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  • Le saccage de la Baie-James et la genèse de la commission Cliche, c’était il y a 45 ans

    Vue aérienne des décombres de l'incendie de dortoirs sur le campement de la Baie-James.
    Le 21 mars 1974, un incendie criminel ravage le campement du chantier de construction du barrage LG-2 à la Baie-James. Photo: Radio-Canada
    Radio-Canada

    En mars 1974, une guerre intersyndicale éclate sur le chantier du barrage LG-2 à la Baie-James. Quelques travailleurs vont jusqu'à vandaliser le campement, causant des dégâts considérables et forçant l'évacuation du chantier. Ces graves actes de violence entraîneront la création d'une commission d'enquête sur des pratiques syndicales douteuses dans l'industrie de la construction.

    Le 21 mars 1974, le plus grand chantier de construction au Québec est saccagé.

    Sur le site du barrage LG-2 à la Baie-James, quelques fiers-à-bras de la FTQ-Construction mettent le feu aux dortoirs.

    Deux réservoirs de carburant sont éventrés par un bélier mécanique. Trois génératrices sont détruites de la même façon.

    Les dommages paralysent le chantier de la Baie-James. Les pertes seront évaluées à plus de 30 millions de dollars.

    Reportage suivant l'enquête sur le saccage de la Baie-James, 11 avril 1974

    Comme le montre ce reportage du 11 avril 1974, une enquête révèle rapidement les responsables de ces actes criminels.

    Le journaliste Paul Racine accompagne le commissaire Cyrille Delage qui visite les lieux pour mieux comprendre le cours des événements.

    Les témoins sont nombreux et les preuves, accablantes.

    Le saccage de la Baie-James est l’œuvre d’agents syndicaux de la FTQ-Construction, alors en plein affrontement avec la CSN pour le contrôle des chantiers du Québec.

    « Ce que j’ai fait, je l’ai fait pour vous. Ce qui s’est produit ici à LG-2 nous mettra sur la carte du syndicalisme en Amérique du Nord », aurait déclaré Yvon Duhamel, agent d’affaires de la FTQ-Construction à ses compagnons de travail.

    Devant ce crime et cette apparente culture de terreur, le gouvernement de Robert Bourassa entreprend un examen en profondeur de l’exercice de la liberté syndicale dans l’industrie de la construction.

    La commission Cliche est instituée le 27 mars 1974, soit moins d’une semaine après l’éclatement de l’émeute sur le site du barrage LG-2.

    Le 60, 31 décembre 1974

    Le saccage de la Baie-James est sans contredit présenté comme un des faits marquants de l’année au magazine Le 60 du 31 décembre 1974.

    Le journaliste Pierre Nadeau revient sur les événements et sur la commission Cliche entamée quelques mois plus tôt.

    Sur les images du 60, on reconnaît notamment l’avocat Lucien Bouchard qui agit comme procureur en chef de la commission Cliche.

    Les commissaires Brian Mulroney et Guy Chevrette participent aussi à cette large enquête dirigée par le juge Robert Cliche.

    La commission d’enquête fera la lumière sur les pratiques d’intimidation et sur l’existence de liens entre certains syndicats et le crime organisé.

    Quatre syndicats déclarés coupables d'actes criminels seront placés sous tutelle.

    Au terme de la commission, plusieurs lois viseront à remettre un peu d'ordre dans le monde syndical.

    Un exercice qui – on le sait à présent – devra être répété près de quarante ans plus tard avec la commission Charbonneau sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction.

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