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La Société de transport de Sherbrooke répond-elle aux attentes?

Un programme pour inciter les employés de l'UdeS à utiliser le transport en commun.

Le service d'autobus de Sherbrooke est-il facile à utiliser?

Photo : Radio-Canada

Fanny Lachance-Paquette

Pour limiter les impacts des changements climatiques, plusieurs Québécois se tournent vers les transports en commun. Pourtant, le dernier rapport annuel de la Société de transport de Sherbrooke (STS) rapporte une diminution de l'achalandage de 1,6 %. Comment expliquer ce manque d'intérêt? Radio-Canada Estrie a testé le réseau.

Le réseau

Avec ses 36 lignes, autant d’autobus, de minibus que de taxibus, la STS arrive à couvrir une bonne partie du territoire sherbrookois, même dans certains secteurs moins densément peuplés. Les endroits les plus fréquentés sont particulièrement bien desservis, soit l’Université de Sherbrooke, le Cégep de Sherbrooke, le CHUS et le Carrefour de l’Estrie. Les options pour se rendre à ces endroits sont nombreuses et les passages sont relativement fréquents.

La desserte du CHUS s’explique notamment par le fait que le CIUSSS de l’Estrie-CHUS dispose d’un partenariat avec la STS. Ses 17 000 employés peuvent emprunter gratuitement les transports en commun. Un réseau de stationnement incitatifs et de navettes express menant aux divers bâtiments est aussi bien instauré.

Un abribus au CHUS-Fleurimont

Les employés du CHUS peuvent emprunter gratuitement les transports en commun.

Photo : Radio-Canada

Les deux universités de la ville, le Cégep de Sherbrooke ainsi que la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke ont aussi des ententes particulières pour offrir des titres de transport à moindres coûts à leurs employés.

Bien que le réseau soit étendu et se rende plutôt loin dans aux deux extrémités de la ville, de Saint-Elie à Fleurimont, certaines incongruités demeurent.

Par exemple, il est possible de se rendre facilement de Rock-Forest au Cégep de Sherbrooke. Un étudiant résidant au coin des rues président-Kennedy et de Gaspé mettra 39 minutes en autobus pour se rendre au Cégep. À titre comparatif, le même déplacement, à la même heure, en voiture prendra 22 minutes.

Par contre, un employé qui habite au coin des rues Marini et Mi-Vallon et qui doit se rendre à l’entreprise Mesotec, située sur le boulevard de Portland, devra calculer 29 minutes pour son déplacement en autobus. À noter qu’à pied, se rendre de son travail à la maison lui prendra 21 minutes, il s’agit d’un trajet de 2 km.

Un des constats faits au cours des nombreux trajets effectués lors de cette semaine de test est que les transferts sont nombreux. À moins de se rendre de l’un des points d’attraits majeurs mentionnés plus haut à un autre, les probabilités sont fortes qu’il faudra changer de ligne d’autobus.

Une ligne directe sur la rue King, telle que proposée par la députée solidaire Christine Labrie, pourrait améliorer l’expérience des usagers. Le président de la STS, Marc Denault, n’exclue pas complètement cette option, mais la Société de transport prévoit plutôt ajouter de la fréquence à une ligne existante à court terme plutôt que de créer de nouvelles lignes.

La STS en chiffres

  • 18 lignes d’autobus
  • 13 lignes de minibus
  • 5 lignes de taxibus
  • 1478 arrêts
  • en service de 6 h à 0 h 30 en semaine
  • en service de 7 h à 0 h 30 la fin de semaine
  • Coût d’un passage 3,30 $

Les chauffeurs

L’expérience visait aussi à analyser le comportement des chauffeurs. En 2017, la STS a reçu 980 plaintes. De celles-ci, 583 concernaient l’attitude du personnel.

Le bilan est positif. Lors de la trentaine de trajets empruntés, les chauffeurs n’ont commis aucune infraction au Code de la sécurité routière et étaient courtois avec la clientèle.

« On a un bon échange et une bonne coopération usagers-chauffeurs en général. [...] On est chanceux ici comparativement à des grandes villes comme Montréal et Laval où c’est plus impersonnel » soutient le vice-président du syndicat des chauffeurs de la STS, André Marsan.

Les 5 à 7

L’utilisation des transports en commun par les étudiants de l’Université de Sherbrooke a causé bien des remous au cours des dernières années. Force est de constater que la STS aussi bien que la Fédération étudiante de l’Université de Sherbrooke (FEUS) ont pris des mesures sérieuses pour limiter les débordements lors des soirs de 5 à 7.

Est-ce qu’il y a encore des débordements? Oui, c’est sur, c’est des gens en état d’ébriété. Mais l’amélioration est au-delà de 75 %.

André Marsan, vice-président du syndicat des chauffeurs de la STS

Radio-Canada Estrie a pris plusieurs trajets d’autobus en partance ou à destination de l’Université de Sherbrooke lors d’un de ces fameux 5 à 7. Il a été constaté que de très nombreuses personnes attendaient l’autobus au débarcadère principal du campus, mais qu’une sécurité supplémentaire était mise en place. Des membres de la FEUS, clairement identifiés, empêchaient les étudiants de marcher sur la voie réservée aux autobus. Ils s'assuraient aussi que les étudiants qui montent à bord des autobus soient courtois. La STS a aussi des ressources supplémentaires sur le terrain et un agent de sécurité se trouve à bord de chacun des autobus.

Lors des déplacements faits par Radio-Canada Estrie, les autobus étaient remplis à capacité maximale. Nous avons même été refusés dans l’un d’eux parce qu’il contenait le nombre maximal de passagers. Même si les étudiants étaient bruyants, ils étaient toutefois civilisés.

Plus d’abribus et des abribus chauffés

Lors de la semaine d’analyse de Radio-Canada Estrie, le mercure frôlait quotidiennement les moins 20 degrés. Sur les 1478 arrêts d'autobus, seuls 198 sont munis d’abribus. On en retrouve très peu sur les tracés reliant les quartiers résidentiels de Rock-Forest au Cégep de Sherbrooke. Pourtant, ces lignes sont fortement empruntées par les étudiants.

Entre 10 et 15 abribus sont ajoutés annuellement sur le territoire de la STS souligne son président. Marc Denault soutient que des abribus chauffés font partie du plan de déploiement de 2019.

Un hiver difficile

Le rude hiver n’a pas épargné les usagers du transport en commun. En plus de devoir affronter le froid, leurs déplacements étaient rendus difficiles par des arrêts mal déneigés et glacés.

Le président de la STS explique que seuls trois appareils sont dédiés au déneigement des arrêts d’autobus. Il croit qu’un engagement additionnel du conseil municipal sera nécessaire afin d’augmenter l’enveloppe budgétaire du service de la voirie dédiée à ces travaux.

La mobilité réduite

Les plus grands pénalisés par les conditions des trottoirs et des arrêts sont sans doute les usagers à mobilité réduite de la STS. Le Regroupement des usagers du transport adapté de Sherbrooke métropolitain (RUTASM) fait, par contre, la part des choses. La Ville a une responsabilité de déneiger, la STS en a une, mais moindre souligne la coordonnatrice de l'organisme, France Croteau.

Cette dernière soutient que les personnes à mobilité réduite s’empêchent alors de sortir.

On vit encore sous un régime de compression!

France Croteau, coordonnatrice RUTASM

Des contraintes sont toujours présentes pour obtenir des places de transport au moment désiré. Le RUTASM constate aussi une diminution de l’achalandage: les jeunes abandonnent le transport adapté. Ils reviennent à demander à leur famille, croit-elle.

Mme Croteau soutient que la STS accuse un retard comparativement à bien des sociétés de transport au Québec. Son regroupement souhaiterait que les autobus des lignes régulières soient adaptés afin que les personnes handicapées puissent prendre les mêmes autobus que les autres.

Marc Denault soutient aussi que la STS a pour objectif d’offrir l’accessibilité universelle. Une attention particulière aux questions d’accessibilité est aussi portée lors de la création de nouvelles infrastructures.

La démarche

Pour obtenir ce portrait du service de la STS, notre journaliste a pris l’autobus pendant une semaine complète de travail, du lundi au vendredi. Les déplacements ont été faits entre 7 h et 22 h 30.

Si vous avez des histoires à partager concernant la STS, communiquez avec nous à fanny.lachance-paquette@radio-canada.ca

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