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Les gagnants et les perdants du premier budget Higgs

Les manifestants brandissent de grandes pancartes en forme de poing levé.

Une foule de manifestants s'est massée devant l'édifice de l'Assemblée législative à Fredericton.

Photo : Radio-Canada / Catherine Allard

Radio-Canada

Des groupes profitent de la présentation du budget du Nouveau-Brunswick pour manifester devant l'édifice de l'Assemblée législative à Fredericton mardi midi. Le budget marqué par les compressions budgétaires frappe les travailleurs de la fonction publique, tandis que les milieux d'affaires évitent de nouvelles taxes.

Des centaines de manifestants à bord d'autobus scolaires ont convergé vers l'Assemblée législative mardi après-midi. Parmi eux, des employés des foyers de soins ont réclamé haut et fort de meilleurs salaires et meilleures conditions de travail.

Alors que le gouvernement prévoit dégager 49 millions $ en surplus budgétaire, le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) aurait préféré voir cette somme investies dans les salaires des employés de la fonction publique.

Il a balancé le budget sur le dos des travailleurs et des travailleuses.

Daniel Légère, président du SCFP Nouveau-Brunswick
Daniel Légère, président du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) au Nouveau-Brunswick.

Daniel Légère, président du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) au Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Gilles Landry

Ça fait 10 ans que les travailleurs dans le secteur public se font demander de serrer la ceinture, s'indigne M. Légère. À terme, il craint que les services à la population déclinent. Le SCFP représente environ 30 000 travailleurs dans la province.

Il est temps d’écouter les travailleurs. Les travailleurs à travers la province sont écoeurés, spécialement les travailleurs des foyers de soins. , affirme un représentant du Congrès du travail du Canada, Serge Landry, lui-même ancien travailleur d’un foyer de soins.

Le premier ministre Blaine Higgs a tenté de défendre les politiques de son gouvernement en expliquant que la province doit relever des défis financiers et que cela concerne tous les citoyens. Blaine Higgs a eu de la difficulté à se faire entendre, hué par les manifestants.

Blaine Higgs est entouré de manifestants devant l'édificeAgrandir l’image

Le premier ministre Blaine Higgs rencontre des manifestants.

Photo : Radio-Canada / Guy R. LeBlanc

Le budget présenté par son gouvernement comprend du financement pour augmenter les salaires de 18 groupes de travailleurs syndiqués dont la convention collective est échue ou arrive à son échéance. Aucune précision n’est toutefois fournie quant à la possibilité d’offrir de meilleurs salaires pour conclure une entente avec les travailleurs des foyers de soins.

Des perdants

Parmi les secteurs les plus durement touchés par les compressions, le Conseil des femmes du Nouveau-Brunswick perd le tiers de son budget. On s’inquiète de l’importance donnée à l’égalité des genres dans ce budget, observe la directrice générale du Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick, Nelly Dennene.

La centaine de postes menacés dans le secteur public, où travaillent les femmes en grande proportion, est de mauvais augure. Dès le moment qu’on coupe, ça a un effet significatif sur l’égalité entre les hommes et les femmes, affirme Mme Dennene.

L’équité entre les genres, c’est aussi une croissance économique.

Nelly Dennene
Nelly Dennene, directrice générale Regroupement féministe du N.-B, devant son ordinateur

Nelly Dennene, directrice générale Regroupement féministe du N.-B., invite les gens à participer à la campagne de sensibilisation.

Photo : Radio-Canada / Catherine Dumas

La directrice générale de la Coalition pour l’équité salariale, Johanne Perron, se réjouit néanmoins des investissements pour les salaires des éducatrices en garderie et le secteur des soins, mais il manque encore trop de détails pour saluer le premier budget Higgs.

On sait que pour les femmes, avec les infrastructures sociales en place, elles ont la capacité de participer pleinement au marché du travail, prévient Johanne Perron.

Et des gagnants

Le secteur privé semble bénéficier d’un environnement fiscal favorable sous les auspices du tandem Higgs-Steves. Pas de fardeau supplémentaire, pas de nouvelles taxes, pas de nouveaux impôts, le présage d’une recette gagnante aux yeux du PDG du Conseil économique du Nouveau-Brunswick, Thomas Raffy.

Le président du Conseil économique du Nouveau-Brunswick Thomas Raffy

Le président du Conseil économique du Nouveau-Brunswick Thomas Raffy

Photo : Radio-Canada / Catherine Allard

La réduction de la dette et la prévision d’un surplus budgétaire sont les signes d’un budget « très encourageant », croit-il. Mais tout n’est pas rose.

Du point de vue des exportations, de diversification des marchés, il n’y a rien dans le budget qui touche à ça, qui parle de ça, même de la création de revenus liés à l’exportation, observe l’économiste.

Le directeur provincial de la Fédération canadienne des entreprises indépendante, Louis-Philippe Gauthier, parle d'une « victoire ». Le gouvernement Higgs n'appliquera pas les mesures du fédéral sur les investissements passifs des entreprises. Plusieurs entreprises éviteront de voir leur taxation augmenter.

Le français indemne

Après le budget de Doug Ford dévastateur pour les Franco-Ontariens en novembre, Blaine Higgs a préféré épargner les communautés acadiennes.

Le Commissariat aux langues officielles du Nouveau-Brunswick bénéficie d’une première augmentation substantielle de son budget depuis sa création. On nous en a donné quand même beaucoup plus, reconnaît le commissaire, Michel A. Carrier.

Au cours des années, on n’avait pas les sous pour faire les programmes qu’on voulait, déplore M. Carrier. Il fallait cogner à la porte du ministère des Affaires intergouvernementales, ce qui est un peu maladroit quand on est une agence indépendante.

L’influence de Kris Austin dans l’exercice budgétaire n’aura donc pas eu les conséquences escomptées. Je ne craignais pas l’abolition du Commissariat, affirme Michel A. Carrier à cet égard.

Je suis content d’une chose, il n’y a pas de processus de désinstitutionnalisation comme en Ontario, a réagi le président de la Société de l’Acadie au Nouveau-Brunswick (SANB), Robert Melanson. Il se dit même « agréablement surpris » de l’augmentation du budget du Commissariat aux langues officielles.

Le nord de la province pâtit toutefois du nouvel exercice budgétaire, juge Robert Melanson. Si on veut une économie forte au Nouveau-Brunswick, il va falloir commencer à regarder qu’est-ce qui se passe dans les régions rurales et les régions acadiennes.

Avec des renseignements de Michèle Brideau, Catherine Allard et de Hadeel Ibrahim, de CBC

Nouveau-Brunswick

Politique provinciale