•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Gilets jaunes : le gouvernement français admet des « dysfonctionnements » après les violences

Un manifestant tient un nuage de fumée lors d'un rassemblement des gilets jaunes sur les Champs-Élysées, à Paris, le 16 mars 2019.

Les violences et les incidents de samedi ont abouti à 200 gardes à vue à Paris.

Photo : Reuters / Philippe Wojazer

Radio-Canada

Au lendemain des violences commises lors de la dix-huitième journée de mobilisation des gilets jaunes à Paris, le président Emmanuel Macron promet des « décisions fortes ». Le premier ministre Édouard Philippe présentera à cet effet lundi des propositions afin de modifier les règles qui régissent l'engagement des forces de l'ordre dans les manifestations.

Une réunion s'est tenue en urgence dimanche après-midi à Matignon autour du premier ministre Édouard Philippe, en présence de la ministre de la Justice Nicole Belloubet, du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner et de son secrétaire d’État Laurent Nunez, afin de prévenir une réitération de ces violences lors d'une prochaine journée de mobilisation.

Après les nombreux saccages et affrontements du 1er décembre dernier, le chef de l'État avait pourtant assuré, lors de son allocution du 10 décembre, qu'il « n'accepterait jamais la violence ».

Mais samedi, le scénario s’est répété. Les violences et les incidents ont abouti à 200 gardes à vue à Paris, dont celles de 15 mineurs, et causé des dégâts matériels importants aux Champs-Élysées, l'artère commerciale la plus célèbre de la capitale française.

Une soixantaine de manifestants ont été blessés ainsi que 29 membres des forces de l'ordre, a précisé la préfecture de police de la capitale.

« Ce qu'il s'est passé aujourd'hui sur les Champs-Élysées, ça ne s'appelle plus une manifestation, a déclaré samedi soir Emmanuel Macron sur son compte Twitter, depuis le centre de gestion de crise du ministère de l'Intérieur. Ce sont des gens qui veulent détruire la République, au risque de tuer. Tous ceux qui étaient là se sont rendus complices de cela. »

Des « mesures rapides » face à la déferlante de violence

« L’analyse des événements d’hier a mis en évidence des insuffisances [...] qui n’ont pas permis de contenir les violences et de prévenir les agissements des casseurs », indiquait dimanche le communiqué de Matignon.

Cette réunion au sommet devrait permettre un renforcement des mesures de maintien de l'ordre public en attendant que la loi dite « anticasseurs » soit validée par le Conseil constitutionnel, avait laissé entendre dimanche matin Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé à l'émission Le grand jury, organisée par RTL, Le Figaro et LCI.

« Afin de tirer toutes les conséquences de ces dysfonctionnements, le premier ministre présentera demain au président de la République les mesures d’adaptation nécessaires de la doctrine d’emploi des forces de l’ordre, ainsi que les décisions permettant de s’assurer à tout moment de la fermeté de son exécution », ajoute le communiqué.

Les mesures seront rendues publiques « rapidement », a notamment indiqué Matignon.

Indignation politique

« J'attends des explications [du gouvernement] », a pour sa part déclaré la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo.

« Mon sentiment, c'est qu'on devrait être capable de maîtriser une situation comme celle que nous venons de vivre », a-t-elle affirmé lors d’une entrevue avec quotidien Le Parisien.

Nous sommes au coeur d'une crise sociale et politique majeure. Ces fractures ne peuvent pas durer. On ne peut plus continuer comme ça!

Anne Hidalgo, maire socialiste de Paris

De son côté, la droite reproche au président Emmanuel Macron de s'être privé d'une application rapide de la loi « anticasseurs » votée cette semaine au Parlement.

« Paris est en feu et Macron sous les caméras au ski! […] il est écoeurant d'inconscience et d'irrespect envers les Français! » a commenté sur Twitter Nadine Morano, l'eurodéputée de la formation politique de droite Les Républicains.

« À Paris, les cagoules noires ont remplacé les Gilets jaunes. Les Black Blocs détruisent, brûlent, violentent en toute impunité », a pour sa part tweeté la présidente du parti d'extrême droite Rassemblement national, Marine Le Pen.

Selon le Comité Champs-Élysées, une association de promotion de l'avenue touristique, 80 enseignes ont été endommagées, dont une vingtaine ont été victimes de pillages ou de départs d'incendie.

Parmi les commerces les plus touchés: la maroquinerie Longchamp, le chocolatier Jeff de Bruges, le magasin du fabricant chinois de smartphones Xiaomi, inauguré mi-janvier.

« Il y a eu un déferlement de violence », raconte Jean-Noël Reinhardt, président de ce comité qui revendique 180 adhérents. « Il faut que les pouvoirs publics mettent un terme à cette situation », ajoute-t-il.

Depuis le début du mouvement, certains commerçants ont vu leur chiffre d'affaires descendre en flèche : « Les Champs-Élysées, c'est un morceau du patrimoine national. Il faut le défendre », assène M. Reinhardt.

Fin du « grand débat »

La manifestation de samedi coïncidait avec la fin du « grand débat » lancé par le président français en réponse à la mobilisation des Gilets jaunes.

Plus de 10 300 réunions locales ont été organisées dans toute la France et 1,4 million de contributions ont été enregistrées sur le site Internet de l'initiative.

Le gouvernement s'est donné jusqu'à la mi-avril pour décider ce qu'il compte faire de ces propositions.

Sept Français sur dix pensent que le grand débat ne permettra pas de sortir de la crise que traverse le pays, selon un sondage récent.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

Europe

International