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« Allô robot », TELUS Santé lance une application mobile controversée

Une main tient un téléphone avec une page de l'application ouverte.
L'application de TELUS Santé comprend des conversations robotisées alors que l'intelligence artificielle évalue les symptômes de l'utilisateur. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Le dernier pas du géant des télécommunications dans le secteur de la santé soulève des questions. Des professionnels de la santé se demandent si la nouvelle application, lancée ce mois-ci, aidera à remédier aux pénuries de médecins ou causera plutôt des complications en matière de soins de santé.

L'application gratuite Babylonpar TELUS Santé, en ligne depuis le 5 mars, promet de « révolutionner l'accès aux soins de santé afin d'alléger le fardeau et la pression qui pèsent sur le système canadien », selon la vice-présidente de TELUS Santé, Juggy Sihota

La compagnie affirme que l'application, nettement supérieure aux ressources en ligne de Google utilisées par de nombreuses personnes, s'adresse à tous ceux qui manquent de temps, n'ont pas de médecin de famille ou vivent dans une collectivité rurale éloignée.

Le seul médecin que j'espère remplacer est celui d'Internet.

Juggy Sihota, vice-présidente de TELUS Santé

L’application n'est offerte qu'en anglais pour le moment, mais TELUS annonce qu'une version française arrivera cette année.

TELUS ne dévoile pas le montant investi dans l'application, indiquant simplement qu'elle partagera les coûts et les revenus avec Babylon, son partenaire, établi au Royaume-Uni.

Allô robot

À l’aide de l’intelligence artificielle, l’application intégrera des agents conversationnels robotisés pour interroger les patients sur leurs symptômes et fournir non pas des conseils médicaux, mais « des informations », indique la compagnie.

Les Britanno-Colombiens sont les premiers à pouvoir utiliser ce service de consultation virtuelle à domicile avec un médecin autorisé de la province, couvert par le régime provincial d’assurance maladie.

L'erreur doit rester humaine

Une analyse scientifique publiée dans le journal médical britannique The Lancet sur le programme de conversation robotisé de Babylon, après son lancement en Angleterre à la fin de 2017, soutient qu’on ne sait pas encore si ce procédé peut mieux fonctionner que les médecins, contrairement à ce que Babylon affirme et conseille aux autorités canadiennes en matière de santé de surveiller de près l'application pour s'assurer de son efficacité.

Le Dr Kendall Ho, responsable de la médecine d'urgence numérique à l'Université de la Colombie-Britannique, pense que l’application peut « potentiellement être utile », mais craint que les utilisateurs ne considèrent les informations fournies par les agents conversationnels robotisés comme des conseils médicaux, dévalorisant ainsi les suivis personnels avec un médecin.

De son côté, le Collège des médecins et des chirurgiens de la Colombie-Britannique s’inquiète des visites à domicile virtuelles.

Le service peut en effet servir dans les régions isolées, selon le Collège, qui note cependant que ce modèle « devrait être découragé » parce que les allégations de patients, qui reçoivent des soins insuffisants par le biais de la télémédecine, sont nombreuses.

Néanmoins, rien n’indique que des plaintes déposées concernent l’application Babylon par TELUS Santé, précise le Collège.

Le ministère de la Santé de la province et TELUS affirment qu’ils travaillent ensemble à l’aide des médecins pour vérifier l’efficacité de l’application et continuer à améliorer le service.

Avec les informations d'Eric Rankin

Colombie-Britannique et Yukon

Intelligence artificielle