•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Trudeau confie la présidence du Conseil du Trésor à Joyce Murray

Joyce Murray, devant un micro, prête serment. En arrière-plan, la gouverneure générale Julie Payette et le premier ministre Justin Trudeau.
Joyce Murray a été assermentée lundi à titre de présidente du Conseil du Trésor et de ministre du Gouvernement numérique. Photo: La Presse canadienne / Sean Kilpatrick
François Messier

Le premier ministre canadien Justin Trudeau a décidé de confier les rênes du Conseil du Trésor à Joyce Murray. La députée vancouvéroise remplacera Jane Philpott, qui a démissionné de cette fonction il y a deux semaines dans la foulée de l'affaire SNC-Lavalin.

Joyce Murray a été assermentée lundi matin à Rideau Hall, la résidence officielle de la gouverneure générale du Canada, Julie Payette. Elle est aussi devenue ministre du Gouvernement numérique, comme l'était Mme Philpott avant elle.

Ce choix ne constitue pas une surprise, dans la mesure où elle était secrétaire parlementaire du président du Conseil du Trésor depuis les débuts du gouvernement Trudeau.

Joyce Murray est une politicienne expérimentée; elle représente les électeurs de Vancouver Quadra depuis plus de 10 ans.

Elle s'était d'ailleurs classée deuxième lors de la course au leadership qui a vu Justin Trudeau devenir chef libéral en avril 2013.

M. Trudeau a décrit Mme Murray comme « une porte-parole de confiance pour sa communauté, après 25 ans comme femme d’affaires et défenseure de l’environnement » dans un message publié sur Twitter.

La présidence du Conseil du Trésor était assumée de façon intérimaire depuis deux semaines par la ministre des Services publics et de l’Approvisionnement, Carla Qualtrough.

Murray se range dans le dossier du pipeline Trans Mountain

En conférence de presse après son assermentation, Joyce Murray a été interrogée sur le fait qu'elle s'est opposée dans le passé à l'expansion du pipeline Trans Mountain, que le gouvernement Trudeau a finalement acheté le printemps dernier. Elle a cependant minimisé toute divergence de vues avec le premier ministre.

« Mon travail est de représenter ma communauté, et c'est ce que j'ai fait pour l'enjeu de l'expansion du pipeline. Et c'est le travail du Cabinet et du premier ministre de prendre une décision dans l'intérêt de tous les Canadiens, et c'est ce qu'ils ont fait », a-t-elle commenté.

Je ne vais jamais accepter l'idée que le pipeline est négatif pour les changements climatiques, parce qu'en fait, ça a amené l'Alberta dans le cadre pancanadien. Ils ont posé des gestes importants pour réduire les gaz à effet de serre afin que nous rencontrions nos objectifs, en tant que pays.

Joyce Murray, présidente du Conseil du Trésor

« La Cour d'appel fédérale a mis l'accent sur deux éléments qui ont besoin d'être revus, et ce sont les éléments qui m'inquiétaient, a-t-elle poursuivi. Le gouvernement répond à ces éléments, soit [la protection de] l'environnement marin et les consultations avec les peuples autochtones, afin que le projet aille de l'avant de la bonne façon. »

Joyce Murray a aussi fait savoir que les plus importants dossiers auxquels elle s'attaquera sont les négociations avec les employés du secteur public et la résolution des graves problèmes du système de paie Phénix

La ministre est par ailleurs demeurée circonspecte quant au sort de ses collègues Jody Wilson-Raybould et Jane Philpott, qui demeurent députées libérales malgré leur démission du Conseil des ministres.

Elles font partie de notre équipe, et « j'espère que ça va continuer », s'est-elle contentée de dire à ce sujet, à deux jours de la prochaine rencontre du caucus libéral.

Un remaniement qui s'inscrit dans une série de démissions

Jane Philpott a claqué la porte du Conseil des ministres le 4 mars en pleine controverse entourant la firme de génie-conseil SNC-Lavalin.

Elle a dit « avoir perdu confiance dans la façon dont le gouvernement a géré ce dossier et dans la façon dont il a répondu aux enjeux soulevés ».

Mme Philpott avait été installée dans ce fauteuil le 14 janvier à l'occasion d'un remaniement ministériel rendu nécessaire, selon le gouvernement, par la démission de Scott Brison du poste de président du Conseil du Trésor.

Il s'agissait de la troisième démission à ébranler le gouvernement depuis que le Globe and Mail a révélé, le 7 février, que l'ex-ministre de la Justice Jody-Wilson Raybould a subi des pressions pour éviter que SNC-Lavalin subisse son procès criminel pour fraude et corruption.

Mme Wilson-Raybould a démissionné cinq jours plus tard de son poste de ministre des Anciens Combattants, qui lui avait été confié le 14 janvier.

Témoignant devant le comité de la justice des Communes, elle a allégué avoir perdu son poste de ministre de la Justice parce qu'elle a résisté aux pressions exercées sur elle par des membres du gouvernement.

Le conseiller principal du premier ministre, Gerald Butts, a aussi remis sa démission en raison de cette affaire.

Politique fédérale

Politique