•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les libéraux du comité de la justice veulent clore le dossier SNC-Lavalin

Jody Wilson-Raybould assise à une table ronde avec plusieurs personnes.
Le témoignage de Jody Wilson-Raybould devant le comité de la justice a mis le feu aux poudres dans l'affaire SNC-Lavalin. Photo: La Presse canadienne / Sean Kilpatrick
Radio-Canada

Le Parti libéral du Canada (PLC) souhaite que le comité parlementaire sur la justice cesse ses travaux sur les pressions exercées dans l'affaire SNC-Lavalin : dans une lettre transmise lundi en fin d'après-midi aux membres dudit comité, cinq députés libéraux annoncent qu'ils proposeront officiellement, mardi, la fin des travaux dans ce dossier.

Dans cette lettre, les signataires soutiennent être « convaincus d'avoir contribué de façon importante à la compréhension qu'ont les Canadiens » de l'épineux dossier concernant la firme d'ingénierie québécoise, qui souhaite obtenir un accord de réparation pour lui éviter de subir un procès criminel et, éventuellement, d'être placée sur une liste noire fédérale pendant 10 ans.

Toujours dans leur lettre, les députés s'enorgueillissent d'avoir contribué à tenir, en comptant la séance prévue pour mardi, 11 réunions en cinq semaines dans cette affaire.

« Nous avons entendu 13 heures de témoignages exhaustifs de 10 témoins différents », écrivent-ils encore.

Les Canadiens peuvent juger par eux-mêmes des faits, des perspectives et des principes juridiques pertinents.

Extrait de la lettre des députés libéraux

Puisque les libéraux sont majoritaires au sein du comité, une motion réclamant la fin des travaux sur l'affaire SNC-Lavalin a de fortes chances d'être adoptée.

Un dossier complexe

L'affaire SNC-Lavalin repose sur des affirmations de l'ex-ministre de la Justice et procureure générale Jody Wilson-Raybould, selon laquelle le premier ministre Justin Trudeau, son ex-secrétaire principal Gerald Butts et d'autres membres du gouvernement ou hauts responsables politiques fédéraux ont exercé des « pressions indues » afin qu'elle annule la décision de la directrice des poursuites pénales et entame des négociations pour que SNC-Lavalin puisse se faire offrir un accord de réparation.

En vertu d'un tel accord, la firme aurait payé de lourdes amendes en lien avec des accusations de fraude et de corruption entourant les activités de l'entreprise dans la Libye du défunt dictateur Mouammar Kadhafi, plutôt que de ne pas pouvoir participer aux appels d'offres du gouvernement fédéral pendant 10 ans.

Pour le premier ministre et ses proches collaborateurs, ces pressions n'étaient pas indues, mais visaient à protéger les milliers d'emplois liés à SNC-Lavalin au pays. Ils ont également laissé entendre que si SNC-Lavalin était placée sur une liste noire, l'entreprise pourrait fermer ses portes.

Du côté de l'opposition, on déplore le fait que les libéraux majoritaires aient refusé de réinviter Mme Wilson-Raybould pour un nouveau témoignage. Cette dernière, qui est toujours députée libérale après avoir démissionné de son poste de ministre des Anciens Combattants, plus tôt cette année, est encore visée par une entente de secret professionnel couvrant ses dernières semaines passées au sein du Conseil des ministres.

« Après le témoignage de tous les témoins, nous croyons que toutes les règles et les lois ont été respectées. Les Canadiens disposent maintenant de l'information nécessaire pour en arriver à une conclusion », écrivent également les députés libéraux dans leur lettre.

À sept mois des prochaines élections fédérales, les libéraux ont été rattrapés, puis dépassés par les conservateurs dans les intentions de vote dans la foulée de l'affaire SNC-Lavalin.

M. Butts et le greffier du Conseil privé, Michael Wernick, lui aussi accusé d'avoir fait pression sur Mme Wilson-Raybould, ont tous deux été emportés dans la tourmente découlant de l'affaire.

Politique fédérale

Politique