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Attentat à Christchurch : Facebook a supprimé 1,5 million d'exemplaires de la vidéo du suspect

Un homme se recueille devant des fleurs et un drapeau de la Nouvelle-Zélande, déposés sur le mur d'un parc.

Des fleurs ont été déposées sur un mur des jardins botaniques de Christchurch en Nouvelle-Zélande, en mémoire des 50 victimes de la tuerie de vendredi.

Photo : Getty Images / Carl Court

Radio-Canada

À peine 24 heures après l'attentat dans deux mosquées de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, Facebook avait déjà retiré 1,5 million d'exemplaires de la vidéo diffusée en direct par le suspect pendant le massacre.

La tragédie, dans laquelle 50 personnes ont trouvé la mort, a été soigneusement mise en scène sur le web par le suspect, qui a diffusé ses gestes en direct sur Facebook. Les réseaux sociaux peinent, depuis, à contenir le partage de la vidéo virale de 17 minutes.

D’après Facebook (Nouvelle fenêtre), des internautes ont tenté de mettre en ligne la vidéo à au moins 1,5 million de reprises dans les 24 heures suivant la tuerie. Quelque 1,2 million exemplaires de cette vidéo ont été détectés par le réseau social pendant qu’ils étaient en train d’être téléversés, ce qui signifie qu'ils n'ont pas été vus par les internautes.

Cependant, Facebook n’est pas l’unique plateforme où la vidéo a été mise en ligne. YouTube, Twitter et Reddit n’ont toutefois pas donné de statistiques.

Une vidéo non détectée

De nombreuses personnes se demandent depuis jeudi pourquoi Facebook n’avait pas bloqué la vidéo du massacre pendant que les événements se déroulaient. Ces interrogations sont renforcées par le fait que d’autres situations similaires sont déjà survenues par le passé, dont les vidéos des meurtres de deux journalistes en Virginie en 2015 et de cinq policiers à Dallas en 2016.

Les médias qui se sont penchés sur cette question rapportent toutefois qu’il s’agit d’un problème complexe, que peu de solutions existent et que les méthodes de pointe mises en place à ce jour sont encore loin d’être efficaces à 100 %.

Les entreprises du web font généralement appel à des systèmes d’intelligence artificielle entraînés à reconnaître certains contenus problématiques. Ces systèmes peuvent reconnaître de nombreux contenus interdits, de la musique protégée par droit d’auteur aux actes violents en passant par la pornographie juvénile.

D’octobre à décembre 2018, ce genre de système a permis à YouTube de supprimer 73 % des vidéos signalées par ses outils automatisés avant qu’elles soient vues par un seul utilisateur.

Les algorithmes employés à cette tâche cherchent des similitudes entre les nouvelles vidéos et celles contenues dans leur banque de données. Facebook, Microsoft, Twitter et YouTube partagent d’ailleurs une banque de données commune pour les vidéos à caractère terroriste.

La notion de certitude au cœur du problème

Pour signaler une vidéo, un algorithme doit toutefois atteindre un certain niveau de certitude au sujet de son contenu. Les images ou les sons qu’elle contient doivent donc être suffisamment clairs pour qu’il puisse reconnaître un contenu problématique comme un meurtre ou la présence d’armes à feu. Cela empêche notamment les vidéos de médias d’information traitant des mêmes sujets d’être supprimées.

C’est pourquoi de nombreuses vidéos, y compris celles diffusées en direct, parviennent à passer dans les mailles du filet, souligne le magazine Wired.

Il revient alors aux utilisateurs de signaler la vidéo pour qu’une équipe de modérateurs humains prenne la relève. Ces personnes, qui reçoivent de très grandes quantités de contenus à réviser par jour, doivent alors visionner la publication signalée pour tenter de déterminer s’il y a lieu de la retirer.

Une fois qu’une vidéo a été supprimée par une plateforme comme Facebook, cette dernière effectue un hachage, qui constitue une sorte d’empreinte digitale pour un contenu numérique. Ce hachage permet ensuite de reconnaître plus rapidement une publication précédemment supprimée.

Certaines stratégies permettent toutefois de contourner le hachage, tel que le fait de filmer l’écran de son ordinateur pendant qu’une vidéo inappropriée joue. Le son et l’image sont alors légèrement différents de la vidéo originale, ce qui peut déjouer les systèmes de reconnaissance automatisés.

Avec les informations de Wired

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