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Brian Mulroney regrette d'avoir qualifié Amanda Simard de « p'tite fille »

Un homme avec une cravate verte et un veston.

L'ancien premier ministre du Canada Brian Mulroney à l'émission «Tout le monde en parle».

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

L'ancien premier ministre Brian Mulroney affirme qu'il aurait « dû employer l'expression jeune femme » au lieu du terme « p'tite fille » pour parler de la députée franco-ontarienne Amanda Simard, lors de son passage à l'émission Tout le monde en parle.

Je n'avais aucune intention d'insulter quiconque avec ce mauvais choix de mots et je tiens à exprimer mes sincères regrets , écrit M. Mulroney par voie de communiqué.

Alors qu'il défendait sa fille, la ministre ontarienne des Affaires francophones, Caroline Mulroney, M. Mulroney a écorché, sans la nommer, la députée Simard, qui siège comme indépendante après avoir quitté les rangs du gouvernement conservateur l'an dernier.

En réponse à l'utilisation du terme « p'tite fille », Amanda Simard a répondu lundi matin que de tels propos appartiennent à une autre époque et n'ont pas leur place dans une société respectueuse et égalitaire.

La députée Amanda Simard en chambre

La députée franco-ontarienne Amanada Simard à l'Assemblée législative de Queen's Park

Photo : Radio-Canada

Brian Mulroney critiqué par les politiciennes

D'autres femmes en politique ont publiquement critiqué les propos de M. Mulroney.

C'est affreux qu'un homme qui a été le premier ministre du Canada ait des propos comme ça envers une politicienne en 2019. C'est horrible, c'est terrible et ça démontre que le sexisme est toujours bien ancré en politique, répond la députée néo-démocrate de Nickebelt, France Gélinas.

La députée libérale d'Orléans et ex-ministre des Affaires francophones, Marie-France Lalonde, a également partagé sa déception.

Que M. Mulroney ait choisi un langage de cette nature, je pense que c'est désobligeant.

Marie-France Lalonde, députée libérale d'Orléans et ex-ministre des Affaires francophones

C'est venu me chercher dans les tripes, comme on dit en bon canadien français. C’est une femme qui a été élue [et] qui a démontré une force de caractère par rapport à ses convictions personnelles pour se dissocier de son caucus, dit-elle.

À la défense de sa fille

Caroline Mulroney est la mieux placée pour défendre les Franco-Ontariens, a soutenu M. Mulroney à TLMEP dimanche soir, en dépit des coupes de son gouvernement en francophonie, qui ont incité son adjointe parlementaire Amanda Simard à démissionner du caucus.

Elle [Caroline Mulroney] est membre d’un gouvernement, ce n’est pas elle qui décide. Elle est prise à travailler avec ses collègues pour réparer les pots cassés, a déclaré son père.

La p'tite fille qui a démissionné, elle est partie. C'est fini, là. Mais Caroline est toujours là pour défendre les intérêts des francophones de l'Ontario.

Brian Mulroney, ancien premier ministre canadien

La députée de Glengarry-Prescott-Russell, qui a 30 ans, a contre-attaqué sur Twitter lundi matin, affirmant au contraire que son ancienne collègue avait complètement laissé tomber les Franco-Ontariens.

[Brian Mulroney] a fait de grandes choses pour le Canada, mais ses propos appartiennent à une autre époque et n’ont pas leur place dans une société respectueuse et égalitaire.

Amanda Simard, députée provinciale

À l'Assemblée législative lundi, Mme Simard a ajouté ceci : Le côté positif de tout ça, c'est qu'il y a tellement de gens qui dénoncent ces propos-là. [...] L'encouragement de tous les gens, ça, c'est prometteur pour toutes les jeunes femmes qui veulent se présenter en politique.

Pour sa part, la ministre Mulroney a quitté l'Assemblée législative par une porte dérobée, pour éviter de répondre aux questions des journalistes.

Plus de réactions

Le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO), Carol Jolin, affirme qu'il s'agit simplement d'un mauvais choix de mots de la part de M. Mulroney.

En entrevue lundi à l'émission Y a pas deux matins pareils, de Radio-Canada, il a qualifié l'ancien premier ministre conservateur de fier papa qui a toujours été un allié des francophones.

M. Jolin maintient par ailleurs sa confiance à l'endroit de la ministre Caroline Mulroney, malgré les coupes de son gouvernement en francophonie.

[Caroline Mulroney] est la meilleure personne pour faire face à la situation.

Carol Jolin, président de l'AFO

Il faut travailler avec ce gouvernement-là, ajoute M. Jolin, qui est d'accord avec l'affirmation de M. Mulroney selon laquelle il y a des pots cassés à réparer.

M. Jolin estime que le budget provincial du 11 avril et la réforme provinciale en santé seront des tests pour la ministre Mulroney et sa capacité à défendre les intérêts des francophones.

Quant à Mme Simard, le président de l'AFO affirme qu'elle était dans une situation extrêmement difficile au sein du gouvernement de Doug Ford et que dans l'opposition, [elle] a continué à travailler pour la francophonie et à faire valoir nos droits linguistiques.

Mme Simard avait raconté en janvier qu'elle ne pouvait plus rester au sein du gouvernement Ford après avoir critiqué publiquement les compressions des conservateurs en francophonie, y compris à TLMEP. Ils allaient me mettre dans un coin, a-t-elle soutenu.

Elle a dit attendre l'issue de la course à la chefferie des libéraux ontariens avant de décider si elle allait se joindre à leur parti.

De son côté, le porte-parole du NPD en Ontario en matière d'affaires francophones, Guy Bourgouin, juge que M. Mulroney ne fait que répéter la même histoire que le premier ministre Ford et la ministre Mulroney. L’héritage et la culture de Franco-Ontarien.n.e.s ne sont pas une simple monnaie d’échange! a-t-il commenté sur Twitter.

Toronto

Politique provinciale