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Plus de 2,6 millions d’Africains touchés par le cyclone Idai

Trois cercueils de bois sont visibles le long d'une route de campagne.
Des hommes placent des cercueils le long d'une route près de Chimanimani, au Zimbabwe, après le passage du cyclone Idai. Photo: Getty Images / ZINYANGE AUNTONY
Radio-Canada

En Afrique australe, des secouristes sont engagés dans une course contre la montre pour sauver des milliers de personnes réfugiées dans des arbres ou sur des toits après le passage dévastateur du cyclone Idai. Plus de 2,6 millions de personnes ont été touchées et près de 300 personnes sont mortes, mais le bilan risque encore de grimper.

Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), le cyclone a touché pas moins de 1,7 million de personnes au Mozambique et 920 000 autres au Malawi voisin. Ces chiffres n’incluent pas le Zimbabwe, aussi durement touché par la tempête qui a balayé la région.

Une responsable régionale du PAM, Lola Castro, affirme que des marées de tempête pouvant atteindre six mètres ont dévasté les zones situées aux abords de plusieurs cours d’eau de la côte ouest du Mozambique, l’un des pays les pauvres du monde, et les inondations risquent d’empirer au cours des prochaines heures.

Nous n’avons pas de chiffres clairs, mais il y a d’importantes zones sous l’eau. Des villages sont sous plusieurs mètres d’eau sur des kilomètres et des kilomètres.

Gerald Bourke, haut responsable du PAM

Le ministre de l’Environnement du Mozambique, Celson Correia, soutient qu’une surface d’un rayon de 100 kilomètres est totalement inondée.

La ville portuaire de Beira, qui compte un demi-million d'habitants, a été « endommagée ou détruite à 90 % », selon la Croix-Rouge, qui évoque une destruction « énorme et terrifiante ».

« Il s'agit de la pire crise humanitaire de l'histoire du Mozambique », a déclaré Jamie LeSueur, qui dirige l'équipe de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC).

Une femme prend un égoportrait devant un pont détruit.Une femme prend un autoportrait devant ce qui reste d'un pont qui enjambait la rivière Umvumvu, à Chimanimani, au Zimbabwe. Photo : Reuters / Philimon Bulawayo

« Les gens doivent se battre avec des serpents »

En bateaux pneumatiques et en hélicoptères, des travailleurs humanitaires tentent toujours mardi de porter secours à des personnes qui se sont réfugiées dans des arbres ou sur des toits.

« Dans les arbres, les gens doivent se battre avec des serpents, des insectes, des animaux », relate Ian Scher, président de l'organisation sud-africaine Rescue SA, qui participe aux opérations de secours au Mozambique.

On sauve ceux qu'on peut sauver et les autres vont périr. On doit prendre des décisions difficiles. Parfois, on ne peut sauver que deux personnes sur cinq. Parfois, on leur laisse de la nourriture et on va secourir une autre personne qui est plus en danger.

Ian Scher, président de Rescue SA

Rescue SA a ainsi trouvé une île formée par les inondations où quelque 350 personnes ont trouvé refuge en attendant les secours.

L'arrivée du cyclone Idai a été précédée de très fortes précipitations qui ont fait au moins 122 morts au Mozambique et au Malawi.

Le bilan pourrait atteindre plus de 1000 morts

Une femme grelotte dans l'entrebaîllement de la porte de sa maison.Une Mozambicaine frissonne devant sa résidence. Selon la Croix-Rouge, 90 % de la ville de Beira, qui compte un demi-million d'habitants, a été « endommagée ou détruite » à 90 %. Les résidents sont privés d'électricité Photo : Getty Images / EMIDIO JOSINE

Idai a fait 98 morts au Zimbabwe et plus de 200 au Mozambique, selon un nouveau bilan annoncé mardi par le président mozambicain Filipe Nyusi.

« D'après les informations qui nous ont été données ici en arrivant sur le terrain [...], on est déjà à plus de 200 morts », a déclaré M. Nyusi à la fin d'un conseil des ministres qui se tenait à Beira (centre), en partie détruite par le cyclone.

« Près de 350 000 personnes » sont actuellement en zones inondées, selon le président.

« Nous sommes dans une situation extrêmement difficile », a-t-il estimé, ajoutant que le gouvernement avait déclaré « un deuil national de trois jours » à compter du 20 mars.

Sur le plan matériel, 23 000 habitations, 30 « unités de santé » et 507 salles de classe ont été détruites, d'après les autorités mozambicaines.

Après avoir survolé une des zones les plus dévastées lundi, M. Nyusi a raconté avoir vu des corps flotter dans les rivières gonflées par les eaux. Il estime que plus de 1000 personnes ont vraisemblablement péri.

Les eaux des rivières Pungue et Buzi ont débordé et ont fait disparaître des villages entiers, isolant des communautés. Il y a des corps qui flottent. C'est un véritable désastre humanitaire.

Filipe Nyusi, président du Mozambique

Les autorités craignent maintenant que des barrages cèdent. Elles pourraient n'avoir d'autre choix que d'ordonner l'ouverture des vannes de barrages, alors que les terres sont déjà totalement submergées.

M. Nyusi a d’ailleurs demandé à ses concitoyens qui habitent près de rivières dans la région « de quitter la zone pour sauver leur vie ».

« À chaque heure qui passe, nos pires craintes se confirment », a déclaré lundi soir le président zimbabwéen Emmerson Mnangagwa. « Beaucoup sont morts noyés, tandis que d'autres ont été tués dans leur sommeil par des pierres qui ont démoli leur maison. »

Amnistie internationale appelle pour sa part la communauté internationale à se mobiliser devant l'ampleur de la catastrophe, mais aussi devant les conséquences du changement climatique.

Alors que les effets du changement climatique s'intensifient, on peut s'attendre à ce que ces conditions climatiques extrêmes se produisent plus fréquemment. [Il faut] des mesures ambitieuses pour lutter contre le changement climatique.

Amnistie internationale

Avec les informations de Reuters et de l'AFP

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