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À Dunrobin, l’exaspération des sinistrés « oubliés » par le gouvernement

Cindy Berry

La tornade a traversé le terrain de Cindy Berry alors que celle-ci se trouvait à l’intérieur de sa maison.

Photo : Radio-Canada / Yasmine Mehdi

Yasmine Mehdi

Six mois après le passage de tornades dévastatrices à Dunrobin, l'aide financière de la province se fait toujours attendre : seuls 7 demandeurs sur 111 ont reçu les fonds promis, pendant que bon nombre de sinistrés attendent toujours de regagner leur logement.

Dans sa maison en briques rouges du chemin Woodkilton, Cindy Berry montre le formulaire du programme ontarien d’aide aux sinistrés en soupirant. Le document fait une douzaine de pages : preuve de résidence, relevé d’impôt foncier, statut d’emploi, factures, documents d’assurances, et la liste s’allonge.

C’est beaucoup de paperasse à remplir pour espérer avoir un peu d’argent, déplore Cindy. D’autant plus que la résidente de Dunrobin attend toujours de recevoir des dizaines de milliers de dollars en réclamations d’assurances. Elle ne peut donc pas finaliser sa demande et n’a touché aucun dollar de la province. Je ne comprends pas pourquoi ils ont dit qu’il y avait de l’argent [pour les sinistrés] s’il n’y en a pas ou que c’est tellement difficile d'accès, déplore-t-elle.

Cindy Berry n’est pas la seule dans cette situation. Dans un courriel adressé à Radio-Canada, le ministère des Affaires municipales et du Logement de l’Ontario a confirmé que seuls 7 demandeurs ottaviens sur 111 avaient reçu des fonds du programme d’aide. Les dossiers restants sont toujours en traitement.

L’aide financière devrait être immédiate, parce que les dépenses étaient immédiates.

Cindy Berry, sinistrée de Dunrobin

« Trop compliqué », croit un sinistré

Le voisin de Cindy, Joseph Lafrenière, n’a même pas tenté de remplir le formulaire de la province. Le provincial, c’est vraiment compliqué les papiers à remplir, il y en a beaucoup, beaucoup, explique le sinistré.

Joseph Lafrenière dans son garage en reconstruction.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Joseph Lafrenière dans son garage en reconstruction. Il espère regagner sa maison ce printemps.

Photo : Radio-Canada / Yasmine Mehdi

Sa maison a pourtant été complètement rasée en septembre dernier. Après avoir vécu dans une chambre d’hôtel avec sa femme, ses jeunes enfants et leurs deux chiens, il a été déplacé avec sa petite famille à Kanata, le temps des réparations.

Joseph s’estime tout de même chanceux : son assureur a couvert la majorité des dommages. Il aurait cependant demandé l’aide provinciale si le processus avait été moins laborieux.

Le côté que l’assurance ne couvre pas, c’est tes dommages extérieurs. Nous, il faudra refaire le paysagement et nettoyer les arbres. Ça va nous coûter assez de sous de ce côté-là, oui, [on aurait pris de l’aide du gouvernement], souligne-t-il.

Lori McGrath.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

«Je veux vraiment que les choses reviennent à la normale», dit Lori McGrath de l’organisme communautaire West Carleton Disaster Relief .

Photo : Radio-Canada / Yasmine Mehdi

Un quartier défiguré

Il suffit de se balader dans quelques rues de Dunrobin pour constater l’ampleur des dégâts laissés par les tornades. Troncs d’arbres déracinés, maisons en construction, clôtures arrachées : on trouve même des morceaux de vitre et de l’isolant sur les trottoirs, non loin d’un parc pour enfants.

Nous rencontrons d’autres sinistrés au Centre communautaire Dunrobin, lui aussi en pleine reconstruction. Émus, Todd Nicholson et Emily Glossop revoient leur voisine Brigid Whitnall pour la première fois en plusieurs mois.

La vie est un peu… hors de contrôle en ce moment.

Emily Glossop, sinistrée

Là aussi, aucun sinistré n’a eu accès à l’aide provinciale. Les critères sont vieux, croit Brigid Whitnall, une sinistrée relogée à Stittsville en attendant la reconstruction de sa maison. [Le] gouvernement remplace les maisons de moins de 300 000 $ et les contenus vraiment de base. On est rendus en 2019, ramenez le programme en 2019.

Un point de vue que partage le conseiller municipal du quartier, Eli El-Chantiry. Ce programme a été établi dans les années 50 et n’a pas été revu. Le processus est compliqué [et] il faut dépenser l’argent pour être remboursé, ce qui est difficile [pour les sinistrés].

Le conseiller municipal compte faire part de ses inquiétudes à la députée provinciale progressiste-conservatrice Merrilee Fullerton.

La réponse de Doug Ford

Interrogé au sujet de l’aide financière qui tardait, le bureau de Doug Ford a rappelé avoir agi immédiatement pour offrir de l’aide d’urgence aux victimes des tornades.

Alors que le processus prend du temps, le ministère travaille d'arrache-pied pour que les demandeurs admissibles soient remboursés le plus rapidement possible, a fait savoir le bureau du premier ministre dans un courriel en anglais.

Et la Ville dans tout ça?

En plus de l’aide provinciale aux sinistrés, la province avait promis 1,5 million de dollars à la Ville d’Ottawa. Vérification faite, la Municipalité a reçu la totalité de cette somme, mais n’a dépensé que 778 000 $ pour l’instant. Le reste de ces fonds sera alloué au nettoyage des débris et à la remise en état des espaces publics ce printemps.

Ottawa-Gatineau

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