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Le Pentagone dévoile des projets à annuler pour construire le mur frontalier de Trump

Le président américain Donald Trump marche vers un lutrin.
En signant son premier veto présidentiel, Donald Trump s'est arrogé le droit de dépenser des fonds attribués au département de la Défense pour construire un mur frontalier. Photo: Reuters / Kevin Lamarque
Radio-Canada

Le Pentagone a fait parvenir lundi au Congrès une liste de 20 pages de projets de construction qui pourraient être annulés pour financer le mur du président Donald Trump à la frontière avec le Mexique. Les démocrates espèrent qu'en sachant quels projets étaient ciblés, les parlementaires seraient davantage portés à renverser le veto présidentiel d'une motion visant à annuler ces compressions.

« Maintenant que les membres du Congrès peuvent constater l'impact potentiel que cette proposition pourrait avoir sur des projets dans leurs États, j'espère qu'ils en tiendront compte avant le vote visant à contrecarrer le veto présidentiel », a déclaré par voie de communiqué le sénateur Jack Reed, le démocrate le plus haut placé au sein du comité du Sénat sur les forces armées.

Alors que la Chambre des représentants doit voter mardi sur la motion en question, une porte-parole du Parti républicain a prédit que le président l'emporterait malgré tout.

Les représentants républicains ont toujours largement appuyé le président Trump pour sécuriser nos frontières lorsque nous avons voté là-dessus il y a plusieurs semaines. Cela ne changera pas », a indiqué Lauren Fine, porte-parole du leader adjoint des républicains en Chambre, Steve Scalise.

Le document fourni par le Pentagone détaille des centaines de projets prévus aux États-Unis et ailleurs dans le monde, pour un total d'environ 12,9 milliards de dollars américains. Tous ne seront pas soumis à des compressions budgétaires, précise la Défense. Cela complexifie la façon d'établir les programmes menacés.

Dans la liste, on trouve plus de 100 millions de dollars pour des améliorations au système de filtration d'eau du Camp Lejeune, ainsi que d'autres travaux sur une base aérienne des marines, en Caroline du Nord. Cet État est représenté par le sénateur républicain Thom Tillis, qui s'était d'abord opposé à l'état d'urgence décrété par le président, avant de voter pour le geste du chef d'État.

M. Tillis, qui pourrait être menacé dans sa circonscription l'an prochain, a déclaré que la Maison-Blanche avait fait preuve d'ouverture pour restreindre les pouvoirs présidentiels lorsqu'il est question de déclarer l'état d'urgence.

Lors de leurs votes initiaux, la Chambre et le Sénat n'ont pas obtenu suffisamment de voix pour contrecarrer un veto présidentiel. Cela porte à croire que la nouvelle tentative sera vouée à l'échec si le paysage politique ne se transforme pas.

M. Trump a déclaré l'état d'urgence à la frontière avec le Mexique, le mois dernier, après que le Congrès eut imposé un budget maximal de 1,4 milliard pour construire des barrières frontalières.

Le locataire de la Maison-Blanche a invoqué une loi qui lui permettrait de récupérer 3,6 milliards de projets de construction militaire afin de bâtir le mur et de respecter sa promesse de la campagne de 2016.

Décision exécutive

La Chambre a voté à 245 voix contre 182, en février, pour bloquer la déclaration d'urgence. Le Sénat a donné suite, la semaine dernière, avec 59 voix pour et 41 voix contre, y compris avec une dizaine de transfuges républicains qui ont voté avec les démocrates.

Les législateurs ont dit craindre que le président n'ignore le pouvoir de dépenser du Congrès, en plus de s'inquiéter de l'impact des compressions financières. M. Trump a opposé son veto vendredi.

Dans une lettre accompagnant la liste, des responsables de la Défense ont précisé qu'ils ne viseraient pas les programmes pour lesquels des sommes seraient prévues d'ici la fin de l'exercice financier, le 30 septembre, ou pour des projets tels que la construction de résidences. Ils n'ont pas spécifié quels projets seraient exemptés.

Les démocrates ont saisi la balle au bond pour tenter de convaincre les législateurs d'appuyer leurs démarches. « Le président envoie une gifle en plein visage de nos forces armées, un geste qui fragilise nos frontières et notre pays », a affirmé M. Reed.

« Cette folie ne prendra fin que lorsque davantage de nos collègues républicains seront prêts à favoriser l'armée au détriment de la politique partisane », ont indiqué trois autres sénateurs démocrates influents.

Des groupes prodémocrates, y compris des procureurs généraux de certains États, ont entamé des poursuites contre la déclaration de l'état d'urgence, ce qui pourrait bloquer des fonds pendant des mois, voire davantage.

Donald Trump, président des États-Unis
Avec les informations de Associated Press

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