•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L’industrie de la restauration se mobilise pour la santé mentale

Un homme fait couler de la bière dans un pot masson
Quelque 218 500 Québécois travaillent dans un établissement de restauration. Photo: iStock
Radio-Canada

Les enjeux de santé mentale et de consommation excessive d'alcool et de drogue préoccupent de plus en plus le milieu de la restauration de Sherbrooke. Certains de ses membres ont décidé d'établir un réseau de discussion pour aborder de front ces questions à la suite du suicide d'un des leurs.

Une dizaine de propriétaires de restaurants, de serveurs et de barmans se sont déplacés pour prendre part à l’initiative « La part des anges », mise sur pied quelques semaines après cet événement tragique.

Quand on met en barrique un alcool, il y a toujours une partie qui s’évapore et qu’on appelle la “part des anges”. Notre rencontre, c’est en hommage à nos évaporés, explique l’instigateur du projet, André Duncan.

Cette mort soudaine a eu l’effet d’une véritable onde de choc pour plusieurs travailleurs sherbrookois du milieu de la restauration, rappelle celui qui navigue dans ce domaine depuis plus de quinze ans.

Avec ce qui s’est passé dans les dernières semaines, je me suis rendu compte que c’était le temps de passer à l’action, affirme André Duncan. Des problèmes de santé mentale qui vont mener à des suicides ou d’autres événements tragiques, ça fait partie de mon quotidien depuis le début et je ne suis pas le seul.

Lors de cette première rencontre, les participants ont jeté les premières bases du projet en échangeant sur leurs expériences personnelles et en discutant des pistes de solution.

Une vie à contresens, une vie de nuit, peu de sommeil, de longues heures de travail, de la consommation, ce sont toutes des choses qui peuvent mener à un déséquilibre mental à la longue, croit la propriétaire du bar Le Liverpool, Annie Faucher.

On ne peut pas faire l'autruche face à ça, cette initiative qui commence tout petit pourrait se répéter de manière récurrente pour en discuter entre nous.

Annie Faucher, propriétaire du Liverpool et vice-présidente de l'Association des gens d'affaires du centre-ville
André Duncan (à gauche) et deux participants à la rencontreAndré Duncan (à gauche) et deux participants à la rencontre Photo : Radio-Canada

Un premier pas

Les discussions sur le sujet souvent tabou de la santé mentale prennent de plus en plus d'espace au sein de l’industrie de la restauration.

La mort du chef américain Anthony Bourdain, qui s’est enlevé la vie en juin 2018, a d’ailleurs forcé une importante réflexion sur la question aux États-Unis.

À Toronto, le groupe « Not 9 to 5 » a été créé l’an dernier par des acteurs influents du milieu. Depuis sa fondation, le regroupement organise entre autres des ateliers sur la santé mentale.

À leur tour, les restaurateurs de Sherbrooke entament donc une réflexion similaire et nécessaire, estiment-ils.

Je pense qu’on commence à briser certains tabous, croit André Duncan. Il faut prendre des idées de ce qui se fait ailleurs, mais l’adapter à la réalité locale.

J’espère que ça pourra aider à démystifier ces enjeux, ajoute Annie Faucher. À Sherbrooke, la communauté des bars et des restaurants est tissée serrée. Ça pourrait permettre de se supporter. On pourrait même avoir des personnes ressources. C'est un début et tout ça part d’une bonne intention.

Cette rencontre risque de ne pas être la dernière. Déjà, des restaurateurs de l’extérieur de Sherbrooke ont déjà fait part de leur intérêt à mettre sur pied des initiatives locales similaires.

Besoin d'aide pour vous ou un proche?

Ligne québécoise de prévention du suicide : 1 866 APPELLE (277-3553).
Ce service est disponible partout au Québec, 7 jours sur 7, 24 heures sur 24.
Ailleurs au Canada : 1 833 456-4566.

Estrie

Santé mentale