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États-Unis : avant la course présidentielle, la course aux dollars

Une femme porte une épingle à l'effigie d'un âne, l'emblème du Parti démocrate.

Les candidats du Parti démocrate refusent pour la plupart le financement d'entreprises ou de groupes de campagne (PAC).

Photo : Getty Images / Mark Makela

Agence France-Presse

Il reste encore 20 mois avant la présidentielle américaine, mais la course au financement a déjà commencé pour les démocrates, qui battent le rappel des contributions, même minimes, des électeurs.

Les 12 principaux candidats déclarés boudent pour l'instant les dons des entreprises et des groupes de campagne (PAC), qui peuvent contribuer à coups de millions de dollars, et se tournent vers les électeurs.

Selon les sondages, ces derniers sont prêts à mettre la main à la poche pour jouer un rôle plus important dans le jeu politique et contrer l'influence financière des entreprises.

Les candidats devront bientôt notifier à la Commission électorale fédérale (FEC) le montant des dons reçus au premier trimestre. Les résultats devraient montrer que l'argent, qui joue un rôle prépondérant dans la campagne, vient de plus en plus des électeurs.

Pour les élections parlementaires de novembre, « il y a eu beaucoup d'énergie du côté démocrate et je ne vois pas les dons aux candidats ralentir, surtout alors que le président Donald Trump participe au scrutin », explique à l'AFP Patrick Burgwinkle, directeur de la communication du groupe End Citizens United, qui milite pour une réforme du financement politique.

Une femme regarde sur un écran d'ordinateur plusieurs pages internet sur lesquelles les visiteurs sont invités à faire des dons d'argent pour des candidats politiques.

Plusieurs candidats démocrates invitent les électeurs à faire des dons sur leurs sites web.

Photo : Getty Images / Chris Delmas

Selon ActBlue, une ONG spécialisée dans les microdons, la campagne 2018 a généré 1,6 milliard de dollars de dons, avec une contribution moyenne de 39 $.

Les électeurs démocrates « veulent donner », ajoute M. Burgwinkle, « pourvu que les candidats s'engagent vraiment pour réformer notre système ».

Réforme demandée

Les démocrates réclament une refonte du financement électoral depuis 2010. La Cour suprême avait alors abrogé le plafond des dons par les entreprises et les syndicats dans un arrêt très contesté, Citizens United vs FEC.

Cette décision a aussi permis à certains groupes de campagne indépendants (Super PAC) de lever des sommes d'argent colossales pour leurs candidats, en grande majorité des républicains. Les démocrates peuvent aussi compter sur l'appui de riches donateurs, comme le milliardaire Tom Steyer.

Plusieurs candidats ont ainsi assuré qu'ils rendraient compte au peuple, et non aux grandes entreprises ou aux généreux donateurs.

« L'argent corrompt la politique, il contrôle tout », a lancé en février la sénatrice Kirsten Gillibrand lors d'une réunion à Des Moines (Iowa), en expliquant pourquoi elle refusait les dons des PAC.

Une femme aux cheveux blonds regarde un homme qui lui parle dans un bar.

La sénatrice Kirsten Gillibrand lors d'un passage dans un bar en Iowa.

Photo : Getty Images / Scott Olson

Comme les autres candidats, elle fait appel aux dons individuels. Des millions de courriels sont envoyés aux électeurs pour financer les coûteuses opérations de terrain, grâce notamment à d'énormes bases de données compilées sur les réseaux sociaux. Dans un message, le sénateur Cory Booker demande ainsi « même juste un dollar ».

Un effet Sanders

En 2016, le sénateur libéral Bernie Sanders avait axé sa campagne des primaires sur la réforme du financement électoral. En février dernier, il est entré en fanfare dans la course pour 2020 en levant 5,9 millions de dollars en 24 heures. Plus de 220 000 personnes dans tout le pays ont donné 27 dollars en moyenne.

« Les puissants intérêts particuliers ont peut-être l'argent, mais nous avons le peuple », a-t-il réagi sur Twitter.

Un homme portant des lunettes parle derrière un lutrin en levant le bras droit. Une pancarte sur laquelle il est écrit: « Bernie » est posée devant lui.

Le sénateur Bernie Sanders lors d'un rassemblement en Caroline du Sud.

Photo : Getty Images / Sean Rayford

Donald Trump n'est pas en reste. Le président a posé sa candidature pour 2020 le lendemain de son investiture. Depuis, il aurait levé plus de 100 millions de dollars, selon des chiffres datant d'octobre.

« Pour les démocrates, ça va être une chasse aux petites coupures », estime Anthony Corrado, de l'Université Colby.

« Bernie Sanders a prouvé en 2016 qu'on pouvait largement financer une campagne avec des petites contributions grâce à l'enthousiasme des électeurs », explique ce spécialiste du financement politique.

Beto O'Rourke, entré jeudi dans la course aux primaires, a fait appel à ActBlue pour gérer la page réservée aux dons sur son site de campagne.

« Si 100 000 personnes donnent 10 $ par mois, au final ça fait beaucoup d'argent », dit Anthony Corrado.

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