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Une femme qui a aidé la victime d’un meurtre dénonce l’insécurité croissante du quartier North End

Une femme debout devant le ruban jaune d'un cordon policier et des auto-patrouilles.
Stephanie Laquette, une mère de deux enfants, devant la scène d'un meurtre dans son quartier. Photo: Radio-Canada / Walther Bernal
Radio-Canada

Stephanie Laquette, qui a tenté en vain de sauver la vie d'un homme agressé avec une arme dans le North End de Winnipeg, dénonce l'insécurité croissante dans ce quartier où elle a grandi.

C’est en effet devant un 7-Eleven sur la rue Salter, dans le nord de la ville, que Mme Laquette et son conjoint ont découvert samedi matin un homme qui saignait abondamment. La police dira par la suite qu'il est la neuvième victime d’un meurtre à Winnipeg cette année.

« Je me suis approchée de lui, j’essayais de soutenir sa tête, de lui parler, de le garder éveillé », dit-elle. « Je le secouais, j’essayais d’obtenir son nom et ses informations, mais il ne réagissait plus. »

Mme Laquette a tenté de mettre de la pression sur les blessures de la victime avec des vêtements qui se trouvaient dans sa voiture, afin de ralentir la perte de sang. En même temps, les employés du dépanneur appelaient les secours.

Il s’est mis presque à ronfler. Mais je ne crois pas qu’il ronflait. Je crois qu’il était juste en train d’essayer de respirer.

Stephanie Laquette

Stephanie Laquette est restée aux côtés de la victime jusqu’à l’arrivée d’une ambulance.

Cette dernière, qui a vécu dans le North End de Winnipeg toute sa vie, affirme que la violence est montée en flèche ces six derniers mois. « Ce genre de chose ne me surprend même plus. C’est vraiment trop dangereux », dit-elle.

« Je ne recommande pas d’aller se promener après 19 h ou 20 h, ça fait très peur. L’école de mon fils est à trois pâtés de maisons, je ne le laisse pas marcher seul », ajoute-t-elle.

« J’ai grandi dans le North End. C’est ici que j’ai toujours vécu. Mais c’en est au point où je ne crois pas que mes enfants soient en sécurité, dit Mme Laquette. Je ne veux pas qu’ils grandissent en pensant que toute la violence et la drogue sont normales. Elles ne le sont pas. »

Neuf homicides en 2019

Ce nouveau meurtre suit d’à peine quelques jours la mort de Brett Cadieux, un homme de 23 ans tué par balles dans le quartier West End. Par ailleurs, le porte-parole du Service de police de Winnipeg, Rob Carver, dit que les enquêteurs ont l’air d’être épuisés.

En 2018, ce n'est que le 29 mai que la ville a enregistré huit homicides. Un autre porte-parole de la police a indiqué la semaine dernière qu’au rythme actuel, Winnipeg pourrait voir 40 homicides cette année, soit presque deux fois plus qu’en 2018, année durant laquelle 22 meurtres s'y sont produits.

Avec des informations de Marina von Stackelberg

Manitoba

Crimes et délits