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À 30 $ l’heure, les étudiants de l’ABI sont-ils du cheap labour?

L' aluminerie de Bécancour, vue de l'extérieur.
L'aluminerie de Bécancour (archives) Photo: Radio-Canada
Maude Montembeault

Dans son mémoire déposé à la Cour d'appel du Québec et obtenu par Radio-Canada, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) soutient que l'Aluminerie de Bécancour inc. (ABI) renforce les préjugés selon lesquels les étudiants sont considérés comme une classe inférieure de travailleurs ou de la main-d'œuvre bon marché (cheap labour).

Après l’ABI en décembre dernier, c’est au tour de la Commission des droits de la personne de faire connaître ses arguments afin que le jugement de première instance lui donnant raison soit maintenu et que l’appel soit rejeté.

Dans son argumentation, la CDPDJ rappelle que les étudiants reçoivent la même formation que les employés réguliers ou occasionnels et qu'ils sont exposés aux mêmes risques et dangers. Malgré cela, leur taux horaire est inférieur. La juge de première instance Magali Lewis a conclu qu’ils étaient discriminés sur la base de leur âge et de leur condition sociale, soit le fait d’être étudiant. La CDPDJ se rallie aux arguments de la juge du Tribunal des droits de la personne et des droits de la jeunesse.

Les étudiants sont différenciés sur le plan socio-économique en raison de préjugés et stéréotypes associés à leur vulnérabilité, leur précarité financière et leur manque d’expérience.

Mémoire de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse

Ces préjugés et stéréotypes se reflètent dans la décision d’ABI de ne pas rémunérer les étudiants au même taux que les employés qu’ils remplacent alors qu’ils accomplissent un travail équivalent, écrit-on dans le mémoire.

Avant le déclenchement du lock-out, les étudiants recevaient un salaire de 30,23 $ l’heure. Ils souhaitent être rémunérés comme des employés occasionnels qui gagnaient 41,72 $ l’heure avant le début du conflit.

TableauSource : Jugement du tribunal des droits de la personne Photo : Radio-Canada

La crise des anodes de 2011 citée en exemple

L’ABI a plaidé qu’une période d’embauche d’une durée déterminée peut expliquer un salaire moindre, même pour un travail équivalent. Les avocats de la CDPDJ rétorquent que cette thèse ne s’appuie sur aucune preuve et qu’elle est indéfendable.

Dans le mémoire de plus de 30 pages, ils demandent : Comment [l'ABI] explique-t-elle que les étudiants ont été payés plus cher pour une durée de service moindre lors de la crise des anodes en 2011? À ce moment, des étudiants avaient été appelés en renfort pour résorber la crise de production avec l’accord du syndicat.

Après l’ABI et la CDPDJ, c’est maintenant au tour du Syndicat des métallos de remettre un mémoire, qui est attendu au cours des prochaines semaines.

Le jugement de la Cour d'appel du Québec pourrait faire jurisprudence et influencer le fonctionnement de nombreux milieux de travail.

Mauricie et Centre du Québec

Économie