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Le premier budget de Blaine Higgs sauvé par Ottawa

Le ministre des Finances du Nouveau-Brunswick, Ernie Steeves, présente le premier budget du gouvernement progressiste-conservateur de Blaine Higgs.

Photo : Radio-Canada / Catherine Allard

Anaïs Brasier

Le gouvernement progressiste-conservateur de Blaine Higgs a déposé mardi matin un budget équilibré, notamment grâce à l'augmentation des transferts fédéraux et à des compressions de quelques millions de dollars à droite et à gauche. Il est ainsi « sauvé par un programme qu'il dénonce », lance l'économiste Richard Saillant.

Les recettes du gouvernement augmentent de 199 millions de dollars entre 2018-2019 et 2019-2020. Mais seulement 24 millions de dollars, soit 12 % de ces revenus, proviennent de recettes autonomes du Nouveau-Brunswick. Notons qu’il a été annoncé en décembre 2018 que le Nouveau-Brunswick recevra 185 millions de dollars de plus en transferts fédéraux.

Le budget en bref

  • Surplus : 23 millions de dollars
  • Recettes : 9,846 milliards de dollars
  • Dépenses : 9,823 milliards de dollars
  • Dette nette : diminue de 49 millions de dollars, mais demeure malgré tout autour de 14,1 milliards de dollars

Cela, en plus de petites compressions à droite et à gauche, permet au gouvernement de Blaine Higgs de présenter un budget avec un surplus de 23 millions de dollars et une réduction de la dette de 49 millions de dollars.

C’est la première fois en 13 ans que le Nouveau-Brunswick prévoit un budget équilibré (le budget avait été équilibré lors des deux dernières années, mais cela n’avait pas été prévu).

Un budget rigoureux, mais sans grandes vagues

Si l’essentiel des recettes supplémentaires provient du fédéral, le gouvernement de Blaine Higgs présente tout de même un budget rigoureux, mais sans grandes vagues, assure l’économiste Richard Saillant. C’est-à-dire que les augmentations sont très peu importantes par rapport à l’inflation, et qu’il n’y a aucune compression choquante.

On est en campagne électorale perpétuelle, dit Richard Saillant, rappelant que les progressistes-conservateurs forment présentement un gouvernement minoritaire.

L'économiste Richard Saillant en entrevue au Téléjournal Acadie le 1er février 2019Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'économiste Richard Saillant.

Photo : Radio-Canada

Par exemple, on observe une très légère augmentation du budget pour le ministère de la Santé, soit une augmentation de 1,8 %. Selon l’économiste Richard Saillant, cette augmentation suit à peine l’inflation et représente plutôt le statu quo. Cela veut dire que le gouvernement devra tôt ou tard faire des compressions en santé : La qualité des services pourrait écoper, lance Richard Saillant.

Partout dans le budget, les augmentations sont à cette image et peinent à suivre l’inflation. Certaines hausses sont un peu plus considérables, comme celle pour les soins aux aînés, qui est de 4,2 %. C’est un peu la représentation du vieillissement de la population, explique l’économiste.

Des compressions pour qui?

Le gouvernement fait essentiellement de petites compressions à droite et à gauche, mais certains secteurs sont davantage touchés, dont ceux des femmes, des plus démunis et du tourisme.

Par exemple, le budget du Conseil des femmes du Nouveau-Brunswick passe de 671 000 $ à 429 000 $, ce qui représente une diminution de 36 %.

Du côté du développement social, on voit une diminution de la sécurité du revenu qui passe d’environ 236 millions de dollars à environ 230 millions. Le budget des services d’habitation passe d’environ 100 millions de dollars à 91 millions. Cela veut dire que le budget accordé à l’aide pour les plus pauvres diminue d’environ 15 millions de dollars.Je peux vous assurer que si Dorothy Shephard, ministre du Développement social, pense qu'on peut couper là, c'est qu'elle a trouvé une autre façon d'aider les pauvres, lance toutefois Ernie Steeves, sans plus d'explication sur ces compressions.

Dorothy Shephard, ministre du Développement social du Nouveau-Brunswick, en point de presse.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Dorothy Shephard, ministre du Développement social du Nouveau-Brunswick, a rencontré les médias après l'interruption des négociations.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

Le budget pour le tourisme passe d’environ 20 millions de dollars à environ 13 millions de dollars. Il diminue de plus de 35 %.

Les compressions et les choix auraient toutefois été plus difficiles à faire sans les transferts fédéraux, rappelle Richard Saillant.

Dans le fond, ils ont décidé de taper dur avec le budget d’immobilisations, dit Richard Saillant, rappelant que le gouvernement a annoncé en décembre dernier qu’il dépensera 215 millions de dollars de moins que l’an dernier en immobilisations.

Une surprise pour les francophones

Depuis l’élection des progressistes-conservateurs de Blaine Higgs et de trois députés de l’Alliance des gens, des Néo-Brunswickois francophones s’inquiètent d’être peu représentés au sein du gouvernement, dont un seul député, Robert Gauvin, est francophone.

Ils pourraient donc être surpris d’apprendre que le budget du Bureau du commissaire aux langues officielles augmentera en 2019-2020 par rapport à 2018-2019. Il passera en effet de 544 000 $ (budget révisé) à 680 000 $ (prévision). C’est une augmentation de 25 %.

Le ministre des Finances Ernie Steeves s'est présenté mardi midi devant les journalistes réunis en huis clos pour prendre connaissance du budget. Il avait toutefois peu de réponses aux nombreuses questions et conseillait aux journalistes de poser leurs questions directement aux différents ministères.

Même constat du côté des groupes d'intérêt, installés dans une autre salle que celle des médias. Lors des années précédentes, des sous-ministres étaient présents pour répondre à leurs questions, mais pas cette année.

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