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Rénovation des bureaux parlementaires : des députés plus raisonnables?

Plusieurs personnes asises à l'Assemblée nationale

Les députés de l'Assemblée nationale

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Peinture, achat de mobilier, installation d'un système d'alarme : établir ses pénates ne se fait pas à coût nul, mais force est de constater qu'à ce jour, les 71 nouveaux députés du Salon bleu ont fait un effort particulier pour éviter les excès, selon les chiffres fournis par l'Assemblée nationale.

Un texte de Véronique Prince, correspondante parlementaire à Québec

C'est la deuxième fois dans l'histoire du Québec qu'on peut compter autant de nouveaux élus à l'Assemblée nationale. Depuis le 1er octobre dernier, 71 nouveaux députés ont pris possession de leurs bureaux de circonscription. Un nombre qui n'a été surpassé qu'en 1976, lors de la première élection du Parti québécois.

Et pour chacun des députés de la 42e législature, on est bien loin des 228 000 $ dépensés pour rénover le bureau de circonscription de l’ancien député libéral de Rivière-du-Loup–Témiscouata Jean D’Amour.

La somme des travaux, largement dénoncée en 2014, avait conduit le président du Conseil du Trésor de l’époque, Martin Coiteux, à annoncer de nouvelles orientations concernant les dépenses d’aménagement des bureaux.

À la suite de nos demandes d’accès à l’information, 45 députés élus le 1er octobre dernier ont accepté de fournir le détail des dépenses encourues ou à être effectuées prochainement pour aménager leur bureau. Quarante autres affirment n’avoir réalisé aucune dépense en ce sens.

Pour ce qui est des 40 derniers députés, ils étaient tous d’accord pour divulguer les informations demandées, mais n’ont fourni aucun document en ce sens, ce qui porte à croire qu’aucune dépense n’a été effectuée pour des rénovations depuis leur élection.

Au total, environ 215 000 $ devront être déboursés pour rénover 45 bureaux de circonscription. Ajoutez à cela presque 172 000 $ en coûts relatifs aux installations Internet et de téléphonie.

Tous ces frais peuvent être remboursés par l’Assemblée nationale. Les travaux consistent principalement à repeindre des murs, à meubler le local ou à modifier l’affichage extérieur.

Dans certains cas, tous les coûts seront payés par le propriétaire de l’immeuble ou répartis sur le bail. Précisons également que certaines dépenses sont désormais obligatoires.

Par exemple, depuis 2017, l’Assemblée nationale exige l’installation d’un système d’alarme et de vidéosurveillance, ce qui représente des frais d’environ 5000 $ par bureau.

Bois mural et designer d’intérieur

À notre connaissance, aucune dépense pour aménager un bureau de circonscription ne semble excéder le budget alloué par l’Assemblée nationale. Les factures les plus détaillées ont été fournies par le député de Québec solidaire Sol Zanetti.

Pour son bureau de la circonscription de Jean-Lesage, dans la Capitale-Nationale, il a entre autres fait poser des rideaux, peindre une murale et installer du bois mural recyclé, en plus d’aménager une salle d’eau pour les personnes à mobilité réduite.

Il s’est adjoint les services d’une designer d’intérieur et cherche à acquérir une toile d’une artiste locale. Le tout pour environ 12 000 $. Plusieurs meubles ont été achetés chez IKEA, pour réduire la facture.

Les coûts de rénovation les plus élevés, de 22 420 $, reviennent à la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais.

Son cabinet spécifie que toutes les dépenses seront assumées par le ministère de la Santé et des Services sociaux ou l’Assemblée nationale, et précise surtout que les frais sont imputables à l’ouverture d’un bureau dans la nouvelle circonscription de Prévost. Des services de design intérieur ont été requis, notamment pour la construction d’un bureau, d’une salle de conférence et d’une cuisinette, ainsi que l'installation d’un système de chauffage. Comme il s’agissait auparavant d’un cabinet de physiothérapeutes, l’espace était à aire ouverte.

Par souci de transparence

Si autant de nouveaux députés caquistes ont accepté de fournir les détails des rénovations de leur bureau, c’est parce que « le whip invite tous les députés à divulguer ces informations afin que l’on démontre notre transparence et notre rigueur en tant que gouvernement », disent les députés Denis Lamothe et André Bachand dans un échange de courriels avec l’Assemblée nationale.

Les autres formations politiques ont visiblement accepté de le faire pour les mêmes raisons. « J’imagine que la seule option est d’accepter », a écrit la libérale Hélène David dans un courriel.

Dans le cadre de notre demande d’accès à l’information, tous les échanges étaient effectués directement avec un représentant de l’Assemblée nationale, puisque l’article 34 de la Loi sur l’accès à l’information stipule qu’« un document du bureau d’un membre de l’Assemblée nationale ou un document produit pour le compte de ce membre par les services de l’Assemblée n’est pas accessible à moins que le membre ne le juge opportun ».

Des députés pourraient donc ne pas divulguer leurs factures ou ne divulguer qu’une partie de celles-ci, sans que nous puissions les obliger à nous les fournir.

Pour ce qui est des cabinets des ministres, jusqu’à maintenant, seulement quatre ont profité d'un rafraîchissement. Environ 6000 $ ont été déboursés pour chacun des bureaux des ministres de la Santé et des Affaires autochtones.

Le premier ministre François Legault a dépensé environ la même somme pour son bureau de l’édifice Honoré-Mercier du parlement.

Le ministre du Travail, Jean Boulet, a quant à lui dépensé quelque 21 000 $ pour faire repeindre son bureau à Québec.

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