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La tornade « a changé nos vies en 30 secondes », se rappelle une sinistrée du Mont-Bleu

Un immeuble fortement endommagé.

De nombreux immeubles portent encore aujourd'hui les traces de la tornade qui a déferlé sur le secteur du Mont-Bleu, à Gatineau, en septembre..

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La vie reprend son cours peu à peu pour des sinistrés du secteur du Mont-Bleu, six mois après les tornades du 21 septembre. Des résidents commencent à réintégrer leur logement, mais du travail reste à faire et les souvenirs douloureux demeurent vifs.

Brenda Tite se considère comme une des chanceuses, parce que son immeuble n’a pas dû être démoli à la suite de la tornade. Elle a pu réintégrer sa résidence le 15 février dernier. Six mois après, il était temps que la routine reprenne.

La tornade a non seulement mis un bémol sur sa vie personnelle, mais aussi sur son emploi. Mme Tite explique qu’elle opère un foyer d’accueil pour huit personnes âgées au rez-de-chaussée de son immeuble, et que celles-ci ont commencé à revenir au compte-gouttes à partir du 4 mars.

Ç'a changé le cours de notre vie dans l’espace de 30 secondes.

Brenda Tite, sinistrée

Avec le recul, on se trouve chanceux, parce qu’on n'est pas tombés en dépression. C’est évident que déménager trois fois, c’est plate, tu n’es pas chez vous, tu n’as pas ta routine… C’est un six mois qui est assez nébuleux, mentionne-t-elle.

Brenda Tite répond aux questions d'un journaliste à l'extérieur de son immeuble. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Brenda Tite de considère comme «une des chanceuses».

Photo : Radio-Canada

La fatigue se fait toutefois ressentir, après cette rude épreuve. On s’aperçoit qu’on n’est pas en super forme, mais, quand même, ça va bien. On peut dire qu’on s’en est très bien sortis, mais c’est long, soutient Mme Tite.

Sa routine reprend peu à peu, mais le silence plombe aujourd'hui cette communauté qui grouillait de vie autrefois. Quand on sort et qu’on voit le paysage, c’est encore un choc. C’est dévasté. C’est un quartier qui est complètement mort actuellement, se désole Brenda Tite.

Souvenirs douloureux

Le souvenir de la tornade reste aussi bien imprégné dans la mémoire de Florence Mekam-Ngoungueu. Elle était en voiture, avec deux de ses trois enfants à bord, à quelques mètres de chez elle quand la tornade a soufflé. Quand les vents se sont dissipés, ce qu’elle a vu l’a perturbé.

On était dans la désolation, dans la stupeur… comment dire… notre moral était à zéro parce qu’on s’imaginait ce qui aurait pu nous arriver si la tornade avait continué, se souvient la mère de famille.

L’histoire s’est terminée très bien pour Mme Mekam-Ngoungueu, puisqu’elle et sa famille ont pu intégrer un nouveau logement dans le district du Plateau. Ici, on est plutôt bien, relate-t-elle, un large sourire aux lèvres.

Florence Mekam-Ngoungueu répond aux questions d'un journaliste. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Florence Mekam-Ngoungueu et sa famille ont pu se trouver un nouveau logement dans le quartier du Plateau.

Photo : Radio-Canada

200 ménages relogés

L’Office de l’habitation de l’Outaouais est immédiatement venu en aide aux sinistrés des tornades. Karina Osiecka, porte-parole de l'Office de l'habitation de l'Outaouais (OHO), explique que l’organisme avait tiré profit des leçons apprises à la suite des inondations de 2017, ce qui lui a permis de répondre efficacement au sinistre de septembre. Déjà le samedi et le dimanche, on avait des personnes relogées, a rappelé Mme Osiecka.

On a relogé plus de 200 ménages sinistrés au total, dont plus de 140 dans le secteur privé et une soixantaine avec l’Office, souligne-t-elle. Quand je dis avec l’Office, c’est à la fois avec nos logements subventionnés, mais il y a également le programme de supplément au loyer, ce qui nous permet de loger les gens avec la subvention, mais dans le secteur privé.

On a eu une belle réponse des propriétaires privés qui ont répondu à l’appel.

Karina Osiecka, porte-parole de l'Office de l'habitation de l'Outaouais
Karina Osiecka répond aux questions d'un journaliste.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Karina Osiecka, porte-parole de l'Office de l'habitation de l'Outaouais.

Photo : Radio-Canada

Selon la procédure, le locataire doit payer l’équivalent du quart de son revenu pour le loyer et l’OHO paye la différence.

Les mois qui ont suivi la tornade du 21 septembre ont été difficiles, raconte la porte-parole. Octobre, novembre et décembre, ç'a été une période difficile parce qu’il n’y avait pas de logements disponibles dans le secteur du Mont-Bleu. Même dans le secteur de Hull c’était extrêmement difficile. Ce n’est pas tout le monde qui pouvait, à Gatineau ou même plus loin, donc on devait vraiment aller selon les critères des personnes et le montant que les gens pouvaient payer.

Augmentation des loyers

L'organisme que représente Mme Osiecka a aussi remarqué que les loyers du secteur de Hull ont augmenté à l’automne. Ç'a rendu la recherche de loyer pour les sinistrés plus difficile.

C’est sûr qu’on trouve ça triste qu’il y ait peut-être, probablement, des gens qui ont profité de cette situation-là.

Karina Osiecka, porte-parole, Office de l'habitation de l'Outaouais

Par ailleurs, l’OHO croyait voir la lumière au bout du tunnel dans le temps des Fêtes, mais s’est vite rendu compte que certaines personnes qui avaient trouvé de leur propre chef des solutions temporaires devaient finalement trouver une solution permanente. Donc, on a ouvert de nouveaux dossiers en début d’année.

Finalement, six mois après les tornades, plus que quelques dossiers restent à être traités. En ce moment, il nous reste quatre dossiers ouverts, ce qui n’est pas mauvais, affirme la porte-parole.

Avec les informations de Martin Robert

Ottawa-Gatineau

Incidents et catastrophes naturelles