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Y a-t-il un lien entre changements climatiques et glissements de terrain?

Un glissement de terrain à Sherbrooke
Un glissement de terrain à Sherbrooke Photo: Radio-Canada
Jean-François Nadeau

Un nouveau programme de recherche sur les glissements de terrain est lancé à l'Université Laval. L'objectif est d'arriver à mieux les connaître, les prévenir et identifier les effets potentiels des changements climatiques sur les glissements de terrain.

Les épisodes de précipitations intenses sont de plus en plus nombreux au Québec en raison des changements climatiques. Les chercheurs craignent que ces pluies accélèrent l'érosion et provoquent davantage de glissements de terrain.

Ils vont entre autres concentrer leurs travaux sur les sols riches en argile dite sensible. Ce type de sol est présent à plusieurs endroits dans les basses terres du Saint-Laurent.

« C'est un type d'argile qui, lorsque le sol est intact, va avoir une bonne résistance. On peut construire, on peut faire des routes. Mais si on a un premier glissement de terrain, le sol peut ramollir et perdre sa résistance. Il devient comme une boue visqueuse. Le danger, c'est que ça peut causer de très grands glissements de terrain », explique la professeure au Département de génie civil et de génie des eaux de l'Université Laval Ariane Locat.

Les chercheurs veulent donc mettre au point des outils pour repérer et cartographier ces sols.

Prédire les effets des coulées argileuses

Une autre équipe se concentrera sur les coulées argileuses. C'est une coulée argileuse qui est à l'origine de la tragédie de Saint-Jean-Vianney, en mai 1971. Une quarantaine de résidences avaient disparu et 31 personnes avaient perdu la vie dans ce glissement de terrain.

« Les débris de ces glissements de terrain vont s'écouler sur de grandes distances. Ça peut être sur des centaines de mètres ou parfois même sur des kilomètres. Ça peut mettre en danger la population. On veut étudier les propriétés de ces débris pour arriver à en prédire l'étendue des dommages », indique Ariane Locat.

Les grands glissements

Le programme de recherche souhaite également documenter et mieux connaître les causes des grands glissements de terrain, dont les étalements, dans le but de les prévenir.

« On est en train de chercher des signes pour nous indiquer quand ces glissements-là peuvent survenir, parce qu'ils sont encore méconnus », affirme Ariane Locat.

Les chercheurs vont analyser 14 grands glissements de terrain pour mieux les comprendre, en répertoriant notamment les propriétés des sols.

Les changements climatiques responsables?

Le lien est documenté depuis plusieurs années entre les changements climatiques et les petits glissements de terrain. Pour les glissements majeurs, le lien reste encore à être validé scientifiquement, ce que le programme souhaite faire.

« Ce qui fausse un peu les données, c'est qu'il y a aussi plus de monde. La population a augmenté, donc c'est normal aussi qu'on voie plus de glissements de terrain. Est-ce que c'est une tendance à cause des changements climatiques ou c'est seulement qu'on en observe plus », se questionne Ariane Locat.

Collaboration avec la Suède et la Norvège

Ces problématiques de glissements de terrain sont aussi présentes et intéressent les chercheurs des pays scandinaves.

« En Norvège et en Suède, ils ont plusieurs projets de recherche similaires. Nous collaborons avec eux. Nous allons comparer leurs méthodes aux nôtres. Nous avons différentes façons d'approcher les mêmes problèmes », souligne Ariane Locat.

À plus long terme, le programme de recherche vise à mesurer, au cours des 20 prochaines années, les précipitations et les niveaux d'eau à l'intérieur des sols pour comprendre comment une précipitation agira dans un sol argileux.

Les recherches se font en partenariat avec le ministère de la Sécurité publique et le ministère des Transports du Québec.

Québec

Changements climatiques