•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Tuerie de Christchurch : l’heure est au recueillement et au questionnement

Le point avec notre envoyée spéciale, Anyck Béraud
Radio-Canada

Alors que la Nouvelle-Zélande rendait hommage dimanche aux 50 fidèles tués vendredi dans les attaques contre deux mosquées de Christchurch, la première ministre Jacinda Ardern a dit attendre des explications de Facebook et d'autres réseaux sociaux sur la diffusion en direct des images du carnage.

Au moment où certaines dépouilles commencent à être restituées aux familles, une liste encore incomplète des victimes a révélé que les fidèles tués étaient âgés de 3 à 77 ans, et qu'au moins quatre étaient des femmes.

L'envoyée spéciale de Radio-Canada en Nouvelle-Zélande, Anyck Béraud, souligne que des équipes supplémentaires sont venues d'Australie pour épauler les experts néo-zélandais chargés d'identifier les victimes ainsi que les raisons exactes de leur mort.

Les familles des victimes attendent avec impatience la restitution des dépouilles des victimes, puisque la tradition musulmane prévoit l'inhumation du corps dans les 24 heures suivant le décès.

Or, le travail d'analyse doit prendre un certain temps et est par ailleurs essentiel pour le bon déroulement des procédures judiciaires contre le tireur. La première ministre Jacinda Ardern a assuré que les corps seraient rendus d'ici mercredi.

« On fait un scan de tous les défunts, leurs empreintes sont relevées, on retire les objets qu'ils portaient ou avaient sur eux », a expliqué à l'AFP la médecin légiste en chef Deborah Marshall, qui dirige l'enquête.

Jacinda Ardern en contact avec Facebook

L'auteur présumé de la tuerie est un extrémiste australien, Brenton Tarrant, qui a filmé et diffusé en direct sur Facebook le massacre, dans une vidéo où on le voit passer de victime en victime, tirant sur les gens à bout portant alors qu'ils tentent de fuir.

Le géant américain est parvenu à supprimer la vidéo de 17 minutes, mais le mal était fait : elle avait auparavant été partagée de nombreuses fois sur YouTube, Twitter, Instagram et WhatsApp, et les réseaux sociaux ont dû faire des pieds et des mains pour retirer les images.

Il y a « des questions qui nécessitent des réponses » des géants d'Internet, a déclaré Mme Ardern.

La première ministre a mentionné qu'elle avait été en contact avec la directrice des opérations de Facebook, Sheryl Sandberg.

« Nous avons fait tout ce que nous pouvions pour retirer ou obtenir que soient retirées certaines des images qui ont circulé dans la foulée de cette attaque terroriste, a poursuivi Mme Ardern. Mais au final, c'est à ces plateformes qu'il appartient de faciliter ces retraits. »

1,5 million de vidéos de l'attaque supprimées

Dans un communiqué, Mia Garlick, une responsable de Facebook en Nouvelle-Zélande, s'est engagée dimanche à « travailler 24 heures sur 24 pour retirer les contenus en infraction ».

« Au cours des premières 24 heures, nous avons retiré dans le monde 1,5 million de vidéos de l'attaque, dont plus de 1,2 million bloquées lors de leur téléchargement », a précisé Facebook.

Le géant américain a aussi supprimé toutes les vidéos qui avaient été éditées pour masquer les images les plus violentes. Facebook assure avoir voulu respecter les personnes touchées par la tragédie et répondre aux inquiétudes des autorités locales.

Le premier ministre australien, Scott Morrison, a également fait part de ses doutes quant à l'efficacité des lois en la matière et des zones grises qui demeurent.

Il a affirmé que les réseaux sociaux avaient « coopéré » depuis l'attaque des mosquées. « Mais je dois malheureusement dire que l'aptitude réelle à aider du côté de ces entreprises technologiques est très limitée », a-t-il déploré.

Selon Scott Morrison, certains réseaux sociaux avaient « assuré » que les contenus retirés ne pourraient pas réapparaître. « Il est évident que ce n'est pas le cas. »

« Donc, il y a des discussions très concrètes à avoir au sujet des capacités des réseaux sociaux » à contrôler la diffusion de tels contenus, a-t-il conclu.

Perquisitions en Australie

La police antiterroriste australienne a annoncé avoir effectué lundi matin des perquisitions dans deux habitations en lien avec le double attentat à Christchurch. Ces habitations se trouvent dans l'État de Nouvelle-Galles-du-Sud, dans les villes de Sandy Beach et Lawrence. Elles sont situées près de Grafton, là où a grandi le suspect Brenton Tarrant.

« L'objectif premier est d'obtenir formellement des éléments pouvant aider la police néo-zélandaise dans son enquête », a expliqué la police australienne dans un communiqué.

Selon la police australienne, la famille de Brenton Tarrant « continue d'aider la police dans ses investigations », et rien ne laisse craindre « une menace actuelle ou imminente ».

Les enquêteurs néo-zélandais ont perquisitionné dans un logement de Dunedin, une ville du sud-est du pays, où résidait le tireur.

Notre envoyée spéciale Anyck Béraud a souligné un important déploiement policier à Christchurch, notamment autour des écoles, des hôpitaux et des commerces.

Dimanche, l'aéroport de Dunedin avait aussi dû fermer en raison de la découverte d’un colis suspect, selon les autorités.

D'après le site de surveillance FlightAware, le vol 691 d'Air New Zealand en provenance de Wellington a tourné en rond au-dessus de Dunedin pendant près d'une heure avant de repartir vers la capitale néo-zélandaise. Seule une poignée de vols avaient été annulés en raison de cette fermeture, intervenue tard dans la soirée en Nouvelle-Zélande.

La police néo-zélandaise a finalement annoncé la réouverture de l'aéroport lundi, dès que le colis suspect trouvé sur le tarmac a été déclaré sans danger.

Attentats dans deux mosquées de la Nouvelle-Zélande
Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

Terrorisme

International