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Trump et Bolsonaro affichent leur complicité

Tout sourire, Jair Bolsonaro et Donald Trump se serrent la main devant la Maison-Blanche.
Donald Trump et Jair Bolsonaro ont tenu une conférence de presse commune à l'issue de leur rencontre. Photo: Reuters / Kevin Lamarque
Radio-Canada

En visite à la Maison-Blanche, mardi, le président brésilien, Jair Bolsonaro, a trouvé un allié en Donald Trump, dont il est l'un des plus fervents admirateurs. Son homologue américain a notamment exprimé publiquement l'hypothèse que le pays devienne membre de l'OTAN.

La complicité entre les deux dirigeants, arrivés au pouvoir après avoir fait campagne sur un message populiste antiélite, était évidente au cours d'une conférence de presse commune donnée dans les jardins de la Maison-Blanche à l'issue de leur entretien.

Après l'avoir félicité pour sa victoire électorale d'octobre 2018, Donald Trump a dit à M. Bolsonaro, une figure pourtant polarisante : « Vous faites un travail formidable. Vous avez uni le pays. »

Vantant une proximité sans précédent entre les États-Unis et le Brésil, il a en outre souligné combien les deux pays pourraient se rapprocher.

« Comme je l'ai dit au président Bolsonaro, j'ai l'intention d'accorder au Brésil le statut d'allié majeur non membre de l'OTAN », a-t-il déclaré.

« Ou même, possiblement, d'en faire un membre de l'OTAN, a-t-il ajouté à la surprise générale, sortant de son script. Il faudra que je parle à beaucoup de monde, mais peut-être bien un allié OTAN, ce qui fera beaucoup progresser la sécurité et la coopération entre nos pays. »

Il a également affirmé que les États-Unis soutiendraient la candidature du Brésil, huitième économie mondiale, pour devenir membre de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

M. Bolsonaro, premier président du Brésil issu de l'extrême droite depuis la dictature militaire, l'a à son tour encensé.

J’ai toujours admiré les États-Unis et mon admiration s’est accrue depuis que vous êtes au pouvoir.

Jair Bolsonaro, président du Brésil

Le président brésilien a également repris des thèmes chers à Donald Trump, dénonçant au passage la rectitude politique et les « fausses nouvelles », une critique fréquemment formulée par le président Trump pour qualifier les nouvelles qui le font mal paraître.

Dans une entrevue accordée la veille au réseau Fox News, la chaîne préférée de son hôte, Jair Bolsonaro avait appuyé la politique de son homologue américain en matière d'immigration, y compris la construction d'un mur à la frontière mexicaine.

L'immense majorité des immigrants potentiels n'ont pas de bonnes intentions. Ils ne souhaitent pas du bien aux Américains.

Le président du Brésil, Jair Bolsonaro, en entrevue au réseau Fox News

Unité autour du Venezuela

Sans surprise, les deux hommes ont fait front commun sur la situation au Venezuela, accentuant ainsi la pression sur le président Nicolas Maduro, dont ils réclament le départ depuis qu'ils ont reconnu l'opposant Juan Guaido comme président par intérim.

« Nous appelons les militaires vénézuéliens à mettre fin à leur soutien à Maduro », a une nouvelle fois lancé M. Trump, évoquant de possibles sanctions « beaucoup plus dures » qui pourraient être imposées contre Caracas.

« Toutes les options sont sur la table », a-t-il répété au sujet d'une éventuelle intervention militaire. « Ce qui se passe au Venezuela est honteux », a-t-il dit, qualifiant Nicolas Maduro de « marionnette de Cuba ».

Le président Bolsonaro tend un maillon de l'équipe brésilienne au président Trump.Les présidents Bolsonaro et Trump se sont échangé des chandails de leur équipe nationale de soccer respective. Photo : Getty Images / Pool

Des affinités politiques

Un peu plus tôt, devant les journalistes réunis dans bureau ovale, où ils se sont entretenus, les deux hommes avaient échangé des maillots des équipes de soccer de leur pays : « Je me souviens encore de Pelé », a lancé M. Trump, louant les qualités de l'équipe brésilienne.

Pendant la campagne électorale, M. Bolsonaro, qui a hérité du surnom de « Trump des tropiques », a lui-même alimenté les comparaisons avec l'occupant de la Maison-Blanche.

Depuis son arrivée au pouvoir le 1er janvier, il a affiché un proaméricanisme très marqué, qui tranche avec la tradition de la diplomatie brésilienne qui s'efforçait de se tenir à égale distance des grandes puissances.

Au-delà d'une passion commune pour les tweets et d'un goût revendiqué pour la provocation, l'ancien magnat de l'immobilier et l'ex-parachutiste sont à l'unisson sur nombre de sujets, de leur rejet du multilatéralisme à la dénonciation de l'Accord de Paris sur le climat.

Dans une décision chargée en symboles, le Brésil a annoncé lundi qu'il autoriserait les États-Unis à lancer des satellites depuis le centre spatial d'Alcantara, dans l'État septentrional de Maranhao.

Alcantara est idéalement situé en raison de sa proximité avec l'équateur, qui permet des économies de combustible de l'ordre de 30 % pour les lancements ou la mise en orbite de charges plus lourdes.

Donald Trump, président des États-Unis
Avec les informations de AFP, et Reuters

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