•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Violentes manifestations des gilets jaunes à Paris

Les explications de Yasmine Khayat.
Radio-Canada

Les gilets jaunes se réunissaient pour un 18e samedi de mobilisation en France et notamment à Paris. Alors que le grand débat annoncé par Emmanuel Macron pour répondre à la crise se termine, la mobilisation semble être à la hausse, tout comme le nombre d'actes de vandalisme. En fin de journée, on comptabilisait 60 blessés.

De premiers heurts ont éclaté samedi sur l'avenue des Champs-Élysées, à Paris, quadrillée par les forces de l'ordre. Depuis maintenant quatre mois, les gilets jaunes manifestent tous les samedis contre les politiques fiscale et sociale du gouvernement.

Un important incendie s'est déclaré dans un immeuble qui a dû être évacué avenue Franklin Roosevelt, près des Champs-Élysées. Onze personnes ont subi des blessures légères.

« Deux personnes ont été sauvées des flammes. Une femme et son bébé étaient coincés au deuxième étage », ont mentionné les pompiers à l'AFP. Le quartier a été bouclé et l'incendie maîtrisé peu avant 14 h (heure locale), a constaté un journaliste de l'AFP.

Parmi les blessés figurent deux policiers, selon les pompiers.

Un bilan provisoire fait état de 60 blessés, soit 17 membres de forces de l'ordre, un pompier et 42 manifestants.

Des pompiers de Paris devant un bâtiment calciné.Un important incendie s'est déclaré dans un immeuble qui a dû être évacué avenue Franklin Roosevelt, près des Champs-Élysées. Photo : Reuters / Benoit Tessier

D'après les images diffusées par les médias et des journalistes sur place, des manifestants ont tenté d'attaquer un camion de gendarmerie, tandis que d'autres mettaient en place des barricades sur l'avenue, où des milliers de gilets jaunes avaient commencé à se rassembler en début de matinée.

« Des incendies ont été allumés avec des pneus et du mobilier urbain a été vandalisé. Cela faisait longtemps que [de tels incidents] n’étaient pas arrivés en marge des manifestations », raconte Vincent Touraine, le collaborateur de Radio-Canada à Paris, qui a observé une plus importante concentration de gilets jaunes que lors des derniers samedis.

Pillages, incendies et casse

Des casseurs ont également pillé des boutiques sur l'avenue des Champs-Élysées, en plus d'avoir mis le feu à des voitures, des magasins, des poubelles et un kiosque à journaux, entre autres.

Un casseurs lancent une bouteille contre les vitres du Fouquet's.Le très huppé restaurant Le Fouquet's a été vandalisé à Paris, lors de la 18e journée de mobilisation des gilets jaunes. Photo : Reuters / Philippe Wojazer

Sur les réseaux sociaux, des photos du très huppé restaurant Le Fouquet’s montraient des vitres cassées, malgré des barricades qui avaient été installées pour le protéger. Plus tard dans la journée, le restaurant a été incendié.

Le salon de thé Ladurée, célèbre pour ses macarons, a aussi été victime de dégradations.

Le journal Le Figaro précise notamment que 121 personnes avaient été interpellées à Paris en fin d'après-midi.

Le collaborateur de Radio-Canada expliquait en début d'après-midi que la situation était très tendue et qu'elle pouvait « dégénérer à tout moment ».

D'autres journalistes ont rapporté que les policiers étaient complètement débordés.

Deux personnes avec un casque sur la tête et des autocollants de croix rouges portent à bout de bras un manifestants au visage en sang. On lui a bandé la tête.Des secouristes improvisés extirpent un gilet jaune blessé à la tête durant la manifestation du samedi 16 mars, à Paris. Photo : Reuters / Benoit Tessier

« Semer le chaos »

« Ils appellent à la violence et sont là pour semer le chaos à Paris », a tweeté Christophe Castaner, le ministre de l’Intérieur. Il évoque des « professionnels de la casse et du désordre équipés et masqués » qui ont infiltré les cortèges.

Lors d’une conférence de presse, il a annoncé que de 7000 à 8000 manifestants étaient présents à Paris, « dont 1500 ultraviolents ». Sur tout le territoire, ils étaient 14 500 à 14 h (heure locale), toujours d'après le ministère de l'Intérieur.

Celui-ci a ajouté que le mouvement des gilets jaunes « n’existe plus dans la vie quotidienne. Ce mouvement survit à lui-même, il n’y a plus que 200 personnes environ mobilisées tous les jours ».

La mairesse de Paris, Anne Hidalgo, a également réagi aux événements sur Twitter.

« Je condamne avec la plus grande fermeté les insupportables exactions commises, notamment sur les Champs-Élysées et à leurs abords. J'en appelle au calme et à la responsabilité de chacun », a-t-elle dit.

Des manifestants avec des fumigènes en main, au pied de l'Arc de triomphe.Les organisateurs des manifestations espèrent un regain de la mobilisation alors que le grand débat national lancé par Emmanuel Macron touche à sa fin. Photo : Reuters / Philippe Wojazer

Pour répondre à ce regain de violence, les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogène et de canons à eau.

Quelque 5000 hommes et six véhicules blindés de la gendarmerie étaient mobilisés dans la capitale, où étaient également prévues plusieurs autres manifestations.

Une « Marche du siècle » pour le climat ainsi qu'une manifestation contre les violences policières étaient aussi organisées. Les forains ont en outre ralenti la circulation sur l'autoroute en périphérie de Paris pour dénoncer une nouvelle loi, accusée de mettre en péril leur profession.

Montrer que le mouvement vit encore

Désireux de montrer une détermination intacte, quatre mois presque jour pour jour après le début de leur mouvement, plusieurs figures de la fronde avaient promis un « regain de mobilisation » samedi.

Éric Drouet, l’une des figures du mouvement, avait notamment appelé à une convergence des cortèges devant l’Élysée.

Cette nouvelle journée de manifestations intervient à l'issue d'une multitude de débats organisés dans toute la France à l'initiative des autorités.

Sur les Champs-Élysées, du mobilier urbain a été incendié. On voit au premier plan un manifestants filmer la scène et accroché à son sac à dos, une pancarte qui représente le visage d'Emmanuel Macron sur laquelle est écrit « psycho ».Alors que le rassemblement avait commencé dans le calme, des heurts ont éclaté plus tard dans la journée entre les policiers et les manifestants. Photo : Reuters / Philippe Wojazer

Les Français ont aussi pu exprimer leurs doléances sur Internet.

Le gouvernement souhaitait ainsi canaliser la colère et faire émerger des propositions, alors que le nombre de manifestants est en baisse constante depuis les dernières semaines.

Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, contestés par les gilets jaunes, ils étaient 28 600 manifestants en France lors de la 17e journée de manifestation samedi dernier, soit 10 fois moins que les 282 000 du 17 novembre, au début du mouvement.

Avec les informations de l'AFP et du Figaro

Politique

International