permettre au service d’offrir un bon roulement de jeux dans l’avenir.

La manette dévoilée

Google a profité de la présentation de Stadia pour montrer la manette de jeu qui sera associée à ce service. Celle-ci, offerte en différentes couleurs, offre une disposition des boutons semblable à celle d’une manette de PlayStation (deux manches analogiques au centre, une croix directionnelle à gauche et quatre boutons à droite).

Manette de jeu vidéoVoici à quoi ressemble la manette de jeu vidéo imaginée par Google. Photo : Reuters / Stephen Lam

La manette se différencie de celles de ses rivaux par le fait qu’elle inclut un bouton permettant d’enregistrer et de publier ses parties instantanément sur YouTube et un autre permettant d’accéder à l’assistant vocal de Google. Elle fonctionnera avec tous les systèmes compatibles avec Stadia, y compris les téléphones intelligents et les tablettes. Ceux qui joueront sur ordinateur pourront également utiliser des manettes USB de concurrents.

Un marché d’avenir

Le service doit être lancé d’ici la fin de l’année au Canada, aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Europe. On ignore combien coûteront l’abonnement, les jeux et la manette, mais l’entreprise affirme qu’elle fournira plus de détails à ce sujet cet été.

Logo de StadiaSundar Pichai, le président-directeur général de Google, a dévoilé mardi Stadia, le dernier-né de Google, qui signe l'entrée de l'entreprise dans l'arène des jeux vidéo. Photo : Reuters / Stephen Lam

Google devrait faire face à beaucoup de concurrence sur le marché des jeux vidéo dématérialisés en flux continu au cours des prochaines années. Microsoft prépare son propre service du genre, tandis que Nvidia et Sony permettent déjà de jouer à des jeux à partir du nuage. Des rumeurs laissent également entendre qu’Amazon pourrait tenter de percer le marché au cours des prochains mois.

Un studio consacré à Stadia

Pendant la présentation, Google a également annoncé la fondation de Stadia Games and Entertainment, un studio qui aura pour mission de concevoir des jeux vidéo exclusifs au service Stadia. Le studio sera dirigé par la Montréalaise Jade Raymond, qui s’est récemment jointe à Google à titre de vice-présidente.

Jade Raymond assise dans un fauteuilJade Raymond a contribué à créer la série de jeux vidéo Assassin's Creed lorsqu'elle travaillait à Ubisoft Montréal. Photo : La production est encore jeune inc. / Karine Dufour

Mme Raymond est une figure très respectée dans le milieu des jeux vidéo pour avoir joué un rôle central dans la création de la série Assassin’s Creed à Ubisoft Montréal avant de fonder la succursale torontoise du géant français. Elle était ensuite passée à Electronic Arts, où elle chapeautait notamment la série Star Wars.

Avec les informations de The Verge, CNBC, et IGN

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