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Des entreprises au N.-B. ont hâte de lancer des produits comestibles au cannabis

Mme Guimond met un glaçage à la vanille sur ses petits gâteaux.
Ces petits gâteaux sans sucre et sans gluten confectionnés par Jenn Guimond contiennent de l'huile de CBD. Photo: CBC/Brian Chisholm
Radio-Canada

De petites et grandes entreprises au Nouveau-Brunswick se préparent à confectionner des produits comestibles au cannabis en prévision de la légalisation de ce commerce le 17 octobre prochain.

C’est le cas de Jenn Guimond, propriétaire de la boulangerie Thunder Hill, à Grand Bay-Westfield. Elle prépare une nouvelle version de ses petits gâteaux vedettes qui contiendront du cannabis. Elle prévoit ouvrir un second commerce qui proposera aux consommateurs des produits contenant des extraits de cannabis.

Ses futurs produits comprendront de l’huile de CBD, un extrait non psychoactif, et du THC, la substance exerçant un effet psychoactif.

Mme Guimond donne aussi des classes de cuisine durant lesquelles elle renseigne les participants sur ce qu’ils peuvent faire légalement dans leur propre cuisine avec du cannabis.

Des personnes âgées de plus de 65 ans s’intéressent particulièrement aux produits comestibles au cannabis, dit-elle. Ces personnes sont enchantées de pouvoir à nouveau dormir toute la nuit, explique-t-elle.

Jenn Guimond en entrevue dans sa boulangerieAgrandir l’imageLa boulangère Jenn Guimond espère ouvrir un autre commerce où elle vendrait des produits comestibles contenant du cannabis. Photo : CBC/Brian Chisholm

La boulangère cherche maintenant un édifice sécuritaire où elle pourrait préparer ses produits comestibles au cannabis. Elle se renseigne aussi sur les moyens d’assurer un dosage uniforme.

Santé Canada semble déterminé à limiter à 10 grammes la quantité de THC par produit emballé individuellement.

Certaines exigences pour l’obtention d’un permis de production semblent colossales, mais Mme Guimond ne se décourage pas. Elle veut aider les gens à améliorer leur qualité de vie, après avoir perdu sa fillette de 8 ans qui est morte de cancer en 2006.

Organigram mise sur le chocolat au cannabis

À plus grande échelle, le producteur de cannabis Organigram, à Moncton, compte créer le meilleur chocolat infusé, indique le directeur commercial Ray Gracewood.

Il vient tout juste de rentrer d’Europe où il a assisté à une grande conférence de fabricants de confiseries et rencontré des fabricants d’équipement.

Organigram s’est associée à l’institut culinaire Canada's Smartest Kitchen pour mettre au point de tels produits.

Ray Gracewood en entrevue Ray Gracewood, directeur commercial d'Organigram, estime que bien des consommateurs s'intéresseront au chocolat infusé au cannabis. Photo : Radio-Canada

La majorité des consommateurs n’aime pas fumer, affirme M. Gracewood. Il croit que ces consommateurs aimeraient mieux manger de délicieuses truffes au chocolat contenant du cannabis, par exemple, et de les partager avec leurs amis.

L’industrie du cannabis s’attend à une plus grande demande des consommateurs lorsque les produits comestibles seront autorisés, alors qu’elle peine déjà à répondre à la demande actuelle.

Organigram prévoit d’augmenter sa production annuelle de cannabis, qui passerait de 36 000  à 113 000 kilogrammes à compter de décembre. L’entreprise espère doubler son personnel, c’est-à-dire compter 1200 employés. La surface de ses installations de production va aussi augmenter, de 175 000 à 473 000 pieds carrés.

Les petits producteurs ont-ils une chance de succès?

Certains consultants estiment que les grands producteurs comme Organigram ont une longueur d’avance sur les petits parce qu’ils ont plus de ressources et parce qu’ils disposent déjà de permis pour travailler avec du cannabis.

Dans le cas des petites entreprises, les exigences auxquelles il faut se conformer sont élevées, mais non impossibles, affirme une consultante de la firme Cannabis Compliance, Shirley Toms.

Avant de conseiller des entreprises qui veulent obtenir un permis en matière de cannabis, Mme Toms a travaillé pendant 25 ans à l’Agence canadienne d’inspection des aliments. Elle a été vérificatrice principale du programme d’accréditation de laboratoires du Conseil canadien des normes.

Des employés examinent des plants de cannabis qui poussent dans l'usineL'usine de production de cannabis d'Organigram se trouve à Moncton. Photo : Radio-Canada

Les entreprises qui demandent un permis doivent notamment démontrer à Santé Canada que leur personnel clé et leurs investisseurs n’ont pas d’antécédents criminels, explique Mme Toms.

Santé Canada effectue aussi des vérifications surprises pour s’assurer que tout est conforme à ses règles, ajoute-t-elle.

Uniquement à Cannabis NB

La vente des produits et les endroits où ils sont à vendre sont déterminés par les gouvernements provinciaux.

Au Nouveau-Brunswick, les magasins de Cannabis NB seront les seuls points de vente des produits comestibles.

Une queue devant une succursale de Cannabis NB à Moncton.Une longue file de clients s'étirait devant une succursale de Cannabis NB avant l'ouverture du magasin, le 17 octobre 2018. Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Ces magasins sont conçus pour proposer des centaines de produits qui ne sont pas encore annoncés, indique la directrice générale Lara Wood. De l’espace est prévu pour des réfrigérateurs et des étalages de produits comestibles, précise-t-elle.

Des consommateurs qui se présentent dans ces magasins posent des questions et expriment de l’intérêt pour les futurs produits comestibles, ajoute Mme Wood. Mais il y a encore plusieurs choses à préciser et des règles à définir d’ici le 17 octobre.

D’après un reportage de Rachel Cave, de CBC

Nouveau-Brunswick

Affaires