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Le ministre de l'Éducation veut ramener des enseignants retraités au travail pour faire de la suppléance

Le reportage de Jean-Philippe Robillard.
Radio-Canada

Québec veut convaincre des enseignants à la retraite de réintégrer les salles de classe afin de combler à court terme la pénurie de suppléants dans les commissions scolaires. Le ministre Jean-François Roberge affirme que le budget, qui sera dévoilé jeudi, enverra « un signal très clair que les profs ne sont pas laissés à eux-mêmes ».

Chaque semaine dans la commission scolaire de Laval, des élèves se retrouvent sans enseignant parce qu'aucun suppléant n'est disponible. La pénurie s'est fait sentir notamment en février, alors que 40 % des enseignants n'ont pas été remplacés dans les écoles primaires lavalloises.

Cette pénurie d'enseignants n'est pas unique dans la province.

Mardi, le ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, a reconnu dans une mêlée de presse que certaines écoles vivaient « des situations extrêmement difficiles ».

Pour remédier rapidement à cette pénurie d'enseignants, le ministre Roberge – lui-même un ex-enseignant – veut ramener dans le réseau des gens qui ont quitté la profession.

Je pense qu’à court terme, c’est là qu’on peut aller chercher le plus grand bassin d’enseignants qui sont formés, qui ont leur brevet, qui ont tout ce qu’il faut pour enseigner.

Jean-François Roberge, ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur du Québec

Jean-François Roberge affirme même que s'il disposait de leur numéro de téléphone, il appellerait personnellement ces enseignants pour leur dire : « On a besoin de vous, revenez, on croit en vous, on va vous aider à aider les élèves ».

Le ministre de l'Éducation souhaite que les enseignants entendent cet appel dans les médias. « On va les aider, on va les reconnaître, on va les valoriser », a-t-il insisté en parlant des enseignants qui ont déserté le métier ces dernières années.

Leur nombre est « difficile à évaluer », affirme Jean-François Roberge, mais certaines sources évaluent à près de 20 % le nombre d'enseignants qui abandonnent le métier après cinq ans d'exercice. Ce qui représenterait un bassin de « quelques milliers d'enseignants », évalue-t-il.

Le ministre de l'Éducation dit travailler de concert avec le président du Conseil du Trésor, Christian Dubé, « pour voir de quelle façon on pourrait faciliter le retour de certains enseignants, qui voudraient travailler à contrat ou à temps partiel ».

D’après ce que j’en comprends, les enseignants qui sont à la retraite en ce moment, quand ils reviennent, ne sont pas payés à 100 %, ils sont pénalisés sur leur retraite. Même chose pour les directions d’école. Donc on travaille là-dessus.

Jean-François Roberge, ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur du Québec

Jean-François Roberge pense que ces enseignants ont quitté la profession « par dépit », « parce qu’ils voyaient que le gouvernement coupait dans l’aide professionnelle [et] ne les supportait pas ».

Ce qu'envisage le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) n'aura pas « un impact massif », de l'avis d'Alain Fortier, président de la Fédération des commissions scolaires du Québec. Selon M. Fortier, les enseignants qui ont trouvé un autre métier dans lequel ils se sentent valorisés n'auront pas envie de revenir à l'enseignement.

Une classe dans une école primaireUne classe dans une école primaire Photo : Radio-Canada

Valoriser les enseignants pour les retenir

Dans l'optique d'accroître le nombre d'enseignants, des mesures sont prévues pour les nouveaux venus dans le réseau. Ainsi, le ministre Roberge implantera en septembre un programme de mentorat à l'intention des recrues, histoire qu'elles ne décrochent pas dès les premières années.

De plus, le gouvernement de la CAQ compte hausser le salaire de ces nouveaux enseignants dès leur arrivée sur le marché du travail.

Ces mesures sont destinées à valoriser la profession enseignante, « une valorisation qui n'était pas au menu ces dernières années », déplore Jean-François Roberge.

Des finissantes déjà maîtresses d'école

Pour contrer la pénurie d'enseignants, des finissantes du baccalauréat en éducation préscolaire et en enseignement primaire sont envoyées en renfort dans des établissements de Laval et de Montréal. Dans le cadre de ce projet pilote, ces finissantes, pas encore diplômées, ont la pleine responsabilité d'une classe.

Cet assouplissement des critères d'embauche inquiète la députée de Joliette, Véronique Hivon.

« C’est certain que c’est très inquiétant, dit l'élue du Parti québécois, parce qu’au moment où on se dit qu’on veut faire collectivement de l’éducation la grande priorité et qu’on veut valoriser la profession ce qu’on constate en ce moment, c’est un nivellement par le bas pour l’enseignement.

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