•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Mort de l'enseignante Marjolaine Ward : un deuil difficile dans l'ouest de l'Î.-P.-É.

Les drapeaux ont été mis en berne devant l'école Pierre-Chiasson, dans l'ouest de l'Île-du-Prince-Édouard, à la suite du décès tragique d'une enseignante, happée par un véhicule alors qu'elle était à vélo.
Les drapeaux ont été mis en berne devant l'école Pierre-Chiasson, dans l'ouest de l'Île-du-Prince-Édouard, à la suite du décès tragique d'une enseignante, happée par un véhicule alors qu'elle était à vélo. Photo: Radio-Canada / François Pierre Dufault
François Pierre Dufault

Les plaies se referment difficilement à l'école Pierre-Chiasson, à l'Île-du-Prince-Édouard, un peu plus de six mois après la mort tragique de l'enseignante Marjolaine Ward, happée alors qu'elle circulait à vélo sur une route de l'ouest de la province.

Le drame est survenu quelques jours avant la dernière rentrée scolaire.

Le début du premier semestre a été vraiment difficile, confie Tania Simard, qui enseigne les mathématiques et les sciences à l'école Pierre-Chiasson. Il y a des élèves qui sont encore en processus de deuil. Le personnel trouve ça encore difficile. C'est sûr qu'il faut qu'on reste professionnel et qu'on continue, malgré tout, à donner le meilleur de nous-mêmes chaque jour.

L'école de langue française de la région de Tignish, dans l'ouest de l'Île-du-Prince-Édouard, compte environ 75 élèves de la maternelle à la 12e année.

Dans cet environnement tissé serré, les liens personnels et professionnels sont forts. Les départs soudains, comme celui de Marjolaine Ward, sont plus durement ressentis.

C'est sûr que de perdre quelqu'un d'aussi important et compétent que Marjolaine, il n'y a pas beaucoup d'écoles qui peuvent s'en remettre facilement et rapidement.

Tania Simard, enseignante à l'école Pierre-Chiasson

Marjolaine Ward s'était établie à l'Île-du-Prince-Édouard en 2006, peu de temps après l'ouverture de l'école Pierre-Chiasson. L'enseignante de français originaire du Nouveau-Brunswick se passionnait pour la littérature, la philosophie et le théâtre. Des passions qu'elle tenait à transmettre à ses élèves de la 7e à la 12e années.

Photo de Marjolaine Ward, enseignante à l'école de Deblois.Marjolaine Ward, enseignante de l'école Pierre-Chiasson de Deblois, dans l'ouest de l'Î.-P.-É., a été victime d'un délit de fuite plus tôt cette semaine. Un homme a été arrêté. Photo : Facebook/École Pierre-Chiasson

C'était ma meilleure amie, ma deuxième mère, ma soeur, mon punching bag, mon guide moral... Elle était tout pour moi, raconte Tania Simard, émue. Je pense qu'elle avait le secret du bonheur, ajoute-t-elle à propos de l'enseignante que ses élèves appelaient affectueusement Mme Marjolaine et qui, à l'aube de ses 60 ans, s'entraînait pour un triathlon.

Tout a basculé le soir du 27 août 2018.

Marjolaine Ward circulait à vélo sur la route 12 près du petit village de Kildare Capes, entre Alberton et Tignish, lorsqu'elle a été happée par un véhicule. Elle a succombé à ses blessures.

Les policiers de la Gendarmerie royale du Canada ont procédé à l'arrestation d'un suspect, Matthew Gaudet, quelques heures après la collision mortelle. Mais ce n'est que trois mois plus tard, à la suite d'une enquête plus approfondie, que des accusations ont été déposées contre l'homme de 31 ans.

Le chauffard présumé a comparu une première fois, le 17 janvier, au palais de justice de Summerside. L'affaire a été reportée à deux occasions depuis, sans que l'accusé ne se présente devant le tribunal. Il doit comparaître à nouveau devant le juge Jeffrey Lantz, le 4 avril prochain.

Matthew Gaudet est accusé de conduite dangereuse ayant causé la mort et de non-assistance à une personne en danger. Il n'a pas encore répondu aux accusations déposées contre lui.

Autant que possible, Tania Simard suit les procédures au palais de justice.

Des délais de procédures, on s'y attend. Ce qui est difficile, c'est de vivre dans l'attente que quelque chose se passe.

Tania Simard, enseignante à l'école Pierre-Chiasson

Matthew Gaudet n'en est pas à ses premiers démêlés avec la justice.

Le 4 mai 2007, alors qu'il est âgé de 19 ans, il est accusé de possession d'une substance contrôlée. Il est condamné à payer une amende de 200 $.

Le résident du petit hameau de Central Kildare est accusé une première fois de conduite avec facultés affaiblies, le 22 juillet 2008. Il écope alors d'une peine de quatre jours de prison et d'une amende de 1000 $. Quatre ans plus tard, le 27 septembre 2012, il est accusé une deuxième fois de conduite avec facultés affaiblies. Il plaide coupable et se retrouve 21 jours derrière les barreaux.

Matthew Gaudet demeure en liberté dans l'attente de sa prochaine comparution.

À l'école Pierre-Chiasson, le souvenir de Marjolaine Ward demeure. On essaie de garder sa mémoire vivante, dit Tania Simard. Oui, c'est difficile de vivre sans elle. Mais d'un autre côté, il faut continuer à avancer. C'est ce qu'elle aurait fait.

Île-du-Prince-Édouard

Accident de la route