•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les régions sauvages de Jean-Sébastien Côté

La pochette de l'album Wilderness présente une illustration d'une plante et de ses racines.

La pochette de l'album Wilderness, de Jean-Sébastien Côté

Photo : Jean-Sébastien Côté/Jake Haynes

Jean-François Chevrier

Sur Wilderness, le compositeur et concepteur sonore Jean-Sébastien Côté explore en musique l'état variable d'une nature grandiose. Sans couplet ni refrain, l'artiste de la région offre à son interlocuteur un doux voyage auditif qui tend à la réflexion.

Ce créateur primé qui habite la capitale canadienne depuis huit ans a un parcours professionnel qui impressionne. En plus d’avoir conceptualisé la musique pour le théâtre de Wajdi Mouawad, Daniel Brook et François Girard, les créations sonores de Jean-Sébastien Côté ont servi la plupart des spectacles de Robert Lepage depuis 1999.

Les ambiances musicales des spectacles 887, Les aiguilles et l’Opium, Le Dragon bleu et Le Projet Anderson ont toutes été conçues intimement avec le créateur québécois. Les conceptions sonores de Côté lui ont d’ailleurs valu le prix Gascon-Roux du Théâtre du Nouveau-Monde à deux reprises.

Jean-Sébastien Côté est debout devant un mur.

Un portrait de Jean-Sébastien Côté.

Photo : Facebook/JS Cote

C’est après avoir composé la musique pour le spectacle de danse contemporaine Something About Wilderness de la chorégraphe Mélanie Demers que Jean-Sébastien Côté a décidé d’enregistrer ce plus récent opus.

Les titres, d’abord composées pour la scène à l’aide de synthétiseurs, ont été enregistrés de nouveau en y ajoutant quatre violonistes de l’Orchestre du Centre national des arts. L’artiste soutient s’inspirer du paradoxe que présente la nature dans son état sauvage. Le résultat est un album aux textures plus organiques.

L’album compte neuf titres grâce auxquels l’auditeur entreprend un voyage en solitaire de 35 minutes. Dès les premières secondes de la pièce d’ouverture, l’oreille est enveloppée de longues séquences de cordes et de crescendos majestueux. Plus tard, la cinématographique Beautiful Racket provoque un sentiment d'incertitude, au point où on a hâte d’entendre les notes réconfortantes et soutenues de Caring To Death. Dans Impossible Meetings, l’auditeur reçoit des sonorités rythmiques statiques évoquant des courants électriques.

Wilderness est un album contemporain réalisé avec minutie. L’utilisation d’instruments acoustiques appuie généreusement les séquences synthétisées, et les multiples couches de son apportent aux pièces une profondeur saisissante. Les cordes servent de fil conducteur d’une mélodie à l’autre, même si chaque morceau s’avère, en soi, un univers isolé.

La séparation du son de sa chorégraphie d’origine, donc du support visuel pour appuyer la proposition musicale, comporte certes le risque de décrocher en cours de route. Pour certains, l’écoute de l’album sera donc plus difficile. Néanmoins, l’oeuvre de Jean-Sébastien Côté dénote le travail et la passion d’un artiste de grand talent.

Il y a quatre étoiles noires et deux qui sont grises.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Jean-François donne la note de 4 sur 5 à cet album.

Photo : Radio-Canada

Ottawa-Gatineau

Musique