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Tueries islamophobes : « c'est de notre responsabilité à tous de se questionner »

Amir Belkacemi, le fils de Khaled Belkacemi, mort le soir de l'attentat à la grande mosquée de Québec.

Amir Belkacemi, le fils de Khaled Belkacemi, mort le soir de l'attentat à la grande mosquée de Québec.

Photo : Radio-Canada / Jean-Simon Fabien

David Rémillard

Amir Belkacemi, dont le père Khaled a été assassiné le 29 janvier 2017 à la grande mosquée de Québec, appelle « chacun de nous » à une « introspection » sur le phénomène « international » qu'est l'islamophobie.

« Pas encore », s'est dit Amir Belkacemi quand il a appris ce qui s'était passé dans deux mosquées de Christchurch, en Nouvelle-Zélande.

La nouvelle est tombée en soirée à Québec. Amir Belkacemi a passé la nuit éveillé, à attendre plus de détails sur son téléphone. Un peu comme il l'avait fait dans la nuit du 29 au 30 janvier 2017, impatient d'avoir des nouvelles de son père qui était allé prier ce soir-là.

La tragédie néo-zélandaise l'a replongé dans cet « enfer », a-t-il confié à Radio-Canada, samedi.

« Le lendemain [vendredi] en me réveillant, j'ai appelé ma mère pour savoir comment elle allait. On a eu une petite discussion, juste pour vérifier l'état général », a-t-il raconté.

J'ai tellement de peine et de compassion pour les gens qui sont en train de traverser ces épreuves-là, à l'autre bout de la planète.

Amir Belkacemi, fils de Khaled Belkacemi, victime de la tuerie de la grande mosquée de Québec

Deuil difficile

Hanté par la violence du crime qui lui a enlevé son père, Amir Belkacemi a une pensée très personnelle pour les proches des dizaines de victimes tombées sous les balles à Christchurch.

« Peu importe le deuil, particulièrement dans des circonstances violentes, c'est difficile d'accepter ce qui arrive. Si j'ai un message à leur envoyer, c'est de s'accrocher. Parce que c'est pas fini... c'est pas fini », a-t-il dit.

Introspection

Devant la répétition des tueries de masse contre les musulmans, Amir Belkacemi appelle maintenant les sociétés occidentales à faire preuve d'introspection, à réfléchir sur la source de ces drames.

« Je pense que c'est de notre responsabilité de se questionner et de voir ce qu'on peut faire pour arrêter ça », a-t-il dit, soulignant que l'islamophobie était un phénomène international et non pas isolé. Des gens meurent, insiste-t-il.

« C'est une réflexion que chacun d'entre nous devrait mener. Pas juste la classe politique, pas juste les médias, tout le monde. On devrait tous prendre un petit moment, réfléchir à nos actions, réfléchir à nos paroles et à la portée qu'elles peuvent avoir. »

Avec la collaboration de Catou MacKinnon

Société