•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les cordonneries, une ressource rare à Rimouski

Une personne, en gros plan, à une machine à coudre.

Depuis qu'elle est seule de sa profession au centre-ville de Rimouski, la cordonnerie Saint-Pierre a vu son achalandage augmenter de 11%.

Photo : Radio-Canada / Simon Turcotte

Jérôme Lévesque-Boucher
Marie-Christine Rioux

Dans une société de consommation où il est facile d'acheter et de jeter, réparer des objets peut s'avérer plus fastidieux. De ce fait, les cordonniers se font de plus en plus rares, notamment à Rimouski.

Les Rimouskois n'ont plus qu'un seul endroit au centre-ville pour faire réparer leurs chaussures.

Régis Desrosiers, le copropriétaire de Cordonnerie Saint-Pierre et Chaussures Danie, entreprises maintenant fusionnées, affirme que la demande est forte.

La fermeture de certains commerces dans les dernières années ont généré une hausse de 11 % de leur achalandage, souligne M. Desrosiers.

Il calcule qu'environ 10 000 objets lui sont confiés chaque année. Si le délai de réparation était auparavant de deux ou trois jours, les clients doivent maintenant attendre environ une semaine avant de récupérer leur objet.

C'est dû à la formation qui n'existe plus depuis plusieurs années, [...] depuis 1999. Pour ce qui est de la relève, c'est plus dur. Trouver des travailleurs spécialisés, c'est difficile.

Régis Desrosiers, copropriétaire de Chaussures Danie et Cordonnerie Saint-Pierre

Pour l'heure, M. Desrosiers est d'avis qu'il a les équipiers nécessaires pour répondre à la demande. On va quand même réévaluer périodiquement, note-t-il.

Émile Bernhardt à sa machine à coudre.

D'abord ébéniste, Émile Bernard s'est tourné vers la métier de cordonnier il y a un peu plus d'un an.

Photo : Radio-Canada

Une formation offerte par un passionné

Cela dit, de jeunes travailleurs choisissent tout de même le métier de cordonnier. C'est le cas d'Émile Bernhardt, qui se réjouit de donner une deuxième vie à des objets.

Dans une société de consommation comme la nôtre, ça m'a attiré, explique-t-il.

À la base, je suis ébéniste. Dans le fond, j'aime beaucoup le travail du bois et du cuir. [...] Richard était prêt à me former de même, sans [que j'aie à] aller à l'école.

Émile Bernhardt, cordonnier
Richard Lachance, cordonnier, à sa machine à coudre.

Richard Lachance est cordonnier depuis 1986.

Photo : Radio-Canada / Marie-Christine Rioux

En effet, M. Bernhardt a été formé par un cordonnier d'expérience, directement en atelier. C'est Richard Lachance, qui pratique ce métier depuis 1986, qui a assuré l'enseignement.

J'adore ce métier. C'est pas un rituel. C'est toujours des choses différentes : des gants, des souliers, des bourses... On voit beaucoup de gens, j'aime ça, estime M. Lachance.

Alors que la récupération d'objets rejoint de plus en plus de citoyens soucieux de leur consommation, l'élève et le maître espèrent que d'autres jeunes travailleurs seront bientôt au rendez-vous.

Parce qu'on le veuille ou non, s'il n'y a plus personne pour réparer, il va y avoir un problème!, tranche Émile Bernhardt. Même notre ministre des Finances va les faire réparer, ses chaussures!, conclut Richard Lachance.

Un cordonnier au Bic pour encore quelques mois

Une cordonnerie a encore pignon sur rue à l'extérieur du centre-ville de Rimouski. Il s'agit de la Cordonnerie Artijean située sur la rue Gérard-Roussel dans le secteur du Bic.

Le cordonnier René Jean, son propriétaire, sera par contre contraint de fermer boutique en novembre prochain.

À 65 ans et après 37 ans de métier, il souhaite prendre sa retraite, mais il n'a pas de relève à qui léguer les rênes de sa boutique. Ça ferme [les cordonneries] les unes après les autres, soutient-il.

M. Jean ne fait d'ailleurs plus de publicité puisqu'il a déjà assez de travail qui l'attend d'ici à sa retraite.

Bas-Saint-Laurent

Emploi